Bio-dynamie : au nom de l’être, de l’âme et de la Sainte Nature

14 11 2009

 

La bio-dynamie se veut systémique: elle promeut le développement total de l’être humain et désire conserver une relation fusionnelle entre l’âme, l’élément et l’aliment. Associée au mouvement anthroposophique, l’agriculture bio-dynamique se développe en marge de la vague verte du bio. Entre science et conscience, il n’y a qu’un pas, qu’a franchi Paul Barre il y a 20 ans.

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Histoire d’un converti

5 12 2007

Samedi après-midi, Grande Mosquée de Bordeaux, rue Jules Guesde. Ils sont quatre, assis sur la moquette de la salle des prières et n’ont pas plus de 24 ans. La conversation s’anime autour d’une sourate du Coran, textes et livres à la main. Parmi eux, Nathaniel Zamora, jeune Bordelais de 21 ans, s’est récemment converti à l’Islam.


“Dans ma religion, je n’ai pas le droit d’être reconnu sur une photo” affirme Nathaniel.


“Dans ma religion, je n’ai pas le droit d’être reconnu sur une photo” affirme Nathaniel.

“Maintenant, oui, j’ai peur de l’enfer…” Les cheveux bruns, impeccablement coiffés en arrière, le sourire facile, jeans, blouson bien taillé et baskets à la mode, il ne ressemble guère à ceux qu’il surnomme avec malice, “les barbus de la mosquée”.
Un père brocanteur, une mère au foyer, tous les deux catholiques non pratiquants, rien ne semblait prédestiner Nathaniel à la quête théologique. Il décrit lui-même son enfance comme celle d’un athée peu inquiet des questions religieuses. On ne saura pas ce qui va pousser ce jeune homme un peu maigre à se tourner vers la foi. Sans doute l’ignore-t-il lui-même. Pourtant, à l’âge de 16 ans, alors qu’il abandonne ses études, il va se choisir lui-même une religion. Il commence alors à lire les livres: la bible, la Torah… “Je cherchais la religion la plus pure” avoue-t-il. Finalement, ce sera le protestantisme. A 18 ans, il épouse sa voisine, musulmane non pratiquante dont il divorcera un an plus tard. Ce premier contact avec l’Islam laisse une impression mitigée à cet adolescent intransigeant: “ils ne comprenaient pas leur religion. Ça m’en donnait une mauvaise image”. Il décide pourtant de se pencher sur les textes, commence à étudier le Coran et prononce à 19 ans son attestation de foi.

Ne lui parlez pas de fondamentalisme, ni de terrorisme. Pour tout dire, ne lui parlez pas de politique! Car pour lui, l’Islam n’est pas un héritage et encore moins une revendication: “Je cherche le message authentique du prophète, ça ne m’interesse pas l’Islam du Maroc, de l’Algérie ou de l’Arabie Saoudite!” Et la quête est longue pour ce jeune homme qui s’avoue parfois “extrême dans les textes” et qui déclare passer plusieurs heures par jour à les étudier. “Au début, j’allais voir les barbus à la mosquée rue Jules Guesde ou dans les librairies spécialisées. Comme j’ai le contact facile, je rentrais directement dans le tas!” Il se fait conseiller des livres, des sites internet, assiste aux conférences et aux prêches des imams mais continue à s’intéresser aux autres religions.

“Mon père ne comprend pas les règles que je m’impose” déclare Nathaniel en arborant un sourire juvénile emprunt de fierté. Pour ce jeune converti, c’est un véritable changement de vie auquel il tente de s’astreindre. D’abord, cinq prières par jour. La plus dure, c’est celle de l’aube qu’il avoue manquer parfois. Ensuite, s’éloigner des images: “Quand quelqu’un me manque, j’essaie de ne pas me rabattre sur la photo.” Encore au programme, la musique qu’il avoue avoir du mal à abandonner.

Selon Fouad Saanadi, imam de la mosquée d’El Huda à Bordeaux, l’Islam en France a affaire à une nouvelle génération de pratiquants. Cette nouvelle génération, serait en quête de théorie, d’érudition et tendrait à dissocier l’Islam de tout héritage culturel. Selon M. Saanadi cette recherche d’authenticité et cette volonté de se confronter aux textes peuvent constituer un rempart contre l’extrémisme. Néanmoins il estime que ces recherches doivent être encadrées car l’isolement du croyant peut le rendre vulnérable au fondamentalisme. Dans ce contexte, il estime que le rôle de la mosquée est de favoriser un Islam ouvert sur la cité, intégré et en lien avec les autres institutions.