Des vies au rythme de Johnny

14 11 2009

Les premiers fans sont arrivés dès 2 heures du matin, mercredi 11 novembre, pour assister à ce qui pourrait être l’ultime concert bordelais de Johnny Hallyday. Car pour être juste en bas de la scène, à quelques centimètres de la star, c’est « premier arrivé, premier servi ».

Les premiers d'une longue file d'attente

16 heures d'attente pour 2 heures de show : pour les fans de Johnny, passion rime avec patience.

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Rose pour tous, tous contre le cancer

12 11 2009
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Affluence reccord au "5km du ruban rose", qui lutte pour le depistage du cancer du sein

Ni la pluie ni le froid matinal de ce 11 novembre n’ont eu raison des 2800 participants à la 5ème édition des « 5 km du ruban rose ». Ici on ne court pas après une coupe -d’ailleurs souvent on marche- mais après un combat, celui de la prévention et du dépistage du cancer du sein.

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Irréductibles Toulon 1993, “la passion ne s’achète pas”

8 11 2009

Au cœur de l’aire d’influence de l’Olympique de Marseille, un noyau ultra d’irréductibles résiste au mimétisme et aux effets de modes dont bénéficient les phocéens dans le Var. « Supporte l’équipe de ta ville! » proclament ses membres aux jeunes qui exhibent des maillots marseillais sur la rade. « Certaines couleurs sont plus glorieuses mais elles ne seront jamais les nôtres… » affirment les Irréductibles de Toulon regroupés, avec fierté, sous la bannière « La minorité est partout ».


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A l'instar des plus grands groupes de supporters, les Irréductibles réalisent des tifos, mais ceux-ci sont destinés à des matchs de 4ème division!

Groupe de supporters ultra créé en 1993 lors de la débâcle sportive puis financière du Sporting Toulon Var (rebaptisé pour l’occasion), les Irréductibles de Toulon (IRD 93) n’ont jamais connu la première division, et seulement deux saisons en deuxième division. En revanche, ils ont accompagné Toulon en DH (6ème division) et aujourd’hui en CFA (4ème division). En dépit d’un parcours sportif chaotique, une vraie identité est née au sein du groupe, reconnaissable aujourd’hui à des signes distinctifs, qui façonnent en la distinguant l’identité Toulonnaise au sein du mouvement ultra.

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Paroles de crise

6 02 2009

A l’appel des principaux syndicats, les villes de France ont vu, le 29 janvier, leurs rues envahies par des milliers de salariés venus protester dans le cadre d’une journée de grève contre la politique du gouvernement face à la crise. Alors pour une fois secteur privé et secteur public se sont-ils retrouvés ensemble dans le cortège ? Tour d’horizon dans la capitale girondine.

Les manifestants étaient 34.000 selon la police et 80.000 selon les syndicats

A Bordeaux, les manifestants étaient 34.000 selon la police et 80.000 selon les syndicats

Privé mais pas trop. La mobilisation générale du jeudi 29 janvier a réuni selon la CGT au moins 2,5 millions de manifestants. A Bordeaux, ils étaient 34.000 selon la police et 80.000 selon les syndicats. Beaucoup de salariés du privé, issu de petites entreprises ou grandes surfaces, étaient descendus dans la rue à partir de 10h30 derrière une banderole  “La crise c’est eux, la solution c’est nous”. Parmi eux, des salariés de Ford (automobile) à Blanquefort, de Free (télécoms), de Carrefour et Auchan. Si tous les observateurs avaient prédit une forte mobilisation nationale dans le secteur privé, les entreprises n’ont pas connu de taux de grévistes exceptionnels. Néanmoins ces chiffres sont à analyser à la lumière du chômage partiel dans l’automobile et de la mobilisation traditionnellement faible, dans la grande distribution notamment.

Mais au delà des traditions d’une lutte des classes, une question se pose. Est-il plus difficile de faire grève lorsque l’on travaille dans le secteur privé ?

