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Un nouveau courant énergétique

6 déc

Installée en mai 2011 sous le ponton d’honneur en face de la porte Cailhau, une hydrolienne expérimentale produit de l’électricité à partir des puissants courants de la Garonne. Unique en France et pur produit du Grand Sud-Ouest, ce concept, en cas de réussite, est amené à se développer. Découverte.

Installée sous le ponton d’honneur en mai 2011, l’hydrolienne charge des batteries qui fournissent l’électricité aux projecteurs sur le ponton (Crédit photo: Energie de la Lune)

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Bio-dynamie : au nom de l’être, de l’âme et de la Sainte Nature

14 nov

 

La bio-dynamie se veut systémique: elle promeut le développement total de l’être humain et désire conserver une relation fusionnelle entre l’âme, l’élément et l’aliment. Associée au mouvement anthroposophique, l’agriculture bio-dynamique se développe en marge de la vague verte du bio. Entre science et conscience, il n’y a qu’un pas, qu’a franchi Paul Barre il y a 20 ans.

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La charte fait débat dans la baie

8 nov

Char à cerf-volant le long de la plage de Quend

Le char à cerf-volant est la principale cible des écologistes.

 

 

« Elle dit tout et son contraire ». Deux semaines seulement après sa signature, la charte de bonnes pratiques récréatives en baie de Somme est loin de faire l’unanimité. Protéger sans interdire, un credo qui divise. En toile de fond, la polémique autour des sports aéro-tractés à voile haute, censés menacer la tranquillité des espèces protégées. Lire la suite

Il planche sur les snows recyclés

19 déc

Son truc, c’est la récup’. Damien Billet, 31 ans, recycle des snowboards usagés en skateboards prêts à l’emploi. Avec un certain succès. Portrait d’un « green militant » jamais à court d’idées.

Avec ses skates recyclés, Damien Billet a monté une véritable entreprise parallèle

Avec ses skates recyclés, Damien Billet a monté une véritable entreprise parallèle

Il l’appelle « l’atelier du shaper » – pour les novices, le shape signifie la forme d’une planche. Dans ce lieu exigu aux allures de chalet savoyard, perceuse, scie sauteuse et autres outils en tout genre côtoient des dizaines de snowboards, entassés le long du mur. Damien Billet, lunette de chantier et masque anti-particules sur le nez s’active sur son plan de travail. Une board, forcément.
Depuis huit ans, ce responsable du rayon glisse à Sports Aventure a aménagé une ancienne réserve au fond du magasin bordelais en atelier de recyclage. A partir de snows destinés à une destruction certaine, ce Géo Trouvetout de la glisse fabrique… des skates.

Récup’ attitude
Une idée originale, partie d’une demande de sa clientèle. « Beaucoup de personnes venaient me voir pour trouver une bonne board à pas cher », explique ce diplômé en marketing de 31 ans. Car les sports de glisse ont beau avoir une image fun et décontractée, ce n’est pas donné ! Pour un skateboard neuf de qualité, comptez dans les 300 euros de budget.
La solution, Damien Billet l’avait en fait sous le nez. « En faisant la tournée des usines pour mon boulot, je voyais toujours de gros tas de boards vieilles ou cassées et je me suis dit tiens… pourquoi pas leur donner une deuxième vie ? », raconte ce passionné de glisse, bonnet vissé sur la tête.
Au début, il fait ses premières armes sur les anciennes planches de location du magasin. Puis décide de contacter les services après-vente des entreprises de snows. « Ils sont censés les détruire, alors autant les récupérer… », lance-t-il avec spontanéité. De grandes marques comme Nitro acceptent de jouer le jeu et, chaque année, Damien Billet récupère près de 300 plateaux. Gratos !
Ses clients n’ont alors plus qu’à acheter les quelques éléments nécessaires à la fabrication du skate, à savoir les roues et les trucks – ces essieux qui fixent les roues. Bilan : « Pour 100-150 euros, on peut avoir un skate correct », se félicite le concepteur qui a presque la récup’ dans le sang. « En fait, j’ai toujours réalisé des engins de glisse à pas cher », se souvient ce natif du pays basque. Gamin déjà, son père lui fabrique avec les moyens du bord un skimboard, cette planche permettant de surfer sur une vague en se lançant de la plage.

