
Avec en moyenne 360kg d’ordures par jour et habitant, le traitement des déchets n’est pas une sinécure pour les municipalités.
Les grands centres urbains sont souvent jugés ” sales ” avec un système de collecte des déchets défaillant. Bordeaux ne fait pas exception. Malgré un changement dans la politique de traitement des ordures l’an passé, avec l’apparition de containers individuels de tri, des soucis persistent et de nouveaux apparaissent quant au ramassage des détritus. Les riverains grognent.
Comment marcher dans le rues pittoresques de Bordeaux et ne pas remarquer ces petits éléments des différentes formes et couleurs qui ornent les pavés ?
Toutes ces poubelles qui débordent et donnent du relief à la ville. Les poubelles pleines à craquer vomissent régulièrement des sacs béants et les saletés s’accumulent sur les trottoirs. Et ce, particulièrement dans les quartiers Saint Michel, Sainte Croix, Nansouty et la Victoire où la configuration des immeubles, faits des petits couloirs d’entrée, ne permet pas de stocker les bacs à poubelles.
L’agacement de certains riverains s’amplifie. Un citoyen anonyme a martelé toutes les portes entre Nansouty et Sainte Croix avec une affichette appelant les habitants à manifester massivement leur mécontentement auprès de la Mairie et de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Cette initiative a eu peu de retour, « un ou deux coups de fil », selon la mairie.
Mais Bordeaux n’a pas l’apanage des soucis de propreté urbaine. Entre le« Fini-parti », devenu exercice de style local et les récurrentes grèves deséboueurs, Marseille et ses 1200 tonnes de déchets quotidiens lui vole la vedette.
Le 29 octobre dernier et durant une semaine, la ville croulait une nouvelle fois sous les sacs poubelles. Les agents du
tri se sont mis en grève pour protester contre la nouvelle répartition des arrondissements de la ville entre les entreprises publiques et privées.
Les agents de tri en grève bloquent l’accès aux plate-forme de tri, les éboueurs ne collectent donc pas les poubelles. Les sacs s’amoncèlent sur les trottoir. La population agacée patiente tant bien que mal.
A l’été 2003 déjà, une grève avait duré près d’un mois dans la cité phocéenne. Une odeur nauséabonde et des colonies de rats avaient envahi les rues. Cela avait valu à la ville de ne pas être sélectionnée pour accueillir la compétition de voile de l’America’s Cup.
Le journal Libération titrait alors « Poubelle la vie », en référence à la série télévisée « Plus belle la vie » qui se déroule à Marseille.
Des efforts, peu de résultats

La ville de Bordeaux a instauré le tri et le recyclage de des déchets en 1993 avec le plan T.R.I.VA.C..
Premier défi : le ramassage. A Bordeaux, il se fait de porte à porte mais avec une fréquence très disparate allant de 1 à 12 fois par semaine selon les rues. A Marseille, le « Fini-parti », établi par Gaston Defferre 1970 alors qu’il était maire de la ville est un principe des plus contestés.
Une fois leur tournée terminée, les éboueurs ils sont libres de rentrer chez eux quelque soit le temps travaillé et quitte à laisser sur la chaussée quelques détritus perdus dans la précipitations pour les moins consciencieux.
Aujourd’hui, le manque de transparence du système marseillais et d’éventuels conflits d’intérêts sont pointés du doigt.
Second défi : le traitement des déchets. La CUB fournit aux habitants des bacs verts pour le recyclage des ordures ménagères mais les riverains regrettent de ne pas trouver de bornes de tri sélectif pour le verre et le papier à proximité de leur domicile.
Certaines rues bordelaises n’ont pas assez de containers pour tous leurs habitants et le principe de tri et de collecte des déchets reste obscur pour un bon nombre. Toutefois, à noter que 14 centres de recyclage sont réservés aux particuliers où les déchets sont triés et recyclés ou incinérés, et que la CUB a inauguré une nouvelle déchèterie en juin 2007.
Marseille n’est pas en reste avec son propre système de collectes sélectives et pas moins de 18 déchèteries.
Pour autant les riverains ne sont réellement satisfaits. Mauvaise organisation des services municipaux pour les uns, incivilité de la population pour les autres …
Anaïs Crouzet
Les avis des Bordelais divergent et sont très contrastés d’un quartier à l’autre. Témoignages recueillis entre la Gare et la place de la Victoire : Micro-trottoir à Bordeaux
Contacts :
Direction opérationnelle de l’environnement de la CUB : 05 56 11 83 88.
Traitement des déchets Marseille Provence Métropole : 0810 813 813. Rapport d’activité des déchets 2008 téléchargeable sur le site de MPM : www.marseille-provence.com/MIS08_frame.html
Tags:Bordeaux, déchets, Grève, Marseille, Tri selectif

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