Banque alimentaire de Bordeaux : collecte, tri et redistribution au quotidien

6 déc

Vous avez certainement reçu un de ces sachets au supermarché lors de la collecte nationale de la Banque alimentaire - Crédit photo : C.A.


La Banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde (BABG) est en pleine ébullition. Après la collecte nationale qui a eu lieu le week end des 26 et 27 novembre, il est temps de trier, de ranger et de partager. Le ballet des bénévoles, des camions et des palettes est incessant. Mais quel est l’impact de la collecte sur le quotidien de la BABG ?

Conserves de poisson, de viandes ou de légumes, potages, pâtes, sucre, huile… La liste des produits recherchés par les Banques alimentaires était longue lors de la collecte nationale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Français ont été généreux : 12 500 tonnes de produits récoltés, soit l’équivalent de 25 millions de repas.

La collecte nationale, un évènement

La collecte nationale reste un moment clé pour la Banque alimentaire. Elle la rend visible et replace, au moins un week end par an, la question de la malnutrition et de la sous-nutrition. Elle est aussi un incontournable moment de solidarité.

Les exemples de générosité sont légion. Comme cette Malgache qui, chaleureusement remerciée après avoir laissé un caddie entier, s’exclame :

« Je ne donne pas, je partage ! »

Ou ce sans abri qui tient absolument à offrir un paquet de pâtes.

Mais, dans le hangar de la Banque alimentaire de Bordeaux, qu’est-ce qui change avec la collecte nationale ? Dans cet entrepôt plein à craquer de nourriture, les bénévoles vont et viennent entre les allées. Comme à leur habitude, ils apportent la nourriture par camions, la rangent, déplacent les palettes…

Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, il y a aussi des lycéens. Ils sont venus, comme d’autres écoliers ou collégiens de Bordeaux, donner un coup de pouce. Ils aident à trier les dons. Ils classent dans des grands bacs en bois les pâtes, le thé, les soupes… Ce rangement dure un mois !

Les denrées offertes par le public à la Banque alimentaire sont ensuite regroupées par type de produits, par exemple le thé. - Crédit photo: C.A.

La Banque alimentaire de Bordeaux au quotidien

Même si la collecte auprès du public, dans les supermarchés, est un évènement majeur, elle ne représente que 10% des denrées conservées par la Banque alimentaire de Bordeaux . Le stockage des denrées obtenues n’est donc pas un problème pour les bénévoles qui, chaque matin, font le tour des différents hypermarchés bordelais, pour y récolter des fruits, des légumes ou de la viande. La grande distribution fournit en effet 42% des denrées de la Banque alimentaire, contre une défiscalisation de 60% sur les dons.

La collecte nationale n’est en fait que la partie visible de l’iceberg qu’est la Banque alimentaire. A Bordeaux, elle fonctionne toute l’année. Ses associations partenaires (le Secours populaire, le Secours catholique, Saint Vincent de Paul…) et les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) viennent chaque matin « faire leur marché » : ils se fournissent en viande, en fruits et légumes, en pâtes… qu’ils redistribuent ensuite à leurs bénéficiaires.

Les associations caritatives, comme La Croix Rouge de Mérignac, passent commande auprès de la Banque alimentaire pour, ensuite, redistribuer les denrées - Crédit photo : C.A.


La BABG, banque à projet

La Banque alimentaire de Bordeaux ne fait pas simplement du stockage et de la redistribution de nourriture. Elle s’est également donnée pour objectif de lutter contre la malnutrition. Pour ça, une conseillère salariée de la BABG va à la rencontre de personnes en grande précarité. A bord de sa cuisine mobile, elle leur apprend à cuisiner des produits frais. Elle leur donne également des conseils nutritionnels.

La BABG se bat également contre le gaspillage. Et là aussi, elle apporte une solution. Avec un projet expérimental : le projet ABC-E. Les fruits et les légumes se gâtent vite et ne peuvent donc pas toujours être distribués. Pourtant, ils sont encore comestibles. D’où l’idée de les transformer en confitures, soupes ou jus de fruits. Ce projet permet aussi d’embaucher quatre personnes à plein temps.

La lutte continue aussi contre la baisse des contributions européennes. Les associations caritatives reçoivent en effet des dotations de l’Europe, représentant 1% du budget de la Politique Agricole Commune. Mais aujourd’hui sept pays s’opposent à ce système et veulent y mettre fin. Après une longue bataille, les associations ont obtenu un sursis de deux ans. Et dans deux ans, la Banque alimentaire ne se laissera pas faire.

Cécile Andrzejewski

Tags:, , ,

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.