10 jours que cela dure. On ne peut plus faire un pas dehors à Bordeaux sans risquer d’attraper une pneumonie ! Si vous en avez marre de l’uniforme bottes / ciré jaune, allez chez Guizzo. Située en face du marché des Capucins, cette petite cantine africaine vous réchauffera les papilles.
Avant de passer à la suite, écoutez ça: Ambiance tropicale aux Capucins
Il est 19 heures pile au 40 de la place des Capucins. Nico, le patron de chez Guizzo s’étire. « Ce soir, ça va être chaud. Il va y avoir du monde et il faut qu’il y ait de l’ambiance. Les clients, ici, ils viennent parce qu’ils se sentent en famille. »Et il va chercher dans sa réserve un carton rempli de bananes plantain.
A 19 heures 15, un juron s’élève dans la cuisine. Le courant a sauté et Nico a failli se trancher un doigt en épluchant ses bananes. « Ca arrive souvent » maugrée le gérant. Mais, il ne se laisse pas déstabiliser par les caprices de la fée électricité. Le temps presse. Nico plonge les fruits dans l’huile bouillante : « Ces bananes, c’est un plat traditionnel africain. On ne peut pas les manger crues, il faut absolument les faire frire ».
Une ambiance bigarrée
19 heures 30, avant de se lancer dans la préparation du manioc, une racine qui se mange bouillie, Nico allume sa sono. On plonge, sans brassards, dans une ambiance gangsta-zouk pour le moins surprenante. La télévision nous bombarde de clips ringards. Un danseur en marcel orange joue du « air-banjo », un lointain cousin de la « air-guitare ». Il tourne, les bras en l’air autour de chaises de jardin en plastique blanc. Des publicités pour une soirée organisée par KJC Blazz, un musicien congolais, sont placardées aux murs de l’établissement.
Mais à peine sort-on la tête de cet univers musical coloré, qu’il est 19 heures 50. Il faut préparer les tables avant le rush de 20 heures. Nico dispose sur chaque toile cirée une bouteille de sauce Maggi et une préparation au piment rouge. Elle à l’air inoffensive, mais si vous ne voulez pas crachez du feu pendant trois longues heures, prenez garde…
Des assiettes bien garnies
Il est 20 heures 10 et le restaurant déborde déjà de monde. Imaginez 25 personnes entassées dans 12 mètres carrés se donnant de vigoureuses bourrades dans le dos… Ca discute ferme chez Guizzo : de la politique du gouvernement envers les immigrés au rôle de Nafissatou Dialo dans l’affaire DSK, tous les sujets polémiques du moment sont passés en revue.
Voilà 20 minutes que l’on palabre, alors le patron secoue son monde. Trêve de bavardages, il faut commander. Ici, presque tous les clients viennent boire une bière, mais on peut aussi déguster des spécialités africaines: poisson frit et manioc, brochettes de bœuf mariné et riz pilaf sont au menu pour la modique somme de 12 euros.
Vous en avez l’eau à la bouche ? Pourtant il va falloir être patient. Le cuisinier prend tout son temps. Il discute le bout de gras avec deux clients accoudés derrière le bar. Le repas n’arrive sur la table que 50 minutes après la commande. Heureusement les plats sont abondants, les bananes plantain brûlantes fondent dans la bouche et le goût légèrement relevé du bœuf mariné viens vous chatouiller les papilles. Si l’ambiance bigarrée de l’établissement peut vous déstabiliser, les assiettes savoureuses et bien garnies sauront donc vous remettre d’aplomb.
Lélia de Matharel
Tags:afrique, Bar, Bordeaux, Piment, Restaurant

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