Vivre avec le virus du Sida et devenir maman : possible ?

14 11 2009

Les chiffres parlent d’eux mêmes: les femmes représentent 42 % des nouvelles contaminations par le VIH, remettant naturellement en cause le désir de grossesse de milliers d’entre elles.

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L'accompagnement médical est la seule solution pour les couples, de concevoir un enfant en toute sécurité

Sophie ( le prénom a été modifié ) a appris sa séropositivité à l’âge de 20 ans. Insouciante et pleine de vie, elle n’avait jamais pensé pouvoir un instant contracter un virus qui, pour elle ne concernait que les personnes homosexuelles ou dépendantes à la drogue. Quelques problèmes gynécologiques l’ont amenés à subir un test de dépistage du Sida. Aucune inquiétude à avoir pour Sophie puisqu’elle n’avait pas de comportement à risque et fréquentait son compagnon depuis près de 2 ans. Il était son premier grand amour.

A l’annonce des résultats, Sophie est sous le choc et n’accepte pas la vérité révélée par le test. Elle demande un second examen dont le résultat s’est également avéré positif. Une fois sortie de l’hôpital, elle pense “ qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant, qu‘elle ne rencontrera jamais personne et qu’elle va mourir seule.” Lisez la suite de cette entrée »





Démence j’oublie tout. Voyage au coeur d’Alzheimer.

6 11 2009

Placer un proche atteint de la maladie d’Alzheimer est une décision difficile à prendre, mais souvent la meilleure. Visite d’un service spécialisé dans l’accueil de ces malades.

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L'errance, un des comportements lié à la maladie.

Il est 17h à l’étage –2 d’Albodi, la maison de retraite médicalisée de Bardos. Huit résidents sont assis en cercle et s’envoient un ballon, dirigés par une aide-soignante. Les résidents sont aux aguets, ils éclatent de rire quand l’un d’entre eux n’arrive pas à rattraper le ballon. M. Y *, ancien rugbyman, provoque des bravos quand il intercepte une passe particulièrement difficile. Une scène qui semble somme toute banale. Et pourtant. Ces huit résidents sont atteints de la maladie d’Alzheimer, forme la plus connue de démence, ou « réduction acquise des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie de la personne et entraîner une perte d’autonomie ». La maladie d’Alzheimer, c’est 800 000 cas en France, 100 000 nouveaux cas par an, une évolution en 10 ans vers la grabatisation. Trouble de l’humeur et du comportement, déclin cognitif, perte d’autonomie, quand les symptômes s’accumulent les familles sont souvent obligées de placer le malade en institution spécialisée, une décision difficile à prendre.

« Pourvu qu’on puisse la sortir de là rapidement », telle fut la réaction du fils de Mme S. après la décision de la déménager à la ZAPAD –zone d’accueil pour personnes âgées déambulantes-. Lisez la suite de cette entrée »





Pellegrin : un mois de grève pour les sage-femmes

6 02 2009

29ème jour de grève à la maternité de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux. Pour cent sage-femmes, 4300 accouchements par an, et plus de 80 % des grossesses sont pathologiques. Elles ne peuvent plus assumer sereinement la sécurité des patientes et de leur bébé. Souvent, elles se retrouvent seules pour s’occuper de plus de vingt mamans et doivent revenir sur leurs jours de repos. En décembre dernier, les sage-femmes ont craqué et le 5 janvier, elles lancent leur mouvement de grève. Conséquence : elles assurent un service minimum. Mais le manque d’effectif les oblige à travailler comme avant. Une grève symbolique qui gagne l’ensemble du personnel hospitalier. Retour sur un mois de conflit.

Le 29 janvier, les sage-femmes rejoignent le cortège. Rue des Remparts, à Bordeaux
Le 29 janvier, les sage-femmes rejoignent le cortège. Rue des Remparts.

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Sida Info Service à la rescousse des tatoueurs et perceurs aquitains

19 12 2008

En février dernier et sans aucune concertation, un décret est paru, qui impose à la profession des règles d’hygiène et d’organisation parfois draconiennes. Optimiste, le pôle bordelais de Sida Info Service prend le contre-pied de la position des professionnels, parfois pris au dépourvus : le respect strict de la loi ne doit pas être une contrainte mais au contraire une plus-value et un gage de qualité.

