Les petits-fours du CAPC

19 12 2007

Le vernissage d’”If everybody had an ocean” avait lieu hier soir, vendredi 16 novembre, au CAPC. Colorées, sonores, ludiques et psychédéliques, les oeuvres exposées ont de quoi séduire un large public, largement affamé. Et pas que de culture.

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Un mobile de Pae White

Devant les grandes portes du musée, moi et mes comparses amateurs de culture attendons poliment devant l’entrée. Costumes, fourrures, cravates, chemises afterwork et quelques étudiants Adidas et chevelures fluos s’agitent dans le froid. Ambiance joviale et élégante. Participer à un vernissage d’art contemporain est toujours une expérience excitante. Dans un monde où la culture se doit d’être provocante, tout est imaginable. Si déception il y a, on pourra toujours se rattraper sur les cathartiques petits-fours. Et dans tous les cas, l’effort sera récompensé par un compte rendu hautain que l’on offrira à ses collègues le lendemain. ”Oui, j’y étais…Pourquoi? …vous non? ».

L’escroquerie

C’est avec ces réjouissantes perspectives que nous entrons gentiment à l’intérieur du musée. Oeuvres splendides, installations remarquables, entreprises déconstructives tout à fait appropriées. Passées ces quelques formalités, force est de constater que mes camarades amateurs de culture et moi avons été dupés. « Où est le buffet? » peut-on entendre murmurer çà et là. Journaliste avant tout, je pars à la recherche de l’info. « Y’a pas de buffet » m’informe un contact de l’intérieur, l’employé du service des informations. La déception est certaine. Malgré la gratuité de l’évènement, la désagréable impression d’avoir été roulé. Ne reste plus qu’à déambuler entre les 60 oeuvres, installations et films exposés et espérer que la nourriture culturelle taise nos appétits. Quoiqu’il n’en soit évidemment rien, l’expérience n’est pas désagréable. Il faut reconnaître aux oeuvres exposées une vraie facilité d’appréhension. On appréciera la légèreté, la modestie, la gaieté des mobiles de l’artiste américaine Pae White. Des pastilles de papiers colorés, suspendues à plusieurs milliers de fils, composent un nuage multicolore. A coté se situe la partie intitulée “sans soleil”. Elle rassemble les oeuvres sombres de Brian Wilson, quand noyé dans la drogue et dans la dépression, il ne sortait plus de chez lui.

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Derrière la grande lune noire, la période sombre de Brian Wilson

« Un apéritif vous sera servi à l’étage »

Arrive Alain Juppé qui s’installe au milieux de l’entrepôt Lainé, sur un pupitre ouvert, sans même une estrade. Nous autre, amateurs d’art, sommes entre nous. «…Nous avons voulu ressuciter la musique par d’autre moyens, par la couleur, par la gaiêté, par le mouvement…» discoure-t-il. Après une salve de remerciement, une apologie de cette «…belle ville de Bordeaux…» et de «…l’amour du peuple bordelais pour la culture…». Notre maire conclue par cette phrase: « Un apéritif vous sera offert à l’étage ». L’immonde soudoyeur ! L’effet est immédiat. Mais imperceptible. On s’y rue, promptement, mais pas trop, avec classe, en s’arrêtant devant les oeuvres là, sur les itinéraires variés qui mènent à l’étage. On y reconnaît les “habitués”, ceux qui se hâtent sans se presser. Pourtant, les rares personnes qui seront restées en bas auront assisté à un pertinent discours d’Alex Farquharson, le très dandy commissaire de l’exposition. «…parce qu’ils savaient manipuler une sorte de langage artistique et marketing sophistiqué, les Beach Boys se sont fait enfermer dans une image simpliste de groupe et de culture pour ados…». Un discours boudé par l’audience affamée, assoiffée. A la décharge des impatients, il était en anglais.

Bavardage et petits-fours

Le centre de gravité de la soirée s’est déplacé. A l’étage, bavardage et petit-fours. Assiégés, les serveurs rivalisent de rapidité pour assurer l’approvisionnement constant du buffet. L’art, cela est bien connu parmi nous, amateurs de culture, creuse l’estomac. Mais les stocks, pourtant foisonnants, s’amenuisent rapidement. Une fois les réserves taries, l’enthousiasme ne tarie pas. Mais tout de même, ce sentiment fataliste qui nous unis, que les meilleures choses doivent avoir une fin.

Se réjouir

L’évènement de ce soir avait plus d’importance qu’il n’y peut paraître. En course à l’investiture du titre de capitale de la culture européenne pour 2013, décidé dans quelques mois, Bordeaux a de sérieux concurrents. Strasbourg, Lyon, Nice, de nombreuses villes françaises bataillent pour montrer leur potentiels culturels. Ainsi Bordeaux doit prouver qu’elle peut mobiliser ses énergies pour organiser des manifestations d’envergure et réunir ses habitants, affamés d’art contemporain. Il est donc prévu que l’évènement se répète régulièrement. Il faut s’en réjouir. Les petits-fours étaient de qualité. J’ai pris le planning en partant.

Benjamin Huguet

If everybody had an ocean, au CAPC de Bordeaux.

Ouvert du mardi au dimanche de 11h00 à 18h00- Le mercredi de 11h00 à 20h00
Fermeture lundi et jours fériés .

Jusqu’au 9 mars 2008

Enfin, pour les vrais boulimiques de culture, quelques prochains vernissages :

Le 18 décembre:

http://bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal?_nfpb=true&_pageLabel=pgFicheEvt&classofcontent=evenement&id=17501&iEvt=0&retourListe=1&classListe=pageSpecifique&idListe=201

Le 20 décembre:

http://www.paris-art.com/exposition-vernissage/vernissage/10422/vernissage-bordeaux-conseil-regional-d-aquitaine-pieces-maitresses.html

Le 19 janvier, Espace Saint-Rémi:

http://bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal_nfpb=true&_pageLabel=pgFicheEvt&classofcontent=evenement&id=25329&iEvt=38&retourListe=1&classListe=pageSpecifique&idListe=201

Du 26 au 29 juin 2008:http://www.bordeaux-fete-le-vin.com/

Et pour se tenir informé

http://espace29.wordpress.com/category/bordeaux/