90.10 FM, La Clé à contre-courant des ondes.

7 11 2009

Le pari était osé, mais la Clé des Ondes prouve qu’une radio sans pub et qui dure, c’est possible. Une grosse motivation, une bonne organisation et des gens qui ont des choses à dire sont les éléments de la réussite.

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Pas de pub, pas de luxe ; mais une indépendance complète.

Depuis juillet 1981, une radio pas comme les autres émet à Bordeaux. Mitterrand avait à peine libéré les ondes que quatre passionnés saisissaient l’opportunité de créer un outil d’expression populaire, indépendant et engagé. Lisez la suite de cette entrée »





Un mur à la mémoire des expulsés

6 11 2009



Liberté. Égalité. Fraternité. Honte.

Voici quatre des mots qui recouvrent tout un mur, place de la Mairie, à Billère. Il y en a beaucoup d’autres, de toutes les formes et de toutes les couleurs : engagement, solidarité, arbitraire, identité, citoyen, et bien sûr… expulsés. Nous sommes dans une petite ville de la banlieue de Pau ; une ville qui a donné la parole aux murs.

Le mur dans son intégralité
Un coeur, une France hostile, deux mains et vingt-trois mots : des symboles clairs pour un impact puissant.

L’idée d’une fresque est née il y a six mois dans l’esprit de Jean-Yves Lalanne, le maire socialiste de Billère. A cette même période, l’ancien militant de la LCR découvrit dans sa commune l’existence d’un local de rétention de la Police aux Frontières. Probable que la visite de ce lieu ait joué comme un déclic. L’œuvre a été inaugurée le 9 septembre dernier en compagnie de Martine Lignières-Cassou, députée-maire socialiste de Pau, et de l’association Réseau éducation sans frontières. Il lui fallait un nom, il s’est imposé de lui-même : le Mur des expulsés.

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Les “décodeurs” de la droite

19 12 2008
Depuis le 15 octobre 2007, un groupe d’anti-sarkozystes bordelais publie un “journal militant”. L’exergue du Décodeur : “la droite en clair”. Les articles sont signés par des pseudos, voyons “en clair” qui sont les contributeurs de la publication.

Les membres du collectif distribuent le Décodeur plusieurs fois par mois aux arrêts de tram

Les membres du collectif distribuent le Décodeur plusieurs fois par mois aux arrêts de tram

Pour trouver les membres du Crad33 (Collectif de résistance à la droite) ce lundi soir, il fallait se rendre au local de la LCR, rue Camille Sauvageau, traverser la salle de réunion où plusieurs membres du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) étaient installés autour d’une table, passer dans une autre pièce, vide, pour enfin accéder à un petit endroit : un gros néon, des copieurs, une plieuse, et des colonnes vertigineuses de papier vierge. Une imprimerie en quelque sorte. Maxime et Joëlle s’apprêtent à imprimer les 2000 exemplaires du Décodeur, le mensuel de leur collectif. D’emblée ils précisent que le parti d’Olivier Besancenot ne prête pas son matériel gratuitement : 10 centimes l’exemplaire, au final il faudra signer un chèque de 83,60 euros.
Indépendance
A leur début, un autre parti politique voulait leur offrir ces impressions. Ils ont refusé. Ils sont très attachés à leur indépendance. Ils s’affirment sans étiquette et ne veulent être affiliés à personne. « On ne veut pas d’un logo sur notre journal. Avec la pression d’un parti, c’est plus difficile de parler. Et les gens se méfient de ces partis.» explique Maxime. Pourtant, à la création du collectif pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, différents organes politiques ou associations l’ont soutenu comme les MJCF, ou AC ! Gironde, qui aujourd’hui encore prête son local pour ses comités de rédaction et de relecture du Décodeur. Après l’élection présidentielle, les partis politiques et les associations ont tourné le dos au Crad33. Mais certaines personnes “encartées” contribuent encore aujourd’hui au journal, mais à titre indivivuel. C’est le cas notamment d’un membre de la LCR.