Une méthode artisanale

« Au départ, j’ai beaucoup tâtonné question technique », avoue toutefois l’autodidacte ingénieux. Des années de pratique et mille skates recyclés plus tard, le jeune homme est désormais rodé à l’exercice. Une heure de travail lui suffit. Pour la méthode, rien de plus simple. Du moins en apparence. Première étape, dessiner la forme en fonction des goûts du client. Découper, poncer. Le plateau est prêt. Reste à placer les trucks et les roues. Sans oublier, la touche finale: la pose du grip, cette matière noire anti-dérapante semblable à du papier de verre. Epouser le décor original de la planche ou le déstructurer, le principe est toujours d’obtenir le dessin « le plus artistique possible », insiste-t-il.
Car les acheteurs ne sont pas simplement motivés par l’intérêt financier. Un skateboard « made in Billet », c’est aussi l’assurance d’un produit unique, artisanal et de meilleure qualité. « Un skate, c’est juste un plateau de bois alors qu’un snow c’est du bois plus de la fibre de verre », explique ce débrouillard en poursuivant, c’est à la fois plus flexible et plus solide ».

Promouvoir le skate, un acte citoyen et écologique

Dans sa démarche, pas d’opportunisme ni d’effet de mode. Juste une volonté de promouvoir une autre manière de consommer. « Il faut que les gens prennent conscience qu’il existe plein de solutions à la fois simples et écologiques », souligne-t-il, convaincu que ce sont les gestes de chacun au quotidien qui peuvent faire évoluer les mentalités.
Avec ses skates recyclés, Damien Billet espère apporter sa pierre à l’édifice. Sans prétention. Car à l’écouter, la légendaire planche à roulettes a plus d’un atout : « C’est un moyen de transport pratique, non polluant et rigolo ! », argumente avec entrain celui pour qui le green est devenu un mode de vie. Pain, yaourts… il fabrique tout ce qu’il peut lui-même. « J’adore quand quelque chose ne coûte pas cher et que le résultat est identique », s’amuse-t-il, l’air décontracté. Dans une société qui jette presque aussi vite qu’elle achète, il nage à contre-courant. Et ça lui plait.
Dans son atelier, les planches à transformer côtoient celles qui ont déjà été découpées.    « Je suis un peu nostalgique. En fait, j’aimerais bien les recycler ! ». Ça tombe bien, des idées, Damien Billet n’en manque pas. Ses projets ? « Pourquoi pas faire des étagères avec des skates. Ou des tabourets avec des pieds de ski ! ».

Noémie GUILLOTIN

J’irai me promener avec vous

13 déc

Un oeuf à roulettes qui glisse dans la grisaille hivernale. Avec ses courbes inédites, c’est un peu l’impression que donne le vélo taxi, nouveau venu à Bordeaux.

Le vélo taxi, une solution originale pour en finir avec les embouteillages

Le vélo taxi, une solution originale pour en finir avec les embouteillages

Vendredi après-midi à Bordeaux.  J’irai bien faire un tour en ville, mais avec ce temps, pas facile de se motiver. Et si, pour deux euros le kilomètre, je faisais appel au service de vélos taxis dont la sonnette commence à être aussi connue que le klaxon du tramway?

Des jeunes chauffeurs motivés

Michaël, Mathieu, Jaime, Virginie: ils sont quatre à se relayer autour de Jérôme Herrera, le responsable de Cyclopolitain* à Bordeaux, et à faire fi des chutes de température pour transporter autrement les citadins depuis le mois de septembre. "Quand on pédale pas de souci, il fait très chaud", rassure Virginie. Étudiante en orthophonie, c’est pour elle le job idéal. Il lui a permis de découvrir rapidement la ville qu’elle ne connaissait pas avant la rentrée. Avec un emploi du temps établi en fonction de ses cours, elle travaille 10 à 15 heures par semaine rémunérées au smic, "ainsi qu’au bon cœur des gens: le pourboire représente une part importante du salaire!" s’exclame t-elle.  En plus de leur générosité, Virginie est ravie des conversations qu’elle a avec eux. Elle peut même pratiquer les langues étrangères, comme avec son dernier client, d’origine cubaine. Pour elle, ce petit boulot allie convivialité et santé, "pas besoin de payer la salle de sport" comme disent beaucoup de gens qui tâtent ses mollets.

