Au marché de Noël de Bordeaux, allées de Tourny, les stands se succèdent et se ressemblent chaque année. Le vin chaud, les chapkas, le porte-bouteille de vin (celui qui siègera dûment sur la table de noël, pour que le père de famille épate son beau frère)… Et au milieu de ce tableau, les Clowns Stéthoscopes. Mais qui sont-ils exactement ? Retour sur une drôle de profession.
Le chalet « Artistes en Herbe » est aménagé allée des Terrasses Gourmandes. A l’intérieur, deux parties distinctes, toutes réservées aux enfants. D’un côté un atelier de collage, pour personnaliser un bougeoir et de l’autre Les Clowns Stéthoscopes. Si l’on tend l’oreille :
- Regarde maman, j’ai fait un porte bougie pour le cadeau de Noël de papa !
- Hummm, charmant, je ne sais pas ce qu’il va en faire, ni s’il va le garder mais il sera content.
L’espace maquillage est réservé à l’association Les Clowns Stéthoscopes. Deux bénévoles, non déguisés, sont affairés à recouvrir de rose et de paillettes le visage de petites filles. Et, s’éloignant des clichés tenaces, les petits garçons seront maquillés en …bleu.
Quatre euros, c’est le prix que devront débourser les parents, afin que leurs marmots passent sous le pinceau. Les fonds récoltés seront reversés à l’association.
Des clowns au service de la dédramatisation médicale

Stella Aucharles, directrice de l'association Les Clowns stéthoscopes, maquille les enfants au marché de Noël. Crédit photo : Aurélie Simon
Ils s’appellent Boulette, Bitoniau, Galipette, Linotte ou Magnolia. Tous sont des Clowns Stéthoscopes. Chaque année depuis 1999, ils interviennent en duo, auprès de 2500 enfants malades. Trois jours par semaine, tout au long de l’année ils envahissent les services de l’Hôpital des enfants de Pellegrin (Bordeaux), ainsi que l’Hôpital Haut-Lévêque (Pessac) en cardiologie pédiatrique. « Ils ont en charge la lourde tâche de briser le rythme quotidien et la routine hospitalière. Les clowns font souffler un vent de légèreté, en détournant les objets médicaux de leur fonction initiale » confie Stella Aucharles, directrice de l’association. Au-delà de son statut de malade, l’association met en relief l’enfant dans sa globalité. Les sketchs sont tous improvisés et adaptés à chaque enfant, selon sa situation.
Recruter un clown
Les clowns recrutés doivent déjà avoir eu une première expérience de ce métier de représentation. Mais l’hôpital n’est pas un cirque comme les autres. L’association viendra en complément, pour la formation plus spécifique au milieu hospitalier. Le travail sera adapté à l’univers médical car les clowns, n’étant pas des thérapeutes, travaillent en complémentarité de l’équipe soignante. La priorité est le bien-être de l’enfant. Ils doivent en conséquence s’adapter aux opérations, temps de repos, de traitement etc.
Le financement de l’association
Les Clowns Stéthoscopes sont financés par des subventions et des dons d’entreprises, de particuliers et d’associations. Une équipe de bénévoles crée et participe à des manifestations évènementielles. L’objectif est simple, collecter des fonds et promouvoir les Clowns Stéthoscopes. C’est le cas du marché de Noël. Le budget de 2011 était de 88 000 euros. La répartition était la suivante : l’intervention des clowns représente 48% du budget, le suivi de projet 28%, la formation 11%, la communication 10% et le fonctionnement 3%.
Quand faire le clown devient un métier un brin sérieux… sur le fond.
Aurélie Simon
Tags:association, hôpital enfants

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