Partage des tâches

Il est difficile de compter actuellement le nombre de membres du collectif, peut-être une quinzaine. Mais le va-et-vient est continu. En un peu plus d’an d’existence, on compte environ 30 signatures dans le journal. « Il y a des gens qui ne viennent qu’une fois, » précise Maxime. Lui, il est là depuis le début. Il fait partie de ses jeunes marqués par la lutte anti-CPE. “J’ai été encarté dans beaucoup de trucs.” précise-t-il. Aujourd’hui, il se consacre essentiellement au Crad33. Il n’a manqué qu’une seule impression de la publication. Ancien graphiste, sa formation professionnelle lui donne les compétences de gérer cette étape. Tout comme le site web. Un de leur principe est le partage du travail, alors pour ce qui est de la technique et de l’informatique, Maxime organise des formations, « mais ça prend pas beaucoup, » déplore-t-il.
Pour la majorité, ils ont entre 18 et 27 ans. Etudiants, chômeurs, ils ont en commun une certaine « fibre artistique ». En plus des pratiques de la musique et du théâtre, certains dessinent, Maxime n’est désormais plus le seul à illustrer le Décodeur. Joëlle est plus âgée que la moyenne, mais elle précise en rigolant que ce n’est pas elle la plus vieille : il y a une retraitée parmi eux. « Je m’éclate bien à écrire ça, » confie Joëlle. Indéniablement, elle contribue au Décodeur par convictions idéologiques, mais on sent aussi qu’elle est là pour soutenir ce collectif. Ce mois-ci elle a donné 45 euros à l’association. Et, elle consacre du temps à la diffusion du journal : « J’ai un copain qui reçoit plein de pubs avec des enveloppes pré-timbrées à destination de Rouen, Nantes, Paris, etc. Je les récupère, je les garde dans mon tiroir, et quand j’ai un peu de temps, je plie les Décodeur et je les glisse dans ces enveloppes. » C’est la première fois qu’elle raconte sa petite ruse pour « faire connaître » le mensuel dans toute la France.

“On n’est pas pressés par l’actualité”
S’ils signent leurs articles sous des pseudos, c’est par esprit de solidarité. En cas de problème avec la justice, ils diront que l’auteur a écrit via Internet, de façon anonyme. C’est le même principe qui les a poussés à ne pas former de bureau au sein de l’association, ils se sont constitués en « collège solidaire ». Chapos, “inter”, rubriques, brèves, les ingrédients du journal sont là. La maquette est probablement inspirée du “Canard Enchaîné”. D’ailleurs c’est l’une de leurs sources, qui sont très souvent dévoilées en notes de bas de pages. Ceux qui participent au Décodeur ne font pas ça à la légère. Les articles contiennent généralement beaucoup d’informations,  sont documentés et remplissent donc la fonction de “décryptage” qui caractérise le journal. Du coup, ils peuvent sembler parfois très “techniques”. Quitte à s’éloigner de la ligne éditoriale, certains auteurs se plaisent à  aborder des sujets plus généraux.

Et si la forme de la publication est rare pour un collectif militant de ce type, le journal ne contient pas de reportages, et le comité de rédaction ne fait aucune commande sur les sujets à traiter. « On n’est pas pressés par l’actualité, précise Joëlle, ça mène à Reuters et à l’AFP. », dans le numéro de décembre paraît d’ailleurs un article sur la conflit géorgien de cet été. Et puis, c’est surtout un manque de temps et de moyens. Alors Maxime glisse au passage que si des étudiants en journalisme voulaient contribuer au Décodeur…

Camille Chignac

Pour télécharger gratuitement le Décodeur au format PDF, cliquez ici.





Pas de camisole pour les magistrats

19 12 2008
Une robe de magistrat lors d'un essayage à l'ENM, l'habit des nouveaux auditeurs.
Une robe de magistrat, le 16 décembre 2008, jour de l’accueil des nouveaux auditeurs de justice à l’ENM. Un  habit de prestige pour une responsabilité qui peut être écrasante.

