Les syndicats de police sont actuellement en pleine mobilisation. Affectation de postes, pouvoir d’achat, retraites, les revendications pleuvent. Sur les questions d’immigration, si Alliance adopte une position plus réservée, l’UNSA-Police, syndicat majoritaire de la police nationale, par l’intermédiaire de son secrétaire régional Philippe Rolland, a accepté de répondre à nos questions.
UNSA-Police a remporté les élections syndicales de la police nationale en février dernier.
Willy Le Devin : «Que pensez-vous de cette politique qui est de fixer des objectifs chiffrés en matière d’expulsions de sans-papiers ?»
Philippe Rolland : «Nous rejetons tout type de quotas que l’on nous impose, en matière d’immigration, comme ailleurs. C’est encore plus vrai, sur les questions d’interpellations de sans-papiers. Ca ne se commande pas. On ne gère pas des fonctionnaires de police comme on gère une entreprise privée. Car, nous on ne manipule pas des comptes, on traite avec de l’humain. En appliquant cette politique, on déshumanise la profession de policier.»
W.L : «Quelles sont donc les revendications d’UNSA sur la question des sans-papiers ?»
P.R : «L’application de quotas est impossible. De même UNSA est opposé à la notion de primes. Chaque année le ministère de l’intérieur débloque des fonds pour accorder des primes aux commissariats les plus « méritants ». Pas seulement en terme d’immigration, mais également pour les chiffres de la délinquance par exemple. Cette prime est collective et tous les agents en bénéficient. Cette année, c’est justement la ville de Bordeaux qui sera récompensée. Il existe également des primes individuelles fixées par le dirigeant de chaque commissariat, et qui honorent un agent particulier. Ces primes entraînent une zizanie dans les services. Cette atmosphère concurentielle est nauséabonde. On n’est pas là pour faire du chiffre, mais pour être au service de la population.»
W.L : «Comment voyez-vous l’avenir avec la politique d’immigration mise en place par Brice Hortefeux ?»
P.R : «On est forcément inquiet. Si on remplit l’objectif de 25 000, on nous demandera quoi l’année prochaine? 30 000 ? Et celle d’après 50 000 ? C’est la course à l’échalotte. Mais l’immigration n’est pas notre seule préoccupation. En ce moment le gros dossier c’est la réforme des retraites prévue pour 2008. Il y a également le pouvoir d’achat. On ne peut pas continuer à demander plus aux agents sans augmenter les salaires en conséquence.»
Propos recueillis par Willy Le Devin
A lire également “Des policiers excédés par la chasse aux sans-papiers“. Un agent de la police nationale ainsi que les syndicats, dénoncent les pressions quotidiennes éxercées par les hiérarchies, pour respecter les quotas d’expulsions de sans-papiers.

Bonjour, je souhaiterais avoir des informations sur un service de le PP-DOPC-PIGT-SC-DER, merci d’avance de me mettre en contacte avec un délégué qui connais ce service.
A BIENTOT M CANTIN 0628214816