Denis Cormel

Denis Cormel, tatoueur chez Feeling Tatoo à Bordeaux, est déjà aux normes d'hygiène prévues par la future loi

UNE INITIATIVE VENUE D’AQUITAINE

Formations sur la transmission des maladies et les risques d’hépatites, salle exclusivement dédiée à l’hygiène, affichage des risques auxquels les clients s’exposent : les professionnels du tatouages et du piercing vont rapidement devoir faire peau neuve afin de se mettre en accord avec ces nouvelles obligations. Le pôle Sida Info Service de Bordeaux a été le premier a en être conscient. Un chamboulement en perspective pour la profession ? Pas tout à fait. Fathia Vrangkx, déléguée régionale de l’association, rappelle que même « s’il n’y avait aucun protocole d’hygiène demandé par l’État, comme on peut le trouver dans un laboratoire ou dans un centre de soin, cela ne veut pas dire que les tatoueurs n’étaient pas formés : la plupart du temps, en autodidactes et en bon professionnels, ils  le sont, mais de manière non coordonnée et non mutualisée ».

« NOUS ALLONS TROUVER DES SOLUTIONS »

Cependant, certaines mesures du décret restent pour le moins draconiennes, et l’aide de Sida Info Service Bordeaux aux 128 tatoueurs de la région, appréciable : ainsi, comment aménager une salle de décontamination du matériel quand les boutiques ne disposent pas de la surface nécessaire ? Comment informer les clients de manière claire, synthétique et précise, sur les procédures d’hygiène et de salubrité, les risques encourus suite à une effraction cutanée, les précautions à respecter ? A qui les professionnels doivent-ils s’adresser pour les formations à suivre ? Après un décret paru sans concertation, les professionnels se retrouvent dans le flou, alors qu’aucun accompagnement n’est prévu par l’État. C’est ici que Sida Info Service intervient. L’association au ruban rouge propose « un accompagnement participatif : plutôt que de se retrouver au pied du mur quand les arrêtés du décret seront sortis, nous allons leur proposer des formations en amont sur les risque d’hépatites, et nous allons également nous intéresser au protocole de nettoyage de leur établissement ». Autre problème, autre solution : pour le document informatif à destination de la clientèle, Fathia Vrangkx expose le projet d’ « une charte commune à l’ensemble des tatoueurs perceurs d’Aquitaine », un document unique accompagné d’un contrat qui sera remis aux futurs tatoués et percés pour qu’ils puissent prendre leur décision en connaissance de cause.

LA LOI COMME GAGE DE QUALITE

La position de Sida Info Service sur ce dossier est claire : le décret ne doit pas être une entrave à leur pratique, au contraire. La charte, par exemple, doit être une plus-value pour la clientèle : « nous voulons créer un label qualité à destination des clients, qui garantira notamment que le contrôle sanitaire de la DASS aura été fait, et que la boutique respecte les conditions d’hygiène. En tant qu’acteur de santé publique, il est de notre rôle de proposer aux usagers un tatouage sans risque de maladie ». Le compte à rebours a donc commencé : à partir de la sortie des arrêtés du décret, attendus en début d’année prochaine, ce partenariat aura un an pour aboutir à un respect strict de la loi. Tout ceci afin que ce que les uns appellent la clientèle, les autres les usagers, puissent se faire tatouer et percer dans de bonnes conditions.

“MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS”

Catherine Diarte Cormel, dite “Cathy”, est gérante de “Feeling Tatoo” dans le centre ville de Bordeaux. La perceuse de profession salue l’initiative du pôle aquitain de Sida Info Service. Entièrement satisfaite par le contenu du décret, elle est déjà parfaitement aux normes d’hygiène dans sa boutique et n’attend plus que l’entrée en vigueur de la loi.

