That’s poker !

19 12 2007

Du poker partout. A la télévision, au cinéma, sur Internet, comme cadeaux de Noël, la folie d’un des plus vieux jeux de cartes semble être dans le vent. Pourquoi un tel engouement pour ce jeu qui il n’y a pas encore si longtemps avait mauvaise réputation ? La mode de ce jeu s’installe jusque dans les bars. Tous les mardis au Kerouen, 3 rue Saint Nicolas à Bordeaux, les amateurs découvrent l’atmosphère d’une partie.

photo soirée poker

Au poker il faut savoir se coucher.

Une animation garantie.

“C’est la première fois que je joue et je gagne” s’exclame Laurence. Elle ramasse vers elle les jetons, rouges, verts et bleus qu’elle vient juste de remporter. Ses yeux brillent comme si ces rondelles de plastique allaient se transformer en espèces sonnantes et trébuchantes. Au Kerouen, l’ambiance se réchauffe et chacun y va de son petit commentaire. “Bah il n’aurait jamais dû payer c’était évident qu’elle avait une quinte. Moi j’avais rien du tout… Bon alors on joue aux cartes ou on discute ?”

Gaël Coat, le propriétaire du Kerouen explique que les soirées ludiques comme celles-là servent avant tout à créer de l’animation. Il y voit un moment agréable, détendu, qui fait vivre le bar durant la soirée en semaine. La mallette de jetons, les cartes, la table sont pour son commerce une forme d’investissement censée attirer la clientèle. L’établissement, ouvert depuis sept mois, ne possède pas de licence pour le jeu. Les parties sont donc gratuites, le but étant juste de passer “un bon moment”. “Il n’y a pas d’argent sur la table, pas d’enjeux réels, pas de honte ni de danger à perdre, l’important c’est de venir découvrir et de s’amuser.” Le patron déclare avoir appris le jeu en décidant d’instaurer ce rendez-vous hebdomadaire. A la question de savoir s’il est lui-même “joueur”, il répond: “Oui mais dans une moindre mesure, je me vois plutôt comme un animateur.”

Le poker en tant que motif afin d’organiser des soirées, lui est apparu comme une évidence. Des clients en avaient fait la demande. La cadence des parties de poker s’est peu à peu installée. Les personnes présentes ce soir sont des étudiants, des routiers, des fonctionnaires de police. On compte une moitié de joueurs expérimentés, des amateurs récents et quelque novice. En France, on estime à 500 000, le nombre de joueurs réguliers de poker.

Et c’est reparti pour une nouvelle donne. Ils sont une petite dizaine autour de la table. Le vieux tapis vert plein de bouloches des débuts a été remplacé par une table spéciale poker. Un support dépliable d’un mètre soixante-dix avec des symboles pour les cartes, et le mot poker reproduit dans les moindres recoins. “C’est bien parce que les cartes glissent mieux.”

Les joueurs assis se connaissent parfois, certains sont des habitués du bar, beaucoup tente leur chance pour la première fois. Il y a par exemple Greg, 22ans, infirmier à hôpital Haut-Lévêque. Il a appris avec des amis au début de l’année, il se souvient avoir regardé l’émission de poker de Canal + présenté par Patrick Bruel et Denis Balbir. Maintenant il préfère celle de Direct 8 même si Patrice Laffont n’est pas son présentateur “préféré“. Laurence s’est fait expliquer les règles par un ami qui l’a invité. Elle consulte de temps en temps un bout de papier. “C’est les combinaisons possibles avec les cartes, j’ai peur d’en oublier.”

Le phénomène poker.

Personne ne songe à proposer une partie de belote ou un tarot. Pourtant tous y jouaient auparavant. Depuis 2005, le poker s’est popularisé à un rythme effréné. Des saloons de cow-boys en passant par les arrière-salles dignes des tripots de gangsters, le poker a effectué son grand retour dans les médias. Les chaînes américaines et aujourd’hui françaises enregistrent des audiences record en diffusant les tournois internationaux. Des chaînes spécialisées, uniquement dédiées au poker apparaissent sur le câble. Internet n’est pas épargné non plus car il existe des centaines de sites, plus ou moins sécurisés, de parties en ligne.

Le nom du jeu vient du verbe anglais to poke, pousser ou attiser (qui a donné a poker, un tisonnier), dans le sens de « jeu qui incite, qui pousse au bluff ». Les hommes aussi bien que les femmes, tous se retrouvent gagner par la fièvre de ce jeu d’enchères et de psychologie. “J’ai les mains qui tremblent quand j’ai du jeu au poker. C’est pas comme à la belote.”

Ce qui a séduit les participants de ce soir dans le Texas hold’em ? La variante de poker actuellement la plus jouée et la plus connue. C’est la simplicité des règles mais surtout l’adrénaline et l’ambiance qu’une partie déclenche. Certains avouent jouer parfois 2 à 5 euros entre amis chez des particuliers. Les rares qui se sont déjà aventurés dans un casino disent n’avoir jamais essayé le poker à cause du prix et des risques. Personne n’a envie d’y laisser sa chemise, “sinon autant jouer au strip poker et finir tous à poils !”
Raphaël Burgos.

 

Actions

Information

Laissez un commentaire

Connecté sous ceci est un exercice. Déconnexion »
Vous pouvez utiliser ces étiquettes : <a href=”" title=”"> <abbr title=”"> <acronym title=”"> <b> <blockquote cite=”"> <cite> <code> <del datetime=”"> <em> <i> <q cite=”"> <strike> <strong>