90.10 FM, La Clé à contre-courant des ondes.

7 11 2009

Le pari était osé, mais la Clé des Ondes prouve qu’une radio sans pub et qui dure, c’est possible. Une grosse motivation, une bonne organisation et des gens qui ont des choses à dire sont les éléments de la réussite.

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Pas de pub, pas de luxe ; mais une indépendance complète.

Depuis juillet 1981, une radio pas comme les autres émet à Bordeaux. Mitterrand avait à peine libéré les ondes que quatre passionnés saisissaient l’opportunité de créer un outil d’expression populaire, indépendant et engagé. Lisez la suite de cette entrée »





Action culturelle en prison : La Rock School Barbey revoit sa partition

6 11 2009

La Rock School Barbey, salle de spectacle et association pionnière de la scène culturelle bordelaise intervient en milieu carcéral depuis 1990. Vingt ans d’action musicale auprès des détenus. Vingt ans aussi pour constater l’évolution des prisons. Daniel Marrouat, directeur pédagogique de la structure raconte comment la Rock School Barbey a du adapter ses interventions aux changements du milieu pénitentiaire.

Daniel Marrouat

Le directeur pédagogique de la Rock School Barbey, Daniel Marrouat : "La musique est un moment fort pour les détenus, devenu quasi indispensable."

Depuis sa création en 1988, la Rock School Barbey entend rendre la musique accessible au plus grand nombre. Ainsi il a suffi que la maison d’arrêt de Gradignan passe un coup de téléphone à la Rock School Barbey pour que dès la semaine suivante, Daniel Marrouat, le directeur pédagogique et ses collègues musiciens s’y déplacent pour animer ponctuellement des stages intensifs d’une quinzaine de jours. Devant le succès de ces interventions, la direction a souhaité mettre en place des ateliers hebdomadaires et a investi dans du matériel. Ainsi, chaque vendredi matin, trois intervenants de la Rock School Barbey avaient rendez-vous avec les détenus de la maison d’arrêt de Gradignan pour faire de la musique.

Changement de styles

Seulement voilà, depuis la saison dernière, la Rock School Barbey a décidé de revoir sa formule. Finis les ateliers hebdomadaires, devenus de plus en plus difficiles à organiser avec les changements que connaît la prison ces dernières années.”Beaucoup de gens se retrouvent en prison pour des peines très courtes et il devient difficile d’organiser le travail de répétitions  nécessaires aux concerts qu’on avait l’habitude d’organiser à la fête de la Musique ou à Noël. Aujourd’hui, on ne peut plus envisager de travailler sur du long terme avec des gens qui viennent passer quinze jours en prison.” Pas question de tout arrêter pour autant. Surtout que les détenus sont les premiers à pâtir des mesures pénales et carcérales de ces dernières années.  Alors la Rock School Barbey revient à des formules intensives de stage (25heures par semaine) qu’elle propose trois à quatre fois l’an et dont le prochain aura lieu à Noël. Lisez la suite de cette entrée »





Trois hommes et un piano

19 12 2008

Prenez une passion commune pour la musique et trois cadres en pleine crise de la quarantaine, ajoutez un soupçon de prise de risques et le tour est joué. Un an à peine après une idée en l’air dans une cuisine, l’Amadeus Song ouvre ses portes sous la direction de Didier, Michel et Vincent. Aventure de trois amis de longue date.

Nouveau départ rue de la Faïencerie. Didier, Michel et Vincent se lancent dans le piano-bar, plus soudés que jamais

Relooking pour l'Ancienne Faïencerie de Bordeaux transormée en piano-bar tendance néo-baroque