Mélanie Vives





Tournée d’un kiné dans la cité, deux mains pour des maux

19 12 2008

imgp5228Samedi 29 novembre, 9h15, rue Camille Pelletan, Cenon. La voiture est bleue GDF. Mais pas de compteurs à relever, ni de chaudières à vérifier. Masseur-kinésithérapeute, Jean-Philippe entame la tournée des domiciles de ses patients sur la commune et zone franche de Cenon, en banlieue de Bordeaux. Tournée allégée ce samedi : quinze patients contre vingt-trois, la veille, sur les communes de Floirac, Lormont et Cenon.

Jean-Philippe s’excuse pour le retard. Ce sont les patients qui doivent s’interroger… « Tu fais ce que tu veux. Comme ça, je ne suis pas là en même temps que l’infirmière ou l’auxiliaire de vie. Les patients qui bénéficient de prescription à domicile sont censés être disponibles. La plupart savent que tu fais ce que tu peux ». Jean-Philippe aménage donc sa journée comme il le souhaite. Et il connaît toutes ses adresses de tête.

11h32. Alzheimer, prothèse et problèmes respiratoires. « Ca fait longtemps que je connais cette patiente. C’est toujours une séance difficile, qui la fatigue beaucoup ». La faire marcher, travailler son équilibre, mobiliser la colonne vertébrale en dissociant les épaules du bassin. Et ce pendant vingt minutes. Aujourd’hui, la séance a duré dix minutes. «Elle était essoufflée, elle n’en pouvait plus ». Jean-Philippe fait la tournée des domiciles les vendredis et les samedis, une à deux fois par mois, et quelques semaines par an. Le reste du temps, il mène une thèse en sciences du mouvement sous le soleil de Marseille. Huit jours de tournée en libéral, c’est un SMIC net dans la poche. De quoi financer l’émulation intellectuelle dont il ne peut se passer. Quand la pratique nourrit la théorie et inversement…

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12h10. « On est proche du soin palliatif » avec le sixième patient d’une soixantaine d’années. « Les fonctions vitales sont toujours OK, mais suite à un traumatisme crânien, il ne récupèrera jamais. Beaucoup de personnes que je visite ont abandonné leur vie ». Les jours de tournée de Jean-Philippe permettent à son collègue de souffler un peu et de profiter de sa famille. Jean-Philippe pense à rapatrier l’ensemble de ses activités sur Marseille mais impossible de dégoter un remplaçant…

14h30. Fin d’une intervention urgente. La patiente souffre de la maladie de Parkinson. En crise, elle avait glissé de son fauteuil. Depuis combien de temps ? Jean-Philippe veille à ce qu’elle prenne son médicament. Que le calme revienne. Pas une intervention « kiné » à proprement parler mais « c’est aussi ça le métier. Deux fois par an, je dois appeler les pompiers pour des patients mourants ». Le quotidien d’un kiné en tournée dans les cités, c’est se confronter, six jours sur sept, à des patients gériatriques, dépendants ou pré-dépendants… et souvent pauvres. Et ce, par tous les temps, le siège passager pour seul bureau. « Nous, on bosse tous les samedis et le 24 décembre. Y’en a beaucoup des kinés en cabinet qui travaillent le samedi et la veille de Noël ? ». Être habillé normalement. Ne pas avoir une trop belle voiture pour éviter d’attirer l’attention. Trouver la bonne clé dans le trousseau. Supporter le chien, la femme ou le mari. S’adapter à l’inconfort du domicile. Pas de table de travail. Juste un petit café offert de temps en temps…

imgp5158115h15. Sur le parking de l’immeuble, Jean-Philippe donne le bras à une toute petite dame âgée, aux cheveux blancs. Ils en font le tour à petits pas. Une fois. Deux fois. Pas trois. Retour à l’appartement pour quelques exercices. En sus de la visite du kinésithérapeute trois à six fois par semaine, le patient reçoit la visite de l’infirmière matin et soir, de l’auxiliaire de vie tous les jours, du médecin tous les quinze jours… Du boulot, y en aurait pour trois, pour cinq, pour dix… « Il y a des personnes qui ne reçoivent pas de soins car il n’y a pas de kiné à disposition. On est dans l’impossibilité pratique de prendre de nouveaux patients. Il y a une pénurie de kinés dans toutes les banlieues, alors pour les tournées à domiciles dans les banlieues… » Maintenir la continuité du service public, pour soulager les maux du corps, de la vieillesse et de l’isolement, jusqu’à la nuit tombée…

