Dès l’entrée, le chaland est happé par l’ambiance particulière du lieu. Lumière tamisée, grande hauteur sous un plafond charpenté… Il découvre un bric à brac de meubles et d’objets de toutes sortes étalés et empilés sur 800 m².Le regard saute d’un cheval d’arçon à un chandelier, de figurines de Tintin à des souliers en cuir.
Bienvenue aux Hangars du passage (12 Rue Allamandiers), un ancien laboratoire pharmaceutique reconverti en brocante.

Les Hangars du Passage : 1 lieu, 800 m2, 25 marchands.
Les prix sont abordables – 400 € pour une maquette de bateau, 100 € pour un fauteuil « club » ou 120 € pour un mannequin de couture – mais les produits n’en sont pas moins à la mode.
Lionel Lamaison, courtier aux Hangars constate une nette évolution dans les demandes des clients. « Ils cherchent moins le rustique, plus des choses industrielles et style années 70 ».
Dépenser environ 4000 €
Une nouvelle clientèle fait son apparition dans les brocantes, plus jeune. Et surtout moins intéressée par les meubles en merisier ou autre fauteuil Louis XVI. « La mode, ça se démode ! », ponctue Lionel Lamaison.
Justement, un groupe de cinq jeunes espagnols entre dans la broquante. Ils sont habillés décontracté mais Marie-Claude Abbalie, propriétaire et gérante des lieux, les prend très au sérieux. Ce sont des gros clients, elle ne veut pas être dérangée.
Ce n’est pas la première fois qu’ils viennent repérer de belles pièces. Aujourd’hui encore, la patronne passe du temps avec eux pour négocier, et en anglais. Le groupe est à la recherche de meubles et de déco design.
Ils ressortiront des Hangars les mains vides mais reviendront encore une fois. Au total, les jeunes espagnols dépenseront environ 4000 € dans la brocante.

Marie-Claude Abbalie, propriétaire et gérante des Hangars du Passage, dans son bureau.
Quelques minutes plus tard, un homme pressé fait irruption aux Hangars. Il est cinéaste pour France 3 et vient dénicher des éléments de décors pour une fiction. Il emporte entre autres un lampadaire 70′s, un mini bar rouge capitonné et des tables gigognes.
Trouver la perle rare
S’il a pu trouver son bonheur en coup de vent, d’autres viennent juste flâner dans les allées encombrées. Françoise Masson, infirmière, s’est arrêté à la brocante au cours de sa ballade. « Je suis entré par curiosité. Et puis, on peut tomber sur une bonne affaire, on ne sait jamais ! ».
Et pour trouver la perle rare qui fera envie aux clients, les marchands chinent. Souvent dans les salles de ventes mais également chez leurs concurrents.
Aujourd’hui, Stéphane Bugaut est de passage sur Bordeaux. Propriétaire d’une boutique d’antiquité au Cap Ferret, il vient flairer la bonne affaire aux Hangars. Un tableau représentant un bateau en mer attire son attention. Il est de Haffner, peintre à la marine nationale et côté.
Le marchand attend son prix, il espère qu’il est sous-évalué pour pouvoir le revendre plus cher dans sa boutique. « Certaines choses peuvent ne pas se vendre ici. Moi, je suis au bord de la mer… ». Un décor qui cadre avec l’objet du tableau. Finalement, la sentence tombe : 700€. Le prix qu’il mérite selon Stéphane Bugaut, déçu.
Populations bigarrées
Ce n’est pas évident au premier coup d’œil mais cette brocante regroupe les articles de vingt-cinq marchands différents. Chacun y installe son stand mais aucune séparation n’est visible afin de donner une impression de cohérence.
Une formule intéressante pour Christophe Bordas, un des marchands des Hangars. « L’espace est important, l’ambiance sympathique, mais surtout il y a un côté pratique ».
En effet, les marchands ne sont pas tenus d’être présents dans la brocante puisque des courtiers s’occupent de vendre leurs produits aux clients. Mais surtout, ce genre de collectif permet d’exposer à bas prix. Les Hangars louent les stands aux marchands pour 300 à 500€ par mois.

Christophe Bordas, un des 25 marchands, dans son stand : "Je vends surtout des petits meubles. Je les sélectionne selon le prix d'achat et les modes."
Et pour le choix des objets exposés ? « Chacun est libre chez soi », répond Marie-Claude Abbalie. Ses seules exigences : bannir les copies et conserver un prix correct et compatible avec le lieu.
En effet, les Hangars du Passage sont installés depuis 1999 à quelques pas de la basilique Saint-Michel, centre névralgique du quartier populaire de Bordeaux. Dans les rues environnantes se croisent des populations bigarrées à l’image des articles amassés dans la brocante.
Simplement flâner
Mais Les Hangars du Passage se distinguent du Passage Saint Michel situé un peu plus haut sur la place. Plus grande et plus formelle, cette autre brocante est spécialisée dans les antiquités.
Ces deux lieux étaient sous la coupe de Marie-Claude Abbalie jusqu’en 1998, date à laquelle elle a vendu Le Passage. « Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans une concurrence mais dans une complémentarité », précise-t-elle.
Les Hangars du Passage font finalement partie intégrante du quartier, participant à son identité et à son ambiance. Un lieu où l’on peut dénicher des objets originaux mais où l’on peut aussi simplement flâner pour le plaisir des yeux !
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Texte et photos : Sophie Levy
Tags:Antiquité, Bordeaux, Brocante, Hangars du Passage, Saint-Michel
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