Il est 19h vers les hangars de Bacalan : rues désertes, ambiance lugubre et lampadaires sinistres… Pas franchement engageante la rue de la Faïencerie… Pourtant tout au bout, un néon violet se reflète dans les flaques d’eau de la chaussée et nous attire comme un moustique égaré. Le 19 novembre dernier, l’Amadeus Song a ouvert ses portes à un public bordelais en mal de lieu de retrouvailles faut-il croire. Le piano-bar lounge s’adresse avant tout à une clientèle bobo : on écoute Brel ou Moustaky dans de jolis canapés baroques pour le côté bohême ; on sirote un coca à cinq euros pour le côté bourgeois ; et on profite d’un éclairage résolument moderne et basse consommation pour le côté écolo. Mais après tout pourquoi pas ? Alors que ces dernières années les établissements bordelais type piano-bar, cabaret ou music-hall ont mis la clé sous la porte les uns après les autres, trois fous furieux de musique ont décidé de tenter l’aventure : un piano-bar chic et décalé. Il est probable que sans l’amitié hors du commun qui lie Didier Dulout, Michel Desanti et Vincent Gay, rien n’aurait était possible… Alors voilà comment ça commence…

D’abord il y a le piano. Impossible de passer à côté lorsqu’on entre dans la salle de l’Amadeus Song, Didier, Michel et Vincent ont imaginé cet espace pour rendre hommage à leur meilleur compagnon. Autour d’un piano, c’est bien là que tout a commencé, il y a douze ans, entre Didier, le prof, et Michel, l’apprenti. Le troisième acolyte rejoindra le mouvement quelques temps plus tard lors d’une garden-party chez Didier. «Tu connais Didier, tu joues de la musique, forcément » lance Michel à Vincent lors de leur première rencontre. De fil en aiguille, une relation amicale et musicale se tisse entre ces trois là. Très vite les cours de piano de Michel prennent une nouvelle tournure : un prof et deux élèves.

Puis vient l’envie de réaliser quelque chose. Fin août 2007, week-end brico chez Didier, ce jour là, pas le temps de pianoter, il s’agit de poser du carrelage… Tout deux à un tournant de leur vie, Didier met sur la table un projet qu’il laisse mûrir dans un coin de sa tête depuis 25 ans. Didier rêve de créer une structure qui serait un vivier d’artistes bordelais. Réfléchissons… Didier sait faire de la musique, Vincent sait faire du management… « faire du spectacle et du business » résume Vincent. Naturellement ils proposent à Michel de rallier leur cause : « un musicien, un commercial, un financier = un piano-bar. Tu joues avec nous ? » lui proposent-ils.

Et quand ils passent à l’action, ils ne font pas semblant… En fait c’est « l’imbrication naturelle de leurs talents respectifs » dixit Michel qui a permis la réalisation d’un tel projet. Chacun dans son domaine contribue activement à la création du lieu. Didier c’est l’artiste. Au sein de l’Amadeus, il est chargé de l’animation et de dénicher des artistes à produire. Vincent c’est le commercial. Après 10 ans passés dans la grande distribution, il doit aujourd’hui s’occuper de la gestion de l’entreprise. Et Michel c’est le financier. Cet ancien de la banque, aujourd’hui à la tête d’une société de conseil, va désormais monter les dossiers administratifs et financiers de l’Amadeus. Cette « somme de talents » sans laquelle rien n’eût été possible se révèle incroyablement efficace puisque quelques mois plus tard, le projet se concrétise et trouve un toit en partenariat avec la mairie de Bordeaux : l’ancienne Faïencerie. Désormais les trois compères foncent têtes baissées dans la mêlée: études de marché, casse-tête économique et juridique, activation des réseaux… Si parfois ils ne sont pas d’accord c’est plutôt sur un détail précisent-ils en cœur ou sur la chronologie des tâches à accomplir concèdent-ils. Trois ingrédients secrets à ajouter pour finaliser l’ensemble : franchise, respect et amitié. Quand on leur demande ce qui les caractérise, le regard brillant et des trémolos dans la voix ils déclarent unanimes : compétence et générosité. Ah ! On aurait presque la larme à l’œil face à ce trio de quadras pimpant!

Marie Morin

www.amadeus-song.fr





Para One : french touche-à-tout

12 12 2008

Il y avait comme une ambiance électronique samedi 6 décembre au 4 sans. Pour la troisième fois, les murs de la boîte de nuit bordelaise ont tremblé au son de la musique de Para One.