Benoît MARTIN

Zone franche urbaine

Définition 1. Selon Littré, « se dit d’une certaine étendue de pays soumis à des droits de douane plus ou moins forts que dans telle autre portion du même Etat ». En France, le dispositif de « zone franche urbaine » repose sur cinq exonérations fiscales et sociales, octroyées aux entreprises sous certaines conditions : exonération d’impôts sur les bénéfices, de la taxe professionnelle, de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de certaines charges sociales salariales et patronales.

Définition 2. Banlieue très pauvre d’une ville.

Pas franchement la zone…

Un petit graffiti hésitant proclame fièrement « Palmer en force » à côté de l’interphone. Cité Palmer, Cenon, en zone franche. Succession de barres d’immeubles de trois étages. Les sapins qui les bordent sont plus imposants que les blocs. Une dame s’échine à installer les décorations de Noël sur son balcon, en engueulant son chien qui la chatouille périodiquement. Des merles et des moineaux volètent deci delà. Mais les chants ne collent pas avec les volatiles. Au loin, la sérénade d’un canari et le crissement d’une perruche tranchent avec la faune, la végétation et le climat locaux. René Descartes, Voltaire, Colette, Salvadore Allende… Le nom des rues incite à la révolution philosophique et politique. Peu de passages de piétons ou d’automobiles, si ce n’est pour converger vers le centre commercial tout proche. Les auto-écoles préparent leurs élèves dans le calme de ce samedi matin pluvieux.

Opération réussie

Médecin généraliste, dermatologue-vénérologue, gynécologue, radiologue, oto-rhino-laryngologue, médecin du sport, cardiologue, ophtalmologue, endocrinologue, sexologue, psychiatre… et un vétérinaire. Avenue René Cassagne, à Cenon, c’est l’artère de la santé, le royaume franchisé de la remise en état. Pas un pas sans une plaque. Opération réussie ! Le dispositif de zone franche urbaine a permis de désenclaver le quartier et de créer un réseau de professionnels médicaux et para-médicaux.





Pas de camisole pour les magistrats

19 12 2008
Une robe de magistrat lors d'un essayage à l'ENM, l'habit des nouveaux auditeurs.
Une robe de magistrat, le 16 décembre 2008, jour de l’accueil des nouveaux auditeurs de justice à l’ENM. Un  habit de prestige pour une responsabilité qui peut être écrasante.

A partir de 2009 les candidats au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) devront satisfaire à des tests psychologiques pour être admis. Une épreuve supplémentaire pour accéder au prestigieux statut d’auditeur de justice. Mais surtout une réforme polémique puisqu’elle touche à un domaine particulièrement sensible : la santé psychique. Lisez la suite de cette entrée »





“Si tu es triste, que tu as un gros chagrin…”

4 12 2007

Les psys de Bordeaux sont sur le pied de guerre. La nouvelle campagne sur la dépression organisée par le gouvernement est la raison de leur grogne : la prescription d’antidépresseurs est la seule réponse apportée par le ministère de la santé au mal-être des citoyens, délaissant le suivi par des psychanalistes. Ces derniers préviennent du danger de la banalisation des psychotropes, alors que déjà la Françe est le pays où l’on en consomme le plus au monde.

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Le ministère de la santé a lancé depuis le début du mois de novembre une vaste campagne d’information sur la dépression. Par l’intermédiaire de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), le gouvernement a fait distribuer près d’un million de livrets en forme de guide pratique aux professionnels ainsi qu’aux particuliers, et de nombreux spots ont été diffusés à la radio et à la télévision. Cependant le message véhiculé par cette campagne est loin de susciter l’enthousiasme parmi la communauté des psys. Psychanalystes et psychothérapeutes dénoncent une simplification excessive des symptômes de la dépression et une banalisation du traitement médicamenteux. Les professionnels bordelais ont été nombreux à manifester leur désaccord : ils ont d’abord rédigé de longs articles dans un numéro spécial de la revue lacanienne « Le Nouvel Âne » entièrement consacré à la critique du guide antidépression, puis un forum extraordinaire a été organisé à Paris samedi 24 novembre sous la direction de Carole Dewanbrechies-La Sagna, une psychanalyste bordelaise, sur le thème « Contre le tout quantifié ».

