« Celui-là, c’est une pièce de collection !», confie le jeune arbitre en arborant fièrement ses écussons qu’il accroche chaque week-end sur son maillot. Fierté compréhensible, c’est le travail de toute une jeunesse, le fruit de centaines d’heures consacrées à parcourir la plupart des terrains franc-comtois qui n’ont aujourd’hui plus de secrets pour lui. Mais pour ce Jeune Arbitre Fédéral
qui touche du doigt le monde du haut niveau, la fonction d’arbitre ne se résume pas simplement à l’aspect sportif : « A court terme, l’arbitrage nous amène au bout de nos performances physiques, mais à long terme, c’est une école de la vie. On doit en 90 minutes cerner toutes les personnes autour de soi, reconnaître le bon et le méchant ». Et lorsqu’il évoque la situation actuelle de l’arbitrage amateur, il a aussi un avis bien tranché : « la situation est préoccupante. Ce qui augmente le plus, c’est la violence des spectateurs. Une fois, pendant un match amateur, un spectateur est entré sur le terrain pour frapper l’arbitre central. L’arbitre est devenu un gladiateur qu’on agresse dans l’arène ». La violence sur les terrains, Pierre-Marie l’a subi relativement peu. L’homme en noir n’en est pas moins critique envers ses instigateurs. «La violence est favorisée par ce que donne la télévision. Les journalistes et consultants déchaînent les foules. C’est en justifiant les violences des grands joueurs que les jeunes se dechaînent sur le terrain le dimanche ». « Comment vous voyez-vous dans dix ans ? » « Je n’y pense pas, les autres y pensent pour moi ! », confie le jeune arbitre avec le sourire, un brin amusé. Un sourire qui permet de penser que l’avenir de l’arbitrage amateur n’est finalement pas si noir.
Ugo TOUROT


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