Danse avec les roues

7 déc

Depuis cinq ans, Sandrine Darracq et son équipe organisent des cours de danse de société handi-valides. Un marchant, un roulant et un seul but : apprendre à danser. Samedi 3 décembre, l’association Hand to Hand s’est vu remettre le prix de l’Innovation Associative de la ville de Bordeaux par Alain Juppé en personne. Zoom sur une activité encore méconnue.

Cours de rock au CL2V de Bordeaux Mérignac (crédit photo : Elsa Landard)

   «Appuie moins fort sur ta roue, juste un petit coup». Sandrine Darracq a le ton incisif et l’autorité naturelle d’une vraie prof de danse. Le chacha, le rock, le tango et la samba n’ont plus aucun secret pour elle. Danseuse contemporaine de formation, elle a succombé à l’élégance des danses de salon il y a une douzaine d’années. Mais c’est grâce à un collègue handicapé, Jean-Denis Arragon, qu’elle se penche sur une nouvelle discipline : la danse en fauteuil roulant.

«On a fait un stage d’un week-end à La Roche-sur-Yon il y a cinq ans, comme ça pour essayer. Jean-Denis n’avait jamais dansé. Quand on est rentrés on a pris une semaine pour se former et on a monté l’association» se souvient la présidente. Forte de 12 membres à ses débuts, l’association Hand to Hand compte aujourd’hui 56 membres réguliers. Quatre cours par semaine entre la MJC des deux villes (Bordeaux Mérignac) et le Forum d’une association partenaire, l’Association des Paralysés de France (Bordeaux Caudéran).

Pas de bénévolat

La danse opère comme une activité sociale mais le but de l’association est  «d’abord d’apprendre à danser» insiste Sandrine Darracq. «Personne ne vient pour faire sa BA de la semaine». D’ailleurs à Hand to Hand, les termes «valide» et «handicapé» sont bannis. Ici on est soit un marchant, soit un roulant, rien d’autre.

Vincent et Denis attendent le top départ de leur professeur (crédit photo : E.L)

«Je suis là pour apprendre, je suis débutant». Patrick, un marchant, avait commencé les cours de danse de salon traditionnels mais n’avait pas accroché. C’est Denis, un ami et danseur confirmé, qui lui a proposé de rejoindre les cours de l’association. «J’ai une personne handicapée dans ma famille, je trouve qu’ils ont beaucoup de courage» confie-t-il. «Parfois même, c’est eux qui nous donnent des leçons»

Une vraie technique

L’objectif  pour les roulants est aussi d’apprendre à dompter son fauteuil : blocage, relance, pivot, tour, tenue du corps. «On teste d’abord avec Sandrine, puis on explique comment on le ressent. C’est toute une technique : la roue en arrière puis en avant, la bloquer, la relancer. L’énergie est dans les mains et dans les bras, la tête qui tourne etc.» explique Sophie, handicapée et danseuse depuis quatre ans. «En fait c’est comme si nos jambes, c’étaient nos bras» conclut-elle. «Si je suis là c’est vraiment pour l’amour de la danse.»

« C’est une activité très peu connue. Nous sommes les seuls sur la région Aquitaine.» déplore Sandrine Darracq. Si l’association peine à se faire connaître, elle finit sa cinquième année avec un bilan plutôt positif et surtout un joli coup de pouce de la mairie : un prix de 2500 euros pour réaliser leur nouveau projet. Lequel ? Organiser six soirées dansantes handi-valides et « valides-valides » pour sensibiliser un public plus large.

Elsa Landard

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2 Réponses à “Danse avec les roues”

  1. Agatheb2k décembre 9, 2011 à 4:15 #

    Une bien belle initiative, bravo !

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