Mathieu, reporter radio, pompier volontaire et...chauffeur de vélo taxi

Mathieu, reporter radio, pompier volontaire et...chauffeur de vélo taxi

Promenade avec…

Aujourd’hui, mon chauffeur c’est Mathieu, et il est aux petits soins. Je n’ai pas de destination précise, juste l’envie de me promener. Il me suggère donc un itinéraire "découverte de la ville". Super. Devenue touriste, je m’enroule dans la couverture polaire vert anis qu’il me propose. On peut partir. Avec le vent qui souffle assez fort, la pluie nous mouille un peu. D’autres ont déjà fait cette remarque avant moi, alors des vitres latérales en plastique vont être installées sous peu. "On est à l’écoute des clients pour toute amélioration!" souligne Jérôme Herrera. Mathieu est le seul chauffeur à ne pas être étudiant. Il est reporter à France Bleue Gironde et c’est en préparant un sujet cet automne qu’il a découvert les vélos taxis… et qu’il est resté. Pour lui comme pour ses collègues,  tourner sans clients est le seul point noir d’une journée.  Alors quand il doit prendre son mal en patience, il a un truc : s’arrêter déguster des milkshakes rue des trois conils ou encore des crêpes sur le quai de la douane, "les meilleures" affirme t-il en passant devant l’établissement. Du coup, une course avec lui revient à faire un tour gastronomique de la ville.

Des esprits encore partagés

Il y a d’un côté les personnes tout de suite séduites par l’originalité de l’engin et qui abordent les chauffeurs pour savoir de quoi il s’agit. Une fois le mystère élucidé, elles n’hésitent pas à se faire conduire. Certaines ont adopté ce mode de transport au point de ne pas comprendre pourquoi le vélo taxi ne va pas partout, le  centre ville de Pessac est souvent mentionné.

Et puis de l’autre côté, il reste de nombreux sceptiques, ceux qui montrent du doigt cette "nouvelle forme d’esclavage". A ceux-là, les chauffeurs, toujours très surpris par la remarque, se font tous un grand plaisir à leur laisser le guidon, afin qu’ils jugent par eux-mêmes de la facilité avec laquelle l’engin se manie.  Mais pour les cyclistes "les clients sont toujours sympathiques", même s’ils avouent quand même entendre de temps en temps des blagues douteuses. "Il manquerait presque le fouet!" revient dans plusieurs bouches. "A prendre avec humour bien sûr" précise Jérôme Herrera rougissant. Il sait de quoi il parle, car lui aussi pédale.

Fille ou garçon?

Des clients font aussi une distinction entre les chauffeurs. Virginie témoigne. "Des filles m’ont dit que si ça avait été un gars, elles ne seraient peut être pas montées… Parce que c’est plus marrant de pouvoir discuter entre filles." Et puis des hommes sont gênés à l’idée de se faire conduire par une fille, ils redoutent le regard des badauds surtout. Mais Virginie veut les rassurer, elle est là pour travailler, ça s’arrête là, il n’y a rien à juger. N’empêche que pour avoir testé, le regard des autres, il est bien insistant. Surtout aux feux rouges.

La rumeur selon laquelle le travail serait plus pénible pour elle que pour ses collègues masculins a aussi la peau dure. En attendant, c’est bien Jaime, l’étudiant espagnol, qui est en arrêt maladie raconte Jérôme Herrera. "Il faut certes être apte physiquement, mais je ne leur demande surtout pas d’être de grands sportifs. Le boulot n’est pas du tout difficile avec l’assistance électrique. La jeune fille qui pédale, ce n’est pas du tout Rambo, et elle ne force pas." Ici, pas de discrimination entre hommes et femmes, c’est la motivation qui prime. La seule condition pour être embauché, c’est d’avoir le permis de conduire, ou au moins le code de la route, car le cyclo circule aussi bien sur les zones piétonnes que sur les routes. Et Virginie d’ajouter malicieusement: "j’en ai entendu d’autres qui avaient des rhumes, des tendinites, moi ça va. Je me demande bien qui est la petite nature dans l’équipe…"

Cathleen BONNIN

*Cyclopolitain
5 rue Ausone à Bordeaux
05.56.23.00.38
http://www.cyclopolitain.com/
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