Installée en mai 2011 sous le ponton d’honneur en face de la porte Cailhau, une hydrolienne expérimentale produit de l’électricité à partir des puissants courants de la Garonne. Unique en France et pur produit du Grand Sud-Ouest, ce concept, en cas de réussite, est amené à se développer. Découverte.
Sur le ponton d’honneur, ex ponton Richelieu, dix points lumineux brillent plus ou moins selon les jours. Grâce à une nouvelle technique, ils consomment l’électricité produite par l’hydrolienne et s’allument graduellement après la transformation de l’énergie cinétique du flux et du reflux des marées de la Garonne en énergie électrique . La production pour cette hydrolienne est de 4 kWh, soit à peu près la consommation annuelle d’une famille moyenne.
Un concept qui tient compte de la biodiversité
L’hydrolienne tourne lentement, 40 tours par minutes, et la forme arrondie de ses pales ne comporte aucun élément coupant, “permettant d’écarter toutes les structures qui s’en approchent” précise Marc Lafosse, Directeur Général d’Energie de la Lune, instigateur du projet. Le fonctionnement général de l’hydrolienne (emplacement, taille, vitesse de rotation, épaisseur et forme des pales) n’engendre donc pas d’impact sur la faune du site.
Protégée des embâcles, objets flottants dans la Garonne, par une cage, l’hydrolienne est parfaitement adaptée aux conditions hydrodynamiques du fleuve: les marées montantes et descendantes ainsi que les écoulements turbulents induits par les voutes du pont de Pierre et le ponton. De taille modeste, cette hydrolienne d’ 1,70 m de haut et 70 centimètres de diamètre, devait être à l’origine reliée à la maison écocitoyenne de Bordeaux où le grand public aurait pu retrouver ses performances sur un tableau pédagogique.
Il est à noter aussi que ce projet est un pur produit du Grand Sud-Ouest. L’hydrolienne a été conçue par la jeune société rochelaise Éco-Cinétic. La conception et l’ingénierie du projet par le bureau d’études bordelais Energie de la Lune, maitrise d’ouvrage sur la ville de Bordeaux. D’autres sociétés charentaises ont aussi participé à sa fabrication comme JP3 (construction de bateaux) pour la partie tournante, ou CSI (chaudronnerie serrurerie industrielle) pour le bâti.
Un projet en développement
Le principal objectif de cette opération pédagogique et expérimentale était de promouvoir la production d’une énergie renouvelable, inépuisable et prédictible: l’énergie des courants marins et fluviaux qui résulte de l’action 5 de l’Agenda 21 de la ville de Bordeaux où la maison écocitoyenne est aussi inscrite.
En mai 2012 un bilan énergétique global de l’opération sera réalisé. S’il est concluant un «branchement de cette machine sous forme de batterie sera fait ce qui permettra de délivrer de l’électricité la nuit afin d’éclairer entièrement le ponton et de fournir de l’électricité aux plaisanciers » explique Marc Lafosse.
Cette innovation constitue une première étape expérimentale, insufflée par la ville de Bordeaux qui pourrait se poursuivre à échelle industrielle, puisqu’un projet de site d’essais d’hydroliennes à proximité du pont de Pierre est à l’étude (projet SEENEOH – Site Expérimental Estuarien National pour l’Essais et l’Optimisation d’Hydroliennes).
A terme, utiliser le courant de la Garonne en implantant des hydroliennes sous le pont de Pierre pourrait permettre de produire de l’électricité à plus grande échelle. Marc Lafosse estime qu’ « équiper dix des quinze arches de cet ouvrage du XIXe siècle permettrait de produire 5 gigawatts/heure annuel soit l’équivalent d’environ 20% des besoins de l’éclairage public de la ville ».
En pleine période de débats sur les énergies renouvelables, il se pourrait que ce concept s’étende à plusieurs sites.
Antoine Huot de Saint Albin
Tags:Agenda 21, Energie, Garonne, Hydrolienne

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