 

Une campagne dangereuse

Les campagne d’information et de prévention organisées à l’échelle nationale ont déjà fait leur preuve et montrent souvent des résultats positifs. C’est le cas de la prévention contre le sida dans les années 80-90 par exemple, qui a entraîné une stabilisation du nombre de personnes contaminées. Mais cette campagne-ci est différente. Prenons les spots radio, par exemple, où on entend un homme qui nous raconte que son père n’a plus d’appétit, qu’il n’a plus goût à rien et qu’il paraît bien triste. « Ce sont des affects de l’être humain, liés à l’existence même » explique la psychologue Catherine Lacaze-Paule. « Ces émotions n’ont rien à voir avec une maladie, ils sont inhérents a la nature humaine et sont tout à fait normaux. Instiller l’idée que ces affects sont une maladie est tout à fait scandaleux! » scande t-elle. Il s’agit pour elle d’une approche comportementaliste de la dépression, une sorte de conditionnement qui établirait un raccourci édifiant : être triste signifie être malade. Les effets de cette campagne se font déjà sentir et de plus en plus de gens arrivent à son cabinet en étant persuadés de souffrir de la dépression.

Pour Catherine Lacaze-Paule il y a une volonté politique de créer un climat de peur. En effet à la radio on peut entendre le lundi qu’on est sûrement dépressif, le mardi qu’un gaz inodore peut nous tuer dans notre sommeil, et le mercredi c’est un communiqué de l’observatoire national sur la délinquance qui nous raconte que 50% des violences sur les individus sont intra-familiales. « Cela créé un climat inquiétant, le danger est partout. Pour les violences au sein de la famille comme pour la dépression : ça fait exister le problème même si cela ne vous concerne pas ».

 

Un petit cachet et le problême est réglé

Le guide pratique distribué par l’INPES et qui s’intitule « La dépression. En savoir plus pour en sortir (plus) » nous explique comment faire pour soigner cette terrible maladie dont tout le monde souffre : avec des médicaments. Sachant que, premièrement, la France est le premier pays consommateur de psychotropes au monde et que deuxièmement le gouvernement veut faire des économies (particulièrement dans le domaine de la santé), on ne saisit pas vraiment l’intérêt d’une telle campagne. De plus, le guide omet de parler de la psychanalyse pour accompagner la prise d’un antidépresseur. « Il s’agit d’un mouchoir chimique posé sur le problème » martèle Carole Dewanbrechies-La Sagna. « Il n’est pas évoqué une seule fois la question du suivi et des effets secondaires de ces médicaments. C’est une réponse immédiate sans solution à long terme » complète Catherine Lacaze-Paule. Le véritable défaut du guide c’est qu’il banalise totalement l’usage de tels médicaments et que la distinction qui est faite entre la déprime légère et la dépression grave est totalement floue.

La Haute Autorité de santé (HAS) à publié le 9 novembre dernier un communiqué qui constate qu’il y a trop de prescription de médicaments psychotropes. « La consommation de ces médicaments est excessive et tend à se banaliser » rapporte le document. Donc, à peu près à la même période et après avoir entendu ces conclusions, le ministère de la santé décide de mettre en place une campagne qui transforme en dépressif toute personne qui a un jour ressentit de la tristesse et préconise d’aller voir son médecin traitant. Or la seule formation que les médecins généralistes ont sur les antidépresseurs est effectuée par les laboratoires eux-mêmes. Mais c’est qui qui donc qui va profiter de toute cette belle déprime?

François Goulin

    Références:

- Spots radio
- Guide d’information sur la dépréssion de l’INPES(92 pages)