Point de départ de la manifestation aux allées de Tourny

Point de départ de la manifestation aux allées de Tourny

La crise ne se discute pas. Au fil du parcours de la manifestations débutée Place de la Comédie, nous avons recueilli les témoignages d’employés de Ford Blanquefort, de Leroy Merlin Bordeaux-Lac, de Carrefour Mérignac. Du personnel souvent syndiqué et militant. Loin des slogans, hors du cortège, pas facile de savoir ce que les employés non grévistes ou non syndiqués pensent du mouvement. Les employés de banques comme les directeurs de magasins préfèrent ne pas évoquer un sujet jugé “polémique et factuel au sein même de leur entreprise”.

Au CIC cours du Chapon rouge, Fabien étudiant à l’Inseec et stagiaire dans l’établissement depuis 3 mois, nous a livré ses impressions.  Le ras-le-bol général dérivée de la crise financière et du ralentissement de la croissance s’arrêterait-il aux portes des banques et des entreprises ? Le capital de protestations s’est peut-être évanoui devant le plan de relance et les mesures du gouvernement; qui sait ? Le capitalisme et l’économie de marché vont changer, juré !

Les grévistes, Fabien et le Président.

Raphaël Burgos





Pellegrin : un mois de grève pour les sage-femmes

6 02 2009

29ème jour de grève à la maternité de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux. Pour cent sage-femmes, 4300 accouchements par an, et plus de 80 % des grossesses sont pathologiques. Elles ne peuvent plus assumer sereinement la sécurité des patientes et de leur bébé. Souvent, elles se retrouvent seules pour s’occuper de plus de vingt mamans et doivent revenir sur leurs jours de repos. En décembre dernier, les sage-femmes ont craqué et le 5 janvier, elles lancent leur mouvement de grève. Conséquence : elles assurent un service minimum. Mais le manque d’effectif les oblige à travailler comme avant. Une grève symbolique qui gagne l’ensemble du personnel hospitalier. Retour sur un mois de conflit.

Le 29 janvier, les sage-femmes rejoignent le cortège. Rue des Remparts, à Bordeaux
Le 29 janvier, les sage-femmes rejoignent le cortège. Rue des Remparts.

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Le Skate-parc de bordeaux, le rendez-vous des rois de la glisse

16 12 2008
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Depuis son ouverture, le skate-parc de Bordeaux est victime d'un immense succès. Jeunes et moins jeunes fréquentent ce lieux de divertissement, par passion mais aussi par curiosité.

Désigné comme étant l’un des plus grands skate-parc du Sud ouest, le skate-parc de Bordeaux est depuis son ouverture en octobre 2006, victime d’un immense succès.

Impossible de se balader sur les quais des Chartrons sans remarquer cet immense espace aux murs violets et tagués. Là, sous le regard admiratif et parfois inquiet de nombreux spectateurs, les amoureux de la glisse voient le monde…à l’envers.
Avec ses 2 350 m2 de surface et ses 110 mètres de long, le roller skate-parc a été imaginé par la mairie de Bordeaux en concertation avec les associations de skaters et de rollers. Bowl, street, cascade et débutant,quatre pistes bien distinctes qui permettent à tout un chacun, d’évoluer à son rythme. Pour les débutants par exemple, la piste spéciale est réservée aux enfants de 3 à 10 ans toujours accompagnés d’un adulte. Cependant, les autres ne sont pas oubliés, de nombreux cours sont organisés dans la ville par des moniteurs qualifiés, afin de permettre aux plus grands de 7 à 77 ans par exemple, de tenir eux aussi sur des roues et savourer le bonheur de la glisse.

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Prise de risque au rendez-vous pour les casse-cou de la glisse…le skate parc est un défi au quotidien pour les passionnés


“Avant l’ouverture du Skate-parc, beaucoup de passionnés pratiquaient le « street »le roller de rue, et utilisaient le mobilier urbain, ce qui est complètement illégal aux yeux de la loi.”