A partir de 2009 les candidats au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) devront satisfaire à des tests psychologiques pour être admis. Une épreuve supplémentaire pour accéder au prestigieux statut d’auditeur de justice. Mais surtout une réforme polémique puisqu’elle touche à un domaine particulièrement sensible : la santé psychique. Lisez la suite de cette entrée »





Bordeaux contre le SIDA : c’est l’intention qui compte

12 12 2008

Lundi 1er décembre 2008 : vingtième journée mondiale contre le SIDA. Comme chaque année, Bordeaux y participe. L’occasion de pointer les défauts concernant l’engagement de la ville.

Passants et membres de collectifs s'assemblent rue Sainte-Catherine

Les passants s'assemblent timidement aux militants dans une ambiance conviviale et chaleureuse

Lundi 1er. Place Saint-Projet. 18 heures. Une trentaine de militants de divers collectifs ont revêtu le tee-shirt rouge et blanc offert par Sidaction et IPPO*. Les deux associations sont les organisatrices bordelaises de la chaîne humaine de solidarité contre le SIDA. Une tradition qui projette chaque année de rassembler dans huit grandes villes françaises, jeunes et moins jeunes, militants, passants et malades autour d’une même cause. Une manifestation qui reste l’évènement principal de ces journées de lutte. A Bordeaux, on ne déroge pas à la règle : une chaîne et un stand AIDES, cela suffit pour se faire entendre. Et comme pour ajouter à la pauvreté des actions prévues, la chaîne doit se diriger vers le Grand Théâtre alors que le stand se dresse sur la place de la Victoire.

De 10 heures jusqu'au soir, les curieux approchent le stand Aides de la Victoire

Des fascicules, jeux et préservatifs sont mis à la disposition de tous les curieux

Sans l’intervention d’une militante, qui propose d’aller « rejoindre AIDES », le grand « rassemblement » prévu n’aurait pas eu lieu. Un rassemblement timide puisqu’une seule militante d’AIDES s’est jointe à la chaîne humaine. « Il y a un manque de coordination du tissu associatif, ici, à Bordeaux », déplore Maryse Tourne, trésorière de l’association IPPO et référente pour Sida Info Service. Ce qui ne facilite guère la mobilisation. Volonté de la part des associations ? « Un manque de moyens financiers », explicite Mme Tourne. Depuis quelques temps, les associations ont vu leurs subventions réduites. Une orientation nationale qui déteint sur le local : chacun « se tire la couverture à soi »

« On sent un désengagement »

« On a du mal à se faire entendre des pouvoirs publics. Mais on ne peut pas tout demander aux collectivités locales. C’est à l’Etat d’agir ». Un Etat qui se dédouane « complètement » selon Mme Tourne. Et pour le souligner, elle rappelle qu’aucun représentant du gouvernement français n’a fait l’honneur de sa présence à la 17ème conférence internationale contre le SIDA, à Mexico, en août dernier. A Bordeaux, en ce 1er décembre, aucun représentant de la mairie n’aura assisté aux manifestations. « Depuis l’arrivée des traitements dans les années 1990, la maladie est banalisée. Tout le monde pense qu’il n’y a plus de problème », précise Mme Tourne. Et tout le monde, ce sont aussi les médias. Le 1er décembre, les radios bordelaises diffusent quelques flashs sur le stand d’AIDES. Rien sur la chaîne de solidarité. Quant aux gratuits de la ville, silence au sujet des manifestations organisées. Sur le site de l’antenne bordelaise de Sida Info Service*, les événements datés du 1er décembre avaient déjà eu lieu la semaine précédente. Mme Tourne pointe du doigt « l’entrefilet ridicule » dans Sud Ouest. Mauvaises informations et relais médiatique local quasi inexistant, la journée bordelaise de lutte contre le SIDA pourrait faire sourire.