Para One jouait samedi 6 décembre au 4 sans

Concentration. Para One à la baguette.

De son vrai nom Jean-Baptiste de Laubier, Para est l’une des sensations de ces dernières années en musique électronique. Depuis la sortie en 2006 de son premier album Epiphanie, il distille ses sons énergisants un peu partout dans le monde, et le public en redemande. Mais à 29 ans, ce cinéaste de formation a plus d’un projet en tête.


La musique, il s’est lancé dedans un peu par hasard. “J’ai commencé à faire des sons dans ma chambre, et à un moment ça a collé parfaitement avec ce que le public attendait.” Son secret? Ses sources d’inspiration sont aussi diverses que le hip-hop américain des années 80 et la musique baroque. Il avoue même sans rougir un petit faible pour le répertoire de Daniel Balavoine.


Jean-Baptiste est aussi producteur. En 2003, il fonde le label Institubes, avec un certain Tekilatex, membre du groupe de rap TTC. L’indépendance leur confère une plus grande liberté de création et le public se montre réceptif. Très vite, les majors du disque se mettent à les courtiser. Un coup de projecteur formidable pour Para One.


Son point commun avec les autres artistes d’Institubes? L’influence de la culture rap américaine. A la fois un héritage musical et une façon d’arriver en force, dans la vie comme dans leurs morceaux. « Intégrité ça fait très moralisateur, mais il y a quelque chose comme ça. On fait des choix radicaux. » Avec Surkin et Tacteel notamment, ils offrent une approche moins progressive de la musique électronique, plus directe. « On essaye d’accrocher le public avec les 4 premières mesures de nos morceaux ». Une recette qui vaut à Para One une cote grandissante auprès des amateurs “d’électro”.


Jean-Baptiste de Laubier, aka Para One, en backstage le 6 décembre

Jean-Baptiste de Laubier, aka Para One, un artiste qui ne tient pas en place

Omniprésent sur la toile, il est classé dans la catégorie « French Touch 2.0 ». Il serait donc l’un des dignes héritiers des Daft Punk, Cassius et autres groupes de musique électronique des années 90-2000, version deuxième génération. Plus qu’un concept médiatique, cette expression désigne une façon de composer “plus brute, sans concession.”


Para One fait aussi la différence en choisissant de se montrer, dans un milieu qui a longtemps cultivé l’anonymat. Un changement lié à Internet, selon lui. Les réseaux sociaux tels que Facebook ou Myspace ont changé la donne.  « Les nouveaux moyens de distribution permettent d’avoir un contact direct avec le public. Les gens n’ont plus seulement accès à la musique mais à tout un faisceau d’informations : des images, du texte, des biographies… »


L’image, un support qui n’a jamais laissé Para One indifférent. Avec la bande originale du film Naissance des Pieuvres, nominé à Cannes dans la catégorie “un certain regard”, il avait déjà rétabli le contact avec son univers d’origine. Plus récemment il a réalisé lui-même un film sur la tournée américaine d’Institubes, One More Song. Après des études à la Femis, la célèbre école de cinéma, on n’en attendait pas moins de lui. Mais l’univers du 7ème art est totalement différent de celui qu’il fréquente actuellement. Pas facile de s’investir dans les deux.


Séduit par l’aspect festif de la musique, il a un petit côté intello insatisfait. Doctor Jekyll, il jouit de la rapidité avec laquelle un morceau peut naître le matin chez lui et enflammer les pistes le soir; Mr Hyde, il rêve des bibliothèques poussiéreuses et des années de préparation pour faire un film. Cette année il compte faire le grand saut, et commence l’écriture d’un long-métrage.


Insatiable, il n’oublie rien pour autant de sa carrière musicale. Il produit en ce moment même l’album d’un nouveau groupe, qu’il forme avec un artiste américain. Cela devrait être très différent de ce qu’il a composé jusqu’à présent. “Chaque nouveau projet doit être le contre-pied total de ce que j’ai fait auparavant”. Alors comment définir son style musical? Quand on lui pose la question, il livre sa réponse sans hésiter, content de sa bonne formule : “Je crée de la musique sentimentale par des moyens digitaux”. Une définition qui peut surprendre. Son côté poète, sans doute.