Selon Mickael Tirat, salarié au sein de l’association de roller Air, cet espace de glisse était nécessaire dans la ville afin d’éviter l’isolement des patineurs. “Ce skate-parc n’est pas le premier de la ville, on dira simplement que c’est le premier de qualité même si certains détails restent à améliorer, mais les choses se font petit à petit. Avant l’ouverture du Skate-parc, beaucoup de passionnés pratiquaient le « street », le roller de rue, et utilisaient le mobilier urbain, ce qui est complètement illégal aux yeux de la loi. Mais pour eux c’était le seul moyen de pratiquer, faute d’espaces et de structures de qualités. Pour cette discipline, la place Pey-Berland était beaucoup utilisée. Maintenant, avec le nouveau Skate-Parc, elle l’est beaucoup moins.”
L’arrivée de cette structure a permis de découvrir de nombreux talents. L’année dernière lors du championnat de France de street,organisé au skate-parc de bordeaux, l’Aquitaine a remporté trois médailles : une en or et deux en bronze, des résultats qui promettent pour l’avenir.

Christelle Sivatte





Le 11 septembre débattu à l’Athénée municipal

15 12 2008

Le jeudi 20 novembre, l’Athénée municipal accueillait la projection d’un film-documentaire remettant en cause la version officielle des événements du 11 septembre 2001. Les flyers annonçaient aussi que la projection serait suivie d’un débat. C’était la première fois qu’un événement de ce genre avait lieu à Bordeaux. La soirée était organisée par l’antenne bordelaise de l’association ReOpen911. Retour sur cette plongée au coeur du secret…

Quand le film commence, environ 140 personnes, dont beaucoup de moins de trente ans, ont pris place sur les fauteuils oranges de l’Athénée.” 9/11 Press for Truth “, film réalisé par Ray Nowosielski, est un documentaire d’une heure et demi qui raconte comment les familles des victimes du 11 septembre auraient à elles seules permis qu’une enquête soit ouverte sur cette tragédie. Ce documentaire à charge contre le gouvernement américain nous explique ensuite qu’une fois l’enquête concédée aux familles des victimes, on fit en sorte que celle-ci n’aborde pas certains sujets, et surtout corrobore la version initiale donnée par les autorités. Le film conclut à une enquête bidon, la plupart des questions des familles restant sans réponses.

Subrepticement néanmoins, le film en dit davantage, laissant entendre que le gouvernement américain aurait de graves choses à cacher. Mais sans clairement, triple mince, préciser quoi.

Pas vraiment un débat, plutôt un monologue confus

Après le film, ReOpen911 Bordeaux entamait le débat en commençant par “dissiper quelques malentendus”. L’association ne serait “ni antisémite ni d’extrême-droite”. De nombreux juifs, notamment un rabbin, en seraient d’ailleurs membres, c’est pour vous dire… Le débat qui suit sera sans intérêt, sinon celui de constater que l’association ne fait que relayer les thèses diffusées sur Internet. D’ailleurs le maître de cérémonie renvoie toutes les cinq minutes le public vers telle ou telle “passionnante vidéo” disponible sur Internet. L’homme a beau être volubile, on sent qu’il ne fait que mettre bout à bout des éléments glanés sur Internet. On ne retient rien de son discours tant cela part dans tous les sens.

Etrange, d’autre part, le fait que l’homme soit seul d’un bout à l’autre du “débat”, la demi-douzaine d’autres membres de l’association se tenant non pas devant mais derrière le public, comme s’ils souhaitaient se faire les plus discrets possibles. A les voir en fin de soirée derrière leur stand de “livres-révélations”, on songe davantage à un salon de la maquette ou du livre ancien qu’à un colloque de scientifiques. Bref, ça sent l’amateurisme à plein nez.

Les réactions de trois étudiants présents ce soir-là :

ReOpen 911, une association en quête de vérité. C’est tout ?…

Rappelons, pour ceux qui prendraient le train en route, sur quoi s’interrogent ces Marion Cotillard, Jean-Marie Bigard, et consorts. Eh bien ces derniers, que l’on compte par millions, estiment que le gouvernement américain ne dit pas toute la vérité sur les événements du 11 septembre 2001. Certains pensent que les chutes consécutives des Twin Towers n’ont pu être provoquées par les seuls crashs de deux avions de ligne. D’autres se penchent tout particulièrement sur la chute du bâtiment No 7 du World Trade Center, gratte-ciel proche des deux tours géantes, dont l’effondrement a eu lieu dans l’après-midi du 11 septembre. D’autres remettent encore en cause le fait qu’un avion se soit écrasé sur le Pentagone. Enfin certains prétendent qu’aucun avion ne s’est jamais écrasé en Pennsylvanie.

