Pendant du morose Meriadeck, un nouveau poumon économique se construit à la Bastide Nord. Une greffe au cœur d’un futur écoquartier de 30 ha dans une ancienne caserne militaire. C’est le projet Darwin. Ecolo, social. Utopique?
Jean-Marc Gancille, vice-président du Groupe Evolution, raconte le projet Darwin.
Un village fantôme à quelques mètres de la Gironde. Une grande rue centrale où s’élèvent d’imposantes casernes délabrées. Les murs cafis de tags qui se reflètent dans les flaques. Et quelques coups de marteaux piqueurs… la trompette de Gabriel? Non, une résurrection en cours.
C’est à la caserne Niel que Philippe Barre, jeune entrepreneur, a eu son coup de foudre il y a cinq ans. Son projet? Construire un quartier d’entreprises, d’associations et de services exemplaire sur le plan environnemental: locaux en basse énergie, récupération des eaux de pluies, énergie recyclée: émissions de CO2 divisées par quatre. GDF Suez installera une galerie des “usages de la ville de demain” et l’Agence de développement et de la maitrise de l’énergie un institut pour le perfectionnement énergétique.
Un Eden pour le travail
Le projet Darwin veut aussi innover la conception du quartier d’affaire. Dans cette fourmilière écolo, 30 entreprises et institutions publiques côtoieront une école de communication visuelle, des crèches éco-responsables, des conciergeries, des restaurants et des supérettes bio… mais encore une plateforme de culture urbaine et un géant skate park! Soit 250 emplois, dont 80 créés. Un chamboulement voulu par Philippe Barre: “Les coopérations, mutualisations, entraides entre acteurs si variés permettront des synergies propices à l’intelligence collective, à la créativité et à la maximisation du bien-être au travail”. D’ailleurs, il ne se décrit pas comme un promoteur immobilier classique: “Les projets immobiliers depuis cinquante ans détruisent le lien sociale. Il faut le retisser “.
Grâce à la candidature de Bordeaux capitale européenne de la culture en 2013, le projet a pu décoller. Qualifiés de doux utopistes, les membres du projet Darwin ont du lutter pour être crédible auprès de la CUB. Le chantier nécessite 14,4 millions €. Aujourd’hui, 60% des places sont prises. Le quartier devrait être prêt pour la mi-2012.
Louis Sibille
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