Dire et faire du bruit contre la maladie

A 19 heures, les militants réunis autour d’IPPO et Sidaction se serrent sur la place de la Victoire. L’ambiance est à la fête, en dépit des difficultés rencontrées en amont des manifestations. « Je crois que c’est un devoir de citoyen d’informer, de prévenir et d’accompagner », clame Maryse Tourne. De se rassembler aussi. Mais pour réveiller les politiques et l’opinion publique, « peut-être qu’il nous manque des coups de gueule dans le paysage national et local. »

Julie Rasplus

*Ippo – Information – Prévention – Proximitié – Orientation
14 rue Villedieu
33000 Bordeaux
05 56 92 25 37
Sida Info Service
Ecoute 24/24, confidentielle, anonyme et gratuite
0 800 840 800
Délégation bordelaise de Sida Info Service
173 bis rue Judaïque
33000 Bordeaux
bordeaux@sida-info-service.org




14-18 “Le camp des nègres” oublié

10 11 2008

Dès octobre 1914, l’Etat Major des Armées décide d’accroître le recrutement des troupes africaines. En France métropolitaine, deux sites, celui de Fréjus – Saint Raphaël et celui du Courneau en Gironde permettront l’accueil, l’entraînement et la réorganisation des bataillons tirailleurs sénégalais. Retour sur le camp dans le bassin d’Arcachon qui a accueilli 16 000 tirailleurs sénégalais d’avril 1916 à juillet 1917.


940 Sénégalais morts dans le camp

La faute à qui ?


16 000 tirailleurs Sénégalais sont passés par le camp de Courneau durant la Grande Guerre. 940 y sont morts. Un taux de mortalité très élevé. Si les historiens ont polémiqué sur le sacrifice des tirailleurs sénégalais au front, personne n’a pensé à ceux qui sont morts dans les camps, à l’arrière du conflit. Des morts moins glorieuses mais tout aussi tragiques. Ils sont morts de maladies car les conditions d’habitation et d’hygiène n’étaient pas adaptées à leur physiologie et à leur mode de vie. Si les historiens locaux ont une lecture neutre des faits recueillis, Salif Koala, historien burkinabé, spécialiste de la question coloniale en fait une analyse accusatrice. Il pointe du doigt l’irresponsabilité de l’Etat français.

Leur quotidien au camp

Jean-Pierre Caule, Jean-Michel Mormone et Patrick Boyer, historiens du Bassin d’Arcachon ont reconstitué les conditions de leur vie grâce à l’étude des courriers, des listes, des cartes postales de l’époque…


Si les tirailleurs sénégalais pensaient risquer leur vie au front à cause des balles, c’est d’abord à cause du climat et des mauvaises conditions d’habitation et d’hygiène dans leur camp d’accueil qu’ils risquaient leur vie.

De simples baraquements en bois

Les bâtiments, destinés à loger la troupe sont des baraques, longues de 30 mètres et larges de 6, peuvent recevoir 60 hommes, parfois plus soit 180 m2 pour 60 hommes. De construction légère, ossature de bois recouverte de toile goudronnée, elles manquent d’étanchéité à l’usage et laissent passer l’eau de pluie. Le sol de ces baraques est fait de terre battue. Le chauffage est assuré par des poêles bois-charbon, l’éclairage par des lampes à carbure et pétrole : les bougies sont interdites. Il n’y a de l’électricité que pour l’hôpital fournie par un groupe électrogène.

Politique d’hygiène insuffisante

“Chaque unité fait nettoyer dès le réveil l’intérieur des édicules de son secteur. Le service d’assainissement du camp fait répandre des produits antiseptiques à l’intérieur et à l’extérieur des édicules…” Malgré une prise de conscience tardive de l’Etat major de l’Armée à la Direction des Troupes Coloniales, le taux de mortalité élevé n’est pas enrayé. On recense 940 décès de juin 1916 à juillet 1917. Beaucoup meurent d’affections pulmonaires. Le personnel médical accueille près de 16.000 combattants en décembre 1916. Et le 72e bataillon de tirailleurs sénégalais, le seul à rester sur le site après le départ général, en paye le prix fort. 170 de ses soldats sont déc
édés. (Voir l’encadré a).

