90.10 FM, La Clé à contre-courant des ondes.

7 11 2009

Le pari était osé, mais la Clé des Ondes prouve qu’une radio sans pub et qui dure, c’est possible. Une grosse motivation, une bonne organisation et des gens qui ont des choses à dire sont les éléments de la réussite.

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Pas de pub, pas de luxe ; mais une indépendance complète.

Depuis juillet 1981, une radio pas comme les autres émet à Bordeaux. Mitterrand avait à peine libéré les ondes que quatre passionnés saisissaient l’opportunité de créer un outil d’expression populaire, indépendant et engagé. Lisez la suite de cette entrée »





Dur quotidien aux Restos du Coeur

6 11 2009

Le point de distribution du XIXè arrondissement à Paris met à disposition des repas chauds toute l’année. Neuf cent bénéficiaires y sont inscrits. Même s’ils ont perdu toutes leurs illusions, les bénévoles tentent de les aider.

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Douze bénévoles se relaient chaque jour pour distribuer les repas chauds

470 en deux heures. Voilà le nombre de repas que servent les Restos du Cœur dans le local de la porte de la Villette. 470 personnes, à « 95% d ’étrangers » selon Hervé Le Marchand, responsable du point de distribution. Il regrette que les médias ne présentent pas la véritable image des « clients ». « Ce n’est pas la petite mamie avec son sac ».

Le sourire bienveillant de Coluche sur les affiches contraste avec le discours des bénévoles.« Il faut faire la chasse, ne pas être laxiste » devant ceux qui essayent de profiter explique Hervé.

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Entre les murs d’une caravane

19 12 2008

A Bordeaux, l’école privée de Saint-Genès a mis en place une antenne scolaire itinérante pour les enfants du voyage en partenariat avec l’association Asset 33. La classe a lieu dans un camion spécialement aménagé dans ce but. Deux enseignants se chargent de ces cours atypiques.

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Depuis 18 ans, Joseph Poirier et Guillaume Sergues parcourent la Gironde pour faire le tour des nombreux campements. Installé à la périphérie de la ville de Bordeaux, celui de Villenave-d’Ornon est composé majoritairement de familles manouches. Les caravanes sont installées sur un terrain vague bordant la rocade. Deux camions, aménagés en salle de classe, sont stationnés à l’entrée du campement. Des dessins d’enfants ornent les parois de ce véhicule qui ne peut accueillir qu’une dizaine d’élèves. En haut, sur des étagères, les cours sont classés par famille, en fonction du niveau de chacun.

Ici, pas de cours à préparer, pas de corrections de copies et pas vraiment de programme à respecter. L’essentiel est consacré aux apprentissages fondamentaux : « nous faisons essentiellement de l’alphabétisation » rappelle M. Poirier.

Sensibiliser les familles

La plupart des enfants, âgés de 3 à 18 ans, n’ont jamais fréquenté les bancs de l’école. Pour Verset, par exemple, un jeune garçon de 12 ans, c’est une découverte : « C’est la première fois que je vais à l’école. Mes parents ont toujours beaucoup voyagé ». En plus d’un rôle pédagogique, l’association Asset 33 se charge de sensibiliser les familles sur l’importance de la scolarisation des enfants. Mais les procédures d’expulsion et le rythme de vie des communautés du voyage rendent difficile, voire impossible, une scolarisation régulière et suivie.

Les raisons du faible taux d’alphabétisation des enfants s’expliquent par de nombreux facteurs : précarité et caractère éphémère du stationnement, éloignement géographique et culturel de l’école, habitude de fréquenter une seule école deux ou trois mois par an dans une autre région…

Joseph Poirier regrette le manque d’implication des autorités locales et expose les raisons qui rendent nécessaire l’action de cette école nomade :

http://www.ijba.u-bordeaux3.fr/m1sons/sonpoirier.mp3

Dans le camion, l’ambiance est peu studieuse, les élèves chahutent Joseph et l’appellent par son prénom. Devant une caravane, une femme, serpillère à la main, harangue l’instituteur et se plaint d’être seule pour faire le ménage. « Autant les parents soutiennent la démarche d’alphabétisation, autant il est très difficile de les convaincre de l’utilité de la poursuite des études. Un enfant à l’école c’est un enfant qui n’aide pas au travail ».

Joseph Poirier témoigne de la spécificité de sa mission, lié notamment au mode de vie des enfants. Isolés géographiquement, les gens du voyage le sont aussi d’un point de vue social et culturel. Les élèves eux-mêmes ne semblent pas désireux de rejoindre une scolarité plus conventionnelle.