Pauline de Saint Remy

Pour en savoir plus sur Para One :

www.myspace.com/paraone

interview promotionnelle pour son album Epiphanie

One More Song, le film qu’il a réalisé sur la tournée d’Institubes : www.institubes.com/onemoresong/

 





Touchez la borne… la musique libre est à vous

19 12 2007

Une première en France, une borne musicale appelée l’Automazic est mis à disposition des usagers à la médiathèque de Gradignan. Grâce à cette borne, on peut télécharger des milliers de morceaux musicaux. Un public éclectique, de la mère au foyer à l’ adolescent en quête de nouveautés musicales, peut trouver son bonheur sans passer par la case internet. Derrière cette initiative, le site Dogmazic spécialisé dans la musique de licence libre.

 

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A peine inauguré, l’Automazic séduit déjà d’autres médiathèques en France.

 

 

   Une première en France! Télécharger, partager, écouter en toute légalité sans sortir un sou de sa poche est enfin une réalité. C’est à la médiathèque de Gradignan que les accros du téléchargement peuvent dire merci. N’importe qui, abonné ou pas, peut avoir accès grâce à l’Automazic, une borne intéractive unique en son genre, à près de 2000 artistes soit 17 000 morceaux et 1 300 heures de musique: folk, pop, électro, country, classique… Il suffit simplement d’apporter sa clé USB ou un disque dur externe pour télécharger ou encore de graver sur un CD ou un DVD . Trois cent vingt giga de données soit des milliers de fichiers peuvent être stockés sur le disque dur de l’automazic. Installée à l’entrée de l’espace multimédia, cette borne mesure 1,3 mètre, son écran tactile est très facile d’utilisation. Sur le plan esthétique, elle a un look futuriste et personnifié: l’ écran rectangulaire a l’air d’écouter un morceau avec son casque audio! Depuis la mise en place de ce prototype il y a trois semaines, il y a eu plus de 1500 téléchargements. Florence Agert, habituée de la médiathèque, s’est elle-aussi laissée tenter grâce à un animateur qui lui a expliqué comment elle fonctionne. « Ca me sert à découvrir des groupes méconnus. Je les écoute et si ça me plaît, je les télécharge sur ma clé USB. Pour l’instant, je n’ai pas eu le coup de foudre pour un artiste en particulier  mais je ne désespère pas.»

Le combat du site dogmazic
Les musiques téléchargeables ne relèvent pas de la Sacem. Elles appartiennent tous à des artistes français qui ont une licence libre. C’est l’assocation Musique libre, spécialisée dans la diffusion et la défense de ces musiques qui est à l’origine du projet. Son site Dogmazic transfère quotidiennement les nouveautés musicales sur l’Automazic de la médiathèque de Gradignan. L’ association Musique libre non lucrative, domiciliée à Bordeaux et rassemblant des passionnés de musique de toute la France, a travaillé sur sa création durant sept mois. Un concept original pour enrichir le catalogue musical existant des bibliothèques françaises, donner une visibilité plus importante aux artistes qui ont fait le choix de diffuser leurs oeuvres en licence libre. Pour Medhi Akkouche, animateur multimédia du site Dogmazic « le but est de médiatiser des artistes peu répandus dans les mass médias qui n’ont pas les moyens de se faire connaître.”   L’automazic a été pensé et étudié en concertation avec certains responsables des médiathèques de France (ACIM). Il est sur le point d’être commercialisé dans toute la France. Six médiathèques et discothèques françaises ont déjà passé commande. Facile, légale et gratuite (dans un cadre non commercial), la musique libre est devenue un véritable enjeu dans le monde actuel du disque. Engagement idéologique ou choix pratique pour les artistes.

Aucun risque pour les droits des artistes en licence libre.  Sylvette Peignon, responsable du service musique à la médiathèque de Gradignan.

 

Christelle Juteau