Morts à l’arrière

Dès juin 1916, le nombre de décès est suffisamment important pour que l’on décide par arrêté préfectoral du 19.07.1916, de créer un emplacement pour recevoir la sépulture des soldats sénégalais décédés au camp. Cet emplacement est situé sur la section F N°116 du plan cadastral de la commune de La Teste au lieu dit « Natus de haut » à 1 km du camp.
Salif Koala, historien spécialiste de la question coloniale est allé se recueillir en octobre 2008 devant la stèle érigée en 1950. Il a étudié les archives du camp de Courneau. Il donne son sentiment sur la vraie raison de ce gâchis.

 

 

Pas sur le même pied d’égalité que les militaires français… Dans ce cas, les tirailleurs de ce camp ont payé le prix fort des restes de la colonisation (Voir l’ encadré b). Depuis deux ans, on entend beaucoup parler de la cause des tirailleurs de la Seconde guerre mondiale. L’opinion publique leur est acquise grâce au film “Indigènes”. Du coup, l’Etat français fait un effort avec la hausse des pensions. Pour les descendants des tirailleurs de la Grande guerre, c’est plus compliqué. S’ils voulaient apporter la preuve de leur parenté avec des poilus du camp de Courneau, originaires des quatre coins de l’Afrique de l’Ouest, sans papier d’identité au début du siècle… ce serait comme remonter au front.

 

Christelle JUTEAU

 

Encadré a : Situation sanitaire au Camp du Courneau

Novembre 1916

Dates

Nombre d’entrées à l’hôpital

Nombre de décès

Du 1er au 7 novembre

144

12 (8,33%)

Du 8 au 14 novembre

149

5 (3,36%)

Du 15 au 21 novembre

134

11 (8,21%)

Du 22 au 28 novembre

138

14 (10,1%)

Du 29 novembre au 5 décembre

176

39 (22,2%)

 

(Source 2)

Encadré b : Extraits de courriers des officiers français. Les tirailleurs sénégalais perçus par eux.

Le 1/07/16 un sergent major du 64ième BTS écrit:


” A la première compagnie du 64ième les races ne sont pas les mêmes. Nous avons des Woloffs, des Baoulés, des Sarakolés, des Sossos, tandis qu’à mon ancienne Cie j’avais des Bambaras, ces derniers sont plus fidèles et plus francs que les Woloffs mais tous marchent bien quand même… “

 

Le 10/03/17, un autre courrier montre le caractère aigri du rédacteur:

” Me voilà définitivement replongé au milieu des noirs et en plus dans un camp éloigné de 8 km de La Teste petit village qui ne doit son importance qu’au camp qui le fait vivre. Aucune distraction. Tout le cadre ici réclame le front comme faveur.”

 

(source 1)

 

 

Sources:

1) Jean-Pierre CAULE, Patrick BOYER, Jean-Michel MORMONE, “1914-1918 Le Bassin d’Arcachon”, société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, novembre 2008.

2) “L’appel à l’Empire”

www.histoire-immigration.fr/index.php?lg=fr&nav=833&flash=0

 

3) “A la mémoire de la force noire: un siècle d’histoire”

http://www.crdp-reims.fr/memoire/lieux/1GM_CA/monuments/01armeenoire.htm#force_noire

 

Lire:

Chantal ANTIER-RENAUD et Christian LE CORRE, “Les soldats des colonies dans la Première Guerre mondiale”, Histoire, Ouest-France, 2008.

Eugène-Jean DUVAL, “l’épopée de tirailleurs sénégalais”, Paris, L’Harmattan, 2005.


 

 

 

 

 

 





Une journée avec…

6 12 2007

Matthieu Rouveyre est l’attaché de presse du candidat socialiste pour les prochaines municipales à Bordeaux. Nous l’avons suivi pendant une journée de séduction auprès de l’électorat bordelais.

