Petit guide des friperies bordelaises

7 déc

Marre de ressembler à tout le monde ? De porter le même jean Levi’s que votre voisin de tram ou la même robe H&M que cette fille de la fac que vous ne pouvez pas sentir ? Détournez-vous donc des grosses enseignes et venez fouiner dans ces doux capharnaüms que sont les friperies de Bordeaux. 

Arsenic et Vieilles Dentelles

Intérieur de la boutique Arsenic et Vieilles Dentelles

Chez A&VD, on installe les accessoires "vintage" dans un vieux jukebox (Crédits AP)

 Arsenic et Vieilles Dentelles a ouvert ses portes il y a 30 ans. Et comme l’explique Marie-Jo, la propriétaire, les affaires marchent bien. “Dans notre secteur nous sommes le premier chiffre d’affaire de Bordeaux, tout simplement”, nous lance-t-on en présentation. Il est vrai que la boutique ne désemplit pas. Les entrées et les sorties sont permanentes. ”Les gens aiment flâner, mais seulement 10% achètent, explique Marie-Jo. “Ils viennent parfois pour du ludique mais surtout pour les vêtements et accessoires de marques ; je ne sais pas pourquoi mais les clients semblent obsédés par Louis Vuitton en ce moment, ils veulent du monogramme LV partout !” poursuit-elle.

A&VD ne veut pas tomber non plus dans l’élitisme et propose – à côté des pièces d’exception – de la mode très abordable : “Nous récupérons des jeans Zara ou H&M et les vendons pour une dizaine d’euros”.  Des pièces pas très vintage, sans grandes qualités mais qui ont l’avantage  d’assommer la concurrence. Cette boutique est aussi et surtout un dépôt-vente : les clients viennent y déposer leurs trouvailles de grenier et leurs errements stylistiques de jeunesse. De quoi se faire un peu d’argent en attendant le prochain coup de coeur.

♥ On aime

- L’intarissable Marie-Jo, docteur es mode, très au fait des tendances d’hier et d’aujourd’hui.

- Essayer des horreurs vêtements originaux pour rire.

On doute

- Devant les rayons de jeans Zara et H&M quelque peu hors-sujet.

Bis Repetita

Chez Bis Repetita, le client n'est pas roi, c'est le vêtement. (Crédit AP)

Si vous entrez chez Bis Repetita, ne pensez pas une seconde choisir un vêtement en quelques minutes et dégainer votre porte-feuille dans le même mouvement. Non. Il vous faudra être testé par la propriétaire. Harpie revendiquée et prêtresse du vêtement, elle vous jettera à la porte sans ménagement en grommelant qu’une robe “ça se mérite ! “.

Vous voulez la robe ? Ouvrez donc vos chakras et couvrez vos paroles de velours. Commencez par évoquer vos goûts, vos périodes et créateurs préférés. Puis demandez, avec une extrême délicatesse et patience, que l’on vous conte l’histoire de la-dite robe. Avec un peu de chance, vous partirez la tête pleine d’anecdotes rocambolesques à raconter à vos amis, le portefeuille plus léger et une magnifique robe vintage Dior entre les mains.

♥ On aime

- Les histoires et secrets trop  bien gardés, qui offrent aux vêtements une touche d’âme et de romanesque.

♠ On doute 

- Face à l’attitude rugueuse de la patronne qui pourrait faire fuir les timides et les impatients tant du côté des acheteurs que des déposants.

Duke’s

Pas d'ambiance de bazar chez Duke's. On sélectionne. Pour le meilleur. (Crédit AP)

Ludovic, 30 ans et fraîchement rentré d’Angleterre, vient d’ouvrir cette boutique il y a 5 semaines à peine. Des vêtements britanniques, américains, français ou italiens sont méticuleusement classés et rangés par styles, couleurs et matériaux. Une rareté dans le milieu. Tout est tellement propre et soigné que l’on croirait du neuf. Pourtant rien ici n’a moins de 20 ans.