Il existe donc toute une littérature (mais aussi nombre de vidéos) sur le sujet, écrite par des gens rarement d’accord les uns avec les autres. L’association ReOpen911, dont l’antenne bordelaise organisait cette soirée, rassemble une partie de ces “renonçants”. Comme son nom l’indique, l’association souhaite la réouverture de l’enquête sur les événements du 11 septembre. C’est en tout cas le discours officiel de l’association, qui semble surtout avancer masquée. Car sur son site circulent très librement des thèories pour le moins douteuses…

Le doute fait tâche d’huile

Quoi qu’il en soit de la vraie nature de cette association, il est indéniable que la mise en doute de la version officielle est un phénomène d’envergure. Ainsi Le Nouvel Observateur révélait en septembre 2008 que 23% des Allemands considéraient le gouvernement américain responsable du 11 septembre. Autre chiffre parlant publié par l’hebdo, 43% des Egyptiens accusent l’Etat juif. Enfin, une étude réalisée par la TNS Sofres le même mois indiquait que 11% des Français pensent que les Américains eux-mêmes ont organisé les attentats. Eléments déclencheurs du phénomène, des vidéos diffusées sur Internet, dont “Loose Change”, la plus emblématique, visionnée plus de 2 millions de fois sur YouTube. Mais alors tout ce cirque, info ou propagande ? Vous avez une connection Internet… alors à vous de juger.

Pour visionner en streaming le film ” 9/11 Press for Truth “, cliquez ci-dessous :
www.reopen911.info/video/9-11-press-for-truth-vo-st-fr.html





J’irai me promener avec vous

13 12 2008

Un oeuf à roulettes qui glisse dans la grisaille hivernale. Avec ses courbes inédites, c’est un peu l’impression que donne le vélo taxi, nouveau venu à Bordeaux.

Le vélo taxi, une solution originale pour en finir avec les embouteillages

Le vélo taxi, une solution originale pour en finir avec les embouteillages

Vendredi après-midi à Bordeaux.  J’irai bien faire un tour en ville, mais avec ce temps, pas facile de se motiver. Et si, pour deux euros le kilomètre, je faisais appel au service de vélos taxis dont la sonnette commence à être aussi connue que le klaxon du tramway?

Des jeunes chauffeurs motivés

Michaël, Mathieu, Jaime, Virginie: ils sont quatre à se relayer autour de Jérôme Herrera, le responsable de Cyclopolitain* à Bordeaux, et à faire fi des chutes de température pour transporter autrement les citadins depuis le mois de septembre. “Quand on pédale pas de souci, il fait très chaud“, rassure Virginie. Étudiante en orthophonie, c’est pour elle le job idéal. Il lui a permis de découvrir rapidement la ville qu’elle ne connaissait pas avant la rentrée. Avec un emploi du temps établi en fonction de ses cours, elle travaille 10 à 15 heures par semaine rémunérées au smic, “ainsi qu’au bon cœur des gens: le pourboire représente une part importante du salaire!” s’exclame t-elle.  En plus de leur générosité, Virginie est ravie des conversations qu’elle a avec eux. Elle peut même pratiquer les langues étrangères, comme avec son dernier client, d’origine cubaine. Pour elle, ce petit boulot allie convivialité et santé, “pas besoin de payer la salle de sport” comme disent beaucoup de gens qui tâtent ses mollets.