Matthieu Rouveyre entre en campagne. Le benjamin du conseil municipal de Bordeaux n’a pas peur d’enfiler plusieurs casquettes. Attaché de presse d’Alain Rousset pour les municipales de mars 2008, le socialiste vient d’être investi candidat pour les prochaines cantonnales Lisez la suite de cette entrée »





Peut-on tout dire à une AG étudiante?

6 12 2007

Le fonctionnement démocratique des Assemblées Générales étudiantes organisées pour prendre position sur la loi Pécresse dans les dernières semaines a été très largement contesté. Qu’on soit pour ou contre le blocage des universités, les voix se sont élevées pour dénoncer le non-respect de la liberté de parole. Alors, peut-on tout dire à une AG? Ou s’agit-il de méthodes “staliniennes”, comme on a pu l’entendre? Exemple concret avec l’AG de Bordeaux 3 le vendredi 16 novembre.

 

Organisation sans faille.
Dès les premières minutes, le ton est donné. Six étudiants sont à la tribune, et leurs rôles sont bien répartis : un “présentateur en chef”, un analyste de la loi, les autres étudiants s’occupant de l’organisation matérielle. Tout cela n’est pas improvisé, si ce n’est une sono capriceuse. Les tours de parole sont respectés.

Une tribune organisée et méthodique.

Une tribune organisée et méthodique.
Un micro, plusieurs étudiants.
Le moteur tourne bien : il y aura quatre temps lors de cette AG. Présentation de la loi, débat sur la loi, débat sur les modalités d’action, et enfin vote “spatial”, c’est-à-dire en se dirigeant vers une porte définie selon son opinion. C’est surtout lors des débats et du vote que le caractère démocratique des AG est remis en cause. Les débats sur la loi commencent. Un cheminot solidaire et un étudiant parlent de capital et de privatisation des facs. Le public -2000 personnes sur le parvis- approuve bruyamment. Un autre défend mai 68, une étudiante tchèque constate le délabrement de l’université et milite donc pour l’entrée de fonds privés à l’université. Son propos est respecté. Seul incident, un étudiant en droit se lance dans une tirade anti-blocage : son micro est coupé après deux avertissements, car il ne respecte pas le protocole prévu. On l’invite à revenir parler plus tard, lors du débat sur les modalités d’action.

Julien défend l’héritage de mai 68 et l’espace de liberté universitaire :

David s’attaque à la loi Pécresse et se fait le héraut des petites facs :

Nadia, étudiante tchèque, s’inquiète de l’état des universités et légitime la loi Pécresse:


Parmi le public, des opposants au blocage s’expriment librement.
Parmi le public, des opposants au blocage s’expriment librement.

Finalement, la parole est plutôt libre, et les réactions marquées du public n’empêchent pas le bon déroulement de l’AG. Des étudiants opposés au blocage brandissent des pancartes, d’autres donnent de la voix pour soutenir leur ami, amusés de voir celui-ci jouer au tribun. Le vote final donnera raison aux bloqueurs, aux deux tiers environ, après un vote clair et incontestable, même si il ne se déroule pas à bulletion secret. Les discussions passionnées se poursuivent sur le parvis. On est bien loin de l’image d’une université sous tension, d’une AG expéditive. Ce jour-là, Bordeaux 3 a été bloquée, et toutes les parties ont pu s’exprimer. La démocratie est sauve, au moins pour cette fois.

Et ailleurs? 
Si cette Ag à Bordeaux 3 s’est plutôt bien, déroulée, il n’en a pas été de même lors des différentes AG organisées dans les universités françaises. Un petit tour d’horizon des vidéos sur la toile en témoigne:

A Dijon, le vote semble pour le moins désorganisé : http://fr.youtube.com/watch?v=_P-RaD-OgVo

Situation tendue à Lille 3 où un étudiant virulent se fait sortir : http://fr.youtube.com/watch?v=VGz5xPVQKrQ&feature=related

Reportage réalisé par Benjamin König.