“Avec une boutique de petite taille, on est obligé d’effectuer une sélection pointue des vêtements. Je choisis tout ailleurs, je ne suis pas un dépôt-vente. Il n’y a pas de place ici pour les pièces improbables qui serviront à se déguiser. Rien d’immettable, de tâché, d’endommagé”. Ludovic

Cet amateur des 40′s et des 50′s a néanmoins décidé d’axer sa sélection sur des pièces allant des années 60 aux années 80. Une décision pragmatique face aux requêtes de la clientèle. Contrairement à d’autres friperies, où l’on fouille parmi des horreurs synthétiques fluorescentes qui ne méritent que le feu, on se surprend ici à hésiter entre des malles, des pochettes, une robe écrue aux boutons nacrés, des jeans, chaussures et autres vestes en tweed. Il y en a pour toutes les bourses : de 15€ à 300€ pour les raretés pleines d’histoire. En somme, tout est impeccable.

♥ On aime

- Que le rayon homme, en plus d’être existant, rivalise en taille avec celui des femmes.

- La sélection et la présentation.

- Entendre Johnny Flynn en fond sonore.

Elsa Pop Vintage

Une identité : une terrasse et un graf' inspiré d'une boutique de King's Road à Londres (Crédits AP)

Cachée dans le quartier St Michel, la petite boutique d’Elsa vaut le détour. Cette friperie, qui fait aussi dépôt-vente, attire  les connaisseurs (qui partent avec des sacs entiers remplis des grandes griffes) comme les étudiants des Beaux-Arts qui y viennent chercher LA pièce originale. Mais attention “original” ne veut pas dire de mauvaise qualité. “J’essaye toujours de privilégier la coupe et la matière. Du cuir, de la soie, du cachemire, de la laine. Pas de plastoc’ qui fait mal ou de choses qui grattent”, explique Elsa dans un sourire. Dans sa boutique on pourra trouver des pièces allant des années 40 aux années 70 et même des éléments de décoration qui sont à la vente (téléphones, lampes, machines à écrire,…).

On aime

- La terrasse, le calme, la disponibilité et les conseils d’une propriétaire souriante.

 On doute

- Face au trop petit rayon homme.

Freep’Show

Une salle principale pour les femmes et une arrière-salle pour les hommes (Crédit AP)

Pour Sandra, 39 ans qui tient cette boutique avec son mari, il est important de distinguer friperie et dépôt/vente. “Ce n’est pas la même chose, moi je ne cherche pas à vendre des marques, outre quelques vieux Levi’s ou Lacoste, je ne veux vendre que des pièces abordables, originales, des années 40 aux années 80 et surtout, je ne veux pas de doublons”, lance-telle. Comme une jeune cliente le dit justement : “Les gens ne viennent pas dans une friperie pour croiser une personne ayant la même chose sur le dos deux rues plus loin”. Ironiquement, même les amateurs de vintage ne sont pas si originaux et leurs demandes sont souvent très semblables. “En ce moment on demande surtout des peaux-retournées, le jean taille haute revient aussi“, explique Sandra amusée. Mais elle tente aussi d’amener à l’originalité en proposant une petite dizaine de kilts, pour “voir si ça marche”.

Aucun élitisme dans les prix, ceux-ci ne dépassent que rarement les 40 €. On est loin de la “robe que l’on doit mériter”. “Il y a de tout ici, des vêtements particulièrement laids – parfaits pour une soirée déguisée sur le thème des moches – des choses à la mode pour les jeunes et des manteaux de fourrure pour des dames plus âgées”, conclut-elle.

 On aime

- La diversité des pièces.

- L’invasion des vinyles sur les murs.

◊ Carte et informations pratiques 

Envie de faire un tour dans ces boutiques qui sentent bon le vintage ? Cliquez !

Aymeric Parthonnaud

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Une Réponse à “Petit guide des friperies bordelaises”

  1. delebret mars 31, 2012 à 10:56 #

    Bonjour à vous toutes,

    dommage que vous ne connaissiez pas MABOUL à Pessac, 250 m² de fripe ! !

    Bonnes trouvailles à toutes.

    @+

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