Mathieu, reporter radio, pompier volontaire et...chauffeur de vélo taxi

Mathieu, reporter radio, pompier volontaire et...chauffeur de vélo taxi

Promenade avec…

Aujourd’hui, mon chauffeur c’est Mathieu, et il est aux petits soins. Je n’ai pas de destination précise, juste l’envie de me promener. Il me suggère donc un itinéraire “découverte de la ville”. Super. Devenue touriste, je m’enroule dans la couverture polaire vert anis qu’il me propose. On peut partir. Avec le vent qui souffle assez fort, la pluie nous mouille un peu. D’autres ont déjà fait cette remarque avant moi, alors des vitres latérales en plastique vont être installées sous peu. “On est à l’écoute des clients pour toute amélioration!” souligne Jérôme Herrera. Mathieu est le seul chauffeur à ne pas être étudiant. Il est reporter à France Bleue Gironde et c’est en préparant un sujet cet automne qu’il a découvert les vélos taxis… et qu’il est resté. Pour lui comme pour ses collègues,  tourner sans clients est le seul point noir d’une journée.  Alors quand il doit prendre son mal en patience, il a un truc : s’arrêter déguster des milkshakes rue des trois conils ou encore des crêpes sur le quai de la douane, “les meilleures” affirme t-il en passant devant l’établissement. Du coup, une course avec lui revient à faire un tour gastronomique de la ville.

Des esprits encore partagés

Il y a d’un côté les personnes tout de suite séduites par l’originalité de l’engin et qui abordent les chauffeurs pour savoir de quoi il s’agit. Une fois le mystère élucidé, elles n’hésitent pas à se faire conduire. Certaines ont adopté ce mode de transport au point de ne pas comprendre pourquoi le vélo taxi ne va pas partout, le  centre ville de Pessac est souvent mentionné.

Et puis de l’autre côté, il reste de nombreux sceptiques, ceux qui montrent du doigt cette “nouvelle forme d’esclavage“. A ceux-là, les chauffeurs, toujours très surpris par la remarque, se font tous un grand plaisir à leur laisser le guidon, afin qu’ils jugent par eux-mêmes de la facilité avec laquelle l’engin se manie.  Mais pour les cyclistes “les clients sont toujours sympathiques“, même s’ils avouent quand même entendre de temps en temps des blagues douteuses. “Il manquerait presque le fouet!” revient dans plusieurs bouches. “A prendre avec humour bien sûr” précise Jérôme Herrera rougissant. Il sait de quoi il parle, car lui aussi pédale.

Fille ou garçon?

Des clients font aussi une distinction entre les chauffeurs. Virginie témoigne. “Des filles m’ont dit que si ça avait été un gars, elles ne seraient peut être pas montées… Parce que c’est plus marrant de pouvoir discuter entre filles.” Et puis des hommes sont gênés à l’idée de se faire conduire par une fille, ils redoutent le regard des badauds surtout. Mais Virginie veut les rassurer, elle est là pour travailler, ça s’arrête là, il n’y a rien à juger. N’empêche que pour avoir testé, le regard des autres, il est bien insistant. Surtout aux feux rouges.

La rumeur selon laquelle le travail serait plus pénible pour elle que pour ses collègues masculins a aussi la peau dure. En attendant, c’est bien Jaime, l’étudiant espagnol, qui est en arrêt maladie raconte Jérôme Herrera. “Il faut certes être apte physiquement, mais je ne leur demande surtout pas d’être de grands sportifs. Le boulot n’est pas du tout difficile avec l’assistance électrique. La jeune fille qui pédale, ce n’est pas du tout Rambo, et elle ne force pas.” Ici, pas de discrimination entre hommes et femmes, c’est la motivation qui prime. La seule condition pour être embauché, c’est d’avoir le permis de conduire, ou au moins le code de la route, car le cyclo circule aussi bien sur les zones piétonnes que sur les routes. Et Virginie d’ajouter malicieusement: “j’en ai entendu d’autres qui avaient des rhumes, des tendinites, moi ça va. Je me demande bien qui est la petite nature dans l’équipe…

Cathleen BONNIN

*Cyclopolitain
5 rue Ausone à Bordeaux
05.56.23.00.38
http://www.cyclopolitain.com/




Bordeaux contre le SIDA : c’est l’intention qui compte

12 12 2008

Lundi 1er décembre 2008 : vingtième journée mondiale contre le SIDA. Comme chaque année, Bordeaux y participe. L’occasion de pointer les défauts concernant l’engagement de la ville.