Certains pointent du doigt un risque de dérives consistant à faire de ces dispositifs des écoles parallèles ou ethniques au rabais. Car bien que nécessaires, les camions-écoles n’en sont pas moins des structures scolaires ségrégatives.

http://www.ijba.u-bordeaux3.fr/m1sons/sonpoirier2.mp3

Dalila Bouaziz et Kaël Serreri





Aux petits soins des bébés du coeur

19 12 2008

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Les Restos bébés du cœur viennent en aide aux enfants de la naissance à 18 mois. A Bordeaux, le centre créé en 2006 reste méconnu. Une poignée de bénévoles assurent son bon fonctionnement.

Un rideau de poussettes barre l’entrée du local mis à disposition par la mairie. Entre les layettes, le lait, les couches, et les quelques jouets abandonnés par terre, l’erreur n’est pas possible. Ici c’est le royaume des enfants. A 11h30, ce vendredi, c’est le coup de rush pour la dizaine de bénévoles présents. Après un début de matinée calme, les familles débarquent en nombre. « Le centre vient en aide aux enfants de la naissance à 18 mois. Aux Restos du Cœur, ils ne donnent que des couches pour les bébés. Nous, on distribue des petits pots, du lait et des couches. On prête aussi du matériel et des vêtements » explique Christine De Winne, la pétillante responsable et créatrice du centre.

Une affaire de femmes et de spécialistes

Avec elle, 40 bénévoles se relaient trois jours par semaine, le lundi, mercredi et vendredi. Aujourd’hui, Julie, 18 ans, la benjamine est aux petits soins avec Malik et Nelson. « Je prépare le concours d’éducatrice de jeunes enfants. » Christian et Michel sont les deux seuls hommes de l’équipe. « Parmi les bénévoles, nous avons une directrice d’une école maternelle, des puéricultrices, quelques éducatrices et des pharmaciennes. Celles qui n’ont pas suivies de formations sont mamans ou mamies. Elles savent s’occuper des jeunes enfants » précise Christine.

A la différence des Restos, les bébés du cœur restent ouverts de septembre à juillet. Situé dans le quartier Bacalan, au terminus de la ligne B, le centre de Bordeaux est le seul qui existe en Aquitaine. Des dons et des collectes organisés toute l’année permettent de le faire fonctionner. Les produits alimentaires proviennent de la dotation nationale. « Les bébés du coeur restent largement méconnus » confirme Christine. Au niveau national, les premiers centres ont pourtant été créés en 1993. A Bacalan, les bénévoles entame leur troisième campagne.

Café, gâteau et oreille attentive

L’aide proposée n’est pas que matérielle. Les parents viennent aussi chercher des conseils et une oreille attentive. Chaque mois, les bénévoles mettent en place des ateliers « les derniers portaient sur la prévention des accidents domestiques et l’alimentation du tout-petit ».

Ce vendredi, c’est séance coiffure et maquillage avec Jessica, une jeune coiffeuse. Un vrai luxe pour Gamir, maman de 23 ans. Née en Algérie, elle habite à Bordeaux Grand Parc depuis 6 ans. « Je viens depuis 3 mois. J’ai deux enfants de 5 ans et 11 mois. Je suis en congé parental et mon mari est rmiste. Le coiffeur, je n’ai jamais l’occasion d’y aller. »

Comme Gamir, les bénévoles accueillent surtout des familles d’origine étrangère, d’Europe de l’Est et d’Afrique principalement. « Certaines mamans sont dans une situation compliquée. Elles ont eu un bébé en France et attendent leur carte de séjour. Certaines ne parlent pas le français. Ce n’est pas toujours évident de communiquer avec elles. Nous avons aussi quelques cas difficiles de femmes battues. Dans ce cas, nous les réorientons vers d’autres associations spécialisées. » Quant aux familles monoparentales, le centre n’en reçoit qu’une minorité.

Reste que pour les bénévoles, à l’instar des Restos, le constat est le même. Ils sont de plus en plus nombreux à venir frapper à leur porte. « Nous avons reçu 169 familles en 2006, 250 en 2007 et pour cette année nous sommes déjà à 117 familles inscrites depuis septembre » note tristement Christine.

Céline Diais

Les Restos bébés du coeur : 139 rue Joseph Brunet. 33000 Bordeaux

Ouvert les lundi, mercredi, vendredi de 10h à 15h. Tel : 05 56 29 17 71





Tournée d’un kiné dans la cité, deux mains pour des maux

19 12 2008

imgp5228Samedi 29 novembre, 9h15, rue Camille Pelletan, Cenon. La voiture est bleue GDF. Mais pas de compteurs à relever, ni de chaudières à vérifier. Masseur-kinésithérapeute, Jean-Philippe entame la tournée des domiciles de ses patients sur la commune et zone franche de Cenon, en banlieue de Bordeaux. Tournée allégée ce samedi : quinze patients contre vingt-trois, la veille, sur les communes de Floirac, Lormont et Cenon.