Passants et membres de collectifs s'assemblent rue Sainte-Catherine

Les passants s'assemblent timidement aux militants dans une ambiance conviviale et chaleureuse

Lundi 1er. Place Saint-Projet. 18 heures. Une trentaine de militants de divers collectifs ont revêtu le tee-shirt rouge et blanc offert par Sidaction et IPPO*. Les deux associations sont les organisatrices bordelaises de la chaîne humaine de solidarité contre le SIDA. Une tradition qui projette chaque année de rassembler dans huit grandes villes françaises, jeunes et moins jeunes, militants, passants et malades autour d’une même cause. Une manifestation qui reste l’évènement principal de ces journées de lutte. A Bordeaux, on ne déroge pas à la règle : une chaîne et un stand AIDES, cela suffit pour se faire entendre. Et comme pour ajouter à la pauvreté des actions prévues, la chaîne doit se diriger vers le Grand Théâtre alors que le stand se dresse sur la place de la Victoire.

De 10 heures jusqu'au soir, les curieux approchent le stand Aides de la Victoire

Des fascicules, jeux et préservatifs sont mis à la disposition de tous les curieux

Sans l’intervention d’une militante, qui propose d’aller « rejoindre AIDES », le grand « rassemblement » prévu n’aurait pas eu lieu. Un rassemblement timide puisqu’une seule militante d’AIDES s’est jointe à la chaîne humaine. « Il y a un manque de coordination du tissu associatif, ici, à Bordeaux », déplore Maryse Tourne, trésorière de l’association IPPO et référente pour Sida Info Service. Ce qui ne facilite guère la mobilisation. Volonté de la part des associations ? « Un manque de moyens financiers », explicite Mme Tourne. Depuis quelques temps, les associations ont vu leurs subventions réduites. Une orientation nationale qui déteint sur le local : chacun « se tire la couverture à soi »

« On sent un désengagement »

« On a du mal à se faire entendre des pouvoirs publics. Mais on ne peut pas tout demander aux collectivités locales. C’est à l’Etat d’agir ». Un Etat qui se dédouane « complètement » selon Mme Tourne. Et pour le souligner, elle rappelle qu’aucun représentant du gouvernement français n’a fait l’honneur de sa présence à la 17ème conférence internationale contre le SIDA, à Mexico, en août dernier. A Bordeaux, en ce 1er décembre, aucun représentant de la mairie n’aura assisté aux manifestations. « Depuis l’arrivée des traitements dans les années 1990, la maladie est banalisée. Tout le monde pense qu’il n’y a plus de problème », précise Mme Tourne. Et tout le monde, ce sont aussi les médias. Le 1er décembre, les radios bordelaises diffusent quelques flashs sur le stand d’AIDES. Rien sur la chaîne de solidarité. Quant aux gratuits de la ville, silence au sujet des manifestations organisées. Sur le site de l’antenne bordelaise de Sida Info Service*, les événements datés du 1er décembre avaient déjà eu lieu la semaine précédente. Mme Tourne pointe du doigt « l’entrefilet ridicule » dans Sud Ouest. Mauvaises informations et relais médiatique local quasi inexistant, la journée bordelaise de lutte contre le SIDA pourrait faire sourire.

Dire et faire du bruit contre la maladie

A 19 heures, les militants réunis autour d’IPPO et Sidaction se serrent sur la place de la Victoire. L’ambiance est à la fête, en dépit des difficultés rencontrées en amont des manifestations. « Je crois que c’est un devoir de citoyen d’informer, de prévenir et d’accompagner », clame Maryse Tourne. De se rassembler aussi. Mais pour réveiller les politiques et l’opinion publique, « peut-être qu’il nous manque des coups de gueule dans le paysage national et local. »

Julie Rasplus

*Ippo – Information – Prévention – Proximitié – Orientation
14 rue Villedieu
33000 Bordeaux
05 56 92 25 37
Sida Info Service
Ecoute 24/24, confidentielle, anonyme et gratuite
0 800 840 800
Délégation bordelaise de Sida Info Service
173 bis rue Judaïque
33000 Bordeaux
bordeaux@sida-info-service.org




Etudiants et fonctionnaires de France, unissez-vous!

17 12 2007

C’est devenu une tradition depuis le printemps 68. Les étudiants aiment à se retrouver dans les cortèges de leurs aînés. Main dans la main, pour une lutte qu’ils espèrent toujours finale. Ce fut le cas à Bordeaux, le 20 novembre, lors d’une grande fête nationale des fonctionnaires. Au menu des réjouissances cette année : non au “système Sarkozy”, non à la réforme des régimes spéciaux de retraites, abrogation de la loi Pécresse.

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“Le service public, c’est la République; la privatisation, c’est sa destruction”. Le 20 novembre dernier, tout ce que la France pouvait compter de fonctionnaires et de protestataires a investi les rues des grandes villes.
A Bordeaux, un cortège compact de 14 000 à 25 000 personnes selon les différentes sources, a défilé, suivant la boucle République-Gambetta-République.
Les manifestants sont unanimes : les combats des étudiants et des fonctionnaires sont étroitement liés. Même si certains tiennent à distinguer les combats. “Les mouvements doivent converger” assure Michel, enseignant et militant LCR. “Les attaques sont cohérentes face au tout libéral”. Besancenot, quand tu nous tiens…“De plus en plus d’étudiants sont salariés et on leur prépare un avenir précaire”. “Pour les étudiants, la retraite, c’est une vue de l’esprit”, poursuit-il avec humour.

PAS D’UNIVERSITÉ À DEUX VITESSES

Principal fer de lance de la bronca anti-gouvernementale, le mouvement étudiant était fortement présent dans la cohorte de manifestants. « Non à la loi REGRESSE, non à la privatisation ». Le message des “jeunes” est clair : ils ne veulent pas de cette réforme. Il faut la ranger au placard car elle représente un grave danger : celui d’apporter de l’argent frais à l’université française. La crainte de voir l’Etat se désengager des facs, au profit de leur autonomie croissante et de leur financement par des capitaux privés, est au coeur des contestations. Des inégalités entre universités verraient le jour. Et à l’intérieur même de celles-ci, certaines filières se trouveraient directement menacées de disparition pour cause de “non-rentabilité”. Bref, il est préférable de laisser croupir l’enseignement supérieur français.

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Comme en 2006 pour le CPE et en 2003 pour la réforme LMD, les campus français se sont donc mis en grève. A Bordeaux, trois universités sur quatre ont été bloquées durant plusieurs semaines par les étudiants en colère, tardivement rejoints par leurs cadets. Les lycéens se sont en effet invités à la fête. En tant que futurs étudiants et futurs prolétaires ou autres travailleurs précaires. L’occasion, pour eux aussi, de sonner l’hallali du gouvernement Fillon-Sarkozy. Ainsi, une délégation lycéenne manifestait bruyamment mardi 20.
Souvent sincèrement convaincus et apeurés par le discours marxisant des détracteurs de la loi, parfois galvanisés par l’idée de vivre un semblant d’agitation populaire, le millésime 2007 des étudiants français a cru bon de se mobiliser massivement. Mais, contrairement aux conflits précédents, le blocage des facultés a été très largement constesté, au nom de la liberté d’étudier. Comme dans un susrsaut de bon sens démocratique.

Ambiance dans le cortège et parole aux principaux concernés.

Le 20 novembre, les étudiants étaient excités comme des puces à l’idée de profiter d’un droit constitutionnellement reconnu (pour les travailleurs…). L’espace d’un mois, la nouvelle génération d’étudiants a jouit de son quart-d’heure de gloire. Elle a utilisé à bon escient une importante médiatisation pour faire valoir ses arguments.
Aujourd’hui, nombre d’établissements sont revenus à plus de sagesse. Les syndicats d’extrême-gauche (CNT, Sud notamment), brillants chefs d’orchestres d’une vaste manipulation de cerveaux adolescents, ont baissé la garde. Cette année, la violence des leaders gauchistes – à Rennes 2, le président Gontard a été blessé au visage par un coup d’extincteur, un enseignant a également été passé à tabac -, n’a pas eu raison de la masse étudiante, bien trop sensible, dans sa grande majorité, aux valeurs démocratiques et au respect de l’autre.

Géraud Bosman-Delzons