Jean-Philippe s’excuse pour le retard. Ce sont les patients qui doivent s’interroger… « Tu fais ce que tu veux. Comme ça, je ne suis pas là en même temps que l’infirmière ou l’auxiliaire de vie. Les patients qui bénéficient de prescription à domicile sont censés être disponibles. La plupart savent que tu fais ce que tu peux ». Jean-Philippe aménage donc sa journée comme il le souhaite. Et il connaît toutes ses adresses de tête.

11h32. Alzheimer, prothèse et problèmes respiratoires. « Ca fait longtemps que je connais cette patiente. C’est toujours une séance difficile, qui la fatigue beaucoup ». La faire marcher, travailler son équilibre, mobiliser la colonne vertébrale en dissociant les épaules du bassin. Et ce pendant vingt minutes. Aujourd’hui, la séance a duré dix minutes. «Elle était essoufflée, elle n’en pouvait plus ». Jean-Philippe fait la tournée des domiciles les vendredis et les samedis, une à deux fois par mois, et quelques semaines par an. Le reste du temps, il mène une thèse en sciences du mouvement sous le soleil de Marseille. Huit jours de tournée en libéral, c’est un SMIC net dans la poche. De quoi financer l’émulation intellectuelle dont il ne peut se passer. Quand la pratique nourrit la théorie et inversement…

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12h10. « On est proche du soin palliatif » avec le sixième patient d’une soixantaine d’années. « Les fonctions vitales sont toujours OK, mais suite à un traumatisme crânien, il ne récupèrera jamais. Beaucoup de personnes que je visite ont abandonné leur vie ». Les jours de tournée de Jean-Philippe permettent à son collègue de souffler un peu et de profiter de sa famille. Jean-Philippe pense à rapatrier l’ensemble de ses activités sur Marseille mais impossible de dégoter un remplaçant…

14h30. Fin d’une intervention urgente. La patiente souffre de la maladie de Parkinson. En crise, elle avait glissé de son fauteuil. Depuis combien de temps ? Jean-Philippe veille à ce qu’elle prenne son médicament. Que le calme revienne. Pas une intervention « kiné » à proprement parler mais « c’est aussi ça le métier. Deux fois par an, je dois appeler les pompiers pour des patients mourants ». Le quotidien d’un kiné en tournée dans les cités, c’est se confronter, six jours sur sept, à des patients gériatriques, dépendants ou pré-dépendants… et souvent pauvres. Et ce, par tous les temps, le siège passager pour seul bureau. « Nous, on bosse tous les samedis et le 24 décembre. Y’en a beaucoup des kinés en cabinet qui travaillent le samedi et la veille de Noël ? ». Être habillé normalement. Ne pas avoir une trop belle voiture pour éviter d’attirer l’attention. Trouver la bonne clé dans le trousseau. Supporter le chien, la femme ou le mari. S’adapter à l’inconfort du domicile. Pas de table de travail. Juste un petit café offert de temps en temps…

imgp5158115h15. Sur le parking de l’immeuble, Jean-Philippe donne le bras à une toute petite dame âgée, aux cheveux blancs. Ils en font le tour à petits pas. Une fois. Deux fois. Pas trois. Retour à l’appartement pour quelques exercices. En sus de la visite du kinésithérapeute trois à six fois par semaine, le patient reçoit la visite de l’infirmière matin et soir, de l’auxiliaire de vie tous les jours, du médecin tous les quinze jours… Du boulot, y en aurait pour trois, pour cinq, pour dix… « Il y a des personnes qui ne reçoivent pas de soins car il n’y a pas de kiné à disposition. On est dans l’impossibilité pratique de prendre de nouveaux patients. Il y a une pénurie de kinés dans toutes les banlieues, alors pour les tournées à domiciles dans les banlieues… » Maintenir la continuité du service public, pour soulager les maux du corps, de la vieillesse et de l’isolement, jusqu’à la nuit tombée…

Benoît MARTIN

Zone franche urbaine

Définition 1. Selon Littré, « se dit d’une certaine étendue de pays soumis à des droits de douane plus ou moins forts que dans telle autre portion du même Etat ». En France, le dispositif de « zone franche urbaine » repose sur cinq exonérations fiscales et sociales, octroyées aux entreprises sous certaines conditions : exonération d’impôts sur les bénéfices, de la taxe professionnelle, de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de certaines charges sociales salariales et patronales.

Définition 2. Banlieue très pauvre d’une ville.

Pas franchement la zone…

Un petit graffiti hésitant proclame fièrement « Palmer en force » à côté de l’interphone. Cité Palmer, Cenon, en zone franche. Succession de barres d’immeubles de trois étages. Les sapins qui les bordent sont plus imposants que les blocs. Une dame s’échine à installer les décorations de Noël sur son balcon, en engueulant son chien qui la chatouille périodiquement. Des merles et des moineaux volètent deci delà. Mais les chants ne collent pas avec les volatiles. Au loin, la sérénade d’un canari et le crissement d’une perruche tranchent avec la faune, la végétation et le climat locaux. René Descartes, Voltaire, Colette, Salvadore Allende… Le nom des rues incite à la révolution philosophique et politique. Peu de passages de piétons ou d’automobiles, si ce n’est pour converger vers le centre commercial tout proche. Les auto-écoles préparent leurs élèves dans le calme de ce samedi matin pluvieux.

Opération réussie

Médecin généraliste, dermatologue-vénérologue, gynécologue, radiologue, oto-rhino-laryngologue, médecin du sport, cardiologue, ophtalmologue, endocrinologue, sexologue, psychiatre… et un vétérinaire. Avenue René Cassagne, à Cenon, c’est l’artère de la santé, le royaume franchisé de la remise en état. Pas un pas sans une plaque. Opération réussie ! Le dispositif de zone franche urbaine a permis de désenclaver le quartier et de créer un réseau de professionnels médicaux et para-médicaux.





Les “petites mains” des cours d’appel en sursis

17 12 2008

Au nom de la simplification des procédures judiciaires, le gouvernement souhaite supprimer la profession d’avoué dans les cours d’appel, d’ici à 2010. Si la réforme passe, les avoués deviendraient avocats. Mais leurs salariés se retrouveraient pour la plupart sur le carreau. Près de 2000 postes seraient en jeu en France. Exemple dans la principale étude de Bordeaux qui emploie onze personnes.

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"Si la réforme passe, je mets la clé sous la porte" (Maître Fournier, avoué à la cour d'appel de Bordeaux)

“Cette réforme est injuste !” Depuis que le ministère de la Justice s’est mis en tête de supprimer les avoués des cours d’appel, Janique Sprugnoli ne cache pas son désarroi. Elle est salariée dans la principale étude de Bordeaux, dirigée par Maître Daniel Fournier et son fils, comme huit autres personnes. Des femmes, majoritairement. Des femmes inquiètes pour leur avenir. Car si la réforme passe, ces “petites mains” de la justice se retrouveraient au chômage. Sans aucune autre forme de procès. “Incompréhensible, quand on sait que les études d’avoués sont des entreprises qui n’accusent aucun déficit, qui ont créé des emplois (plus de 2000 en France). Et ce, dans l’intérêt du justiciable”, explique Maître Fournier, avoué depuis une quarantaine d’années.

Indifférence générale

Au sein des cours d’appel, c’est l’avoué qui a la charge de représenter les parties civiles et qui monte le dossier. Mais c’est l’avocat qui le plaide. Aujourd’hui encore, le recours à un avoué est obligatoire en matière civile et commerciale. Mais au nom de la simplification des procédures judiciaires, le ministère de la Justice souhaiterait confier cette responsabilité au seul avocat. Il y a quelque temps, la commission Attali abondait en ce sens. Parmi les mesures préconisées pour “libérer la croissance française”, la proposition 213 recommandait la suppression pure et simple de la profession d’avoué.

Les avoués auraient ainsi la possibilité de se fondre, dès 2010, dans la masse des avocats. Mais qu’en sera-t-il pour les employés des études ? La plupart se retrouverait sur le carreau. “Si la réforme passe, je licencie séance tenante, et j’arrête, confie Maître Fournier. De toute façon, je ne peux pas devenir avocat, car je n’aurais pas de clientèle… Je ne peux pas recommencer de zéro.”

Sur l’ensemble de la France, près de 2000 postes pourraient disparaître. Un plan social d’ampleur qui se ferait dans l’indifférence générale, regrette Daniel Fournier. (écouter le son)

“Aucun espoir de reclassement”

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"Je ne comprends pas l'acharnement du gouvernement" (Janique Sprugnoli, employée à l'étude Fournier)

Janique Sprugnoli, employée à l’étude Fournier depuis quinze ans, a écrit à Nicolas Sarkozy et à François Fillon afin de leur faire part de son inquiétude. “Je n’ai aucun espoir de reclassement, souligne-t-elle. Je serai obligée de reprendre une formation et repartir dans un tout autre domaine”. Elle n’a reçu aucune réponse de la part du Président ou du premier ministre. Elle a également sollicité les médias. Rien ou presque. “Cela vient probablement du fait que les avoués sont méconnus du grand public”, lance-t-elle un brin fataliste.

Mais Janique espère toujours que le gouvernement renonce à cette réforme “insensée”. “Et dire qu’en étant embauchée ici, je pensais bénéficier d’une véritable sécurité de l’emploi… Depuis le projet de suppression des avoués, je n’ai évidemment plus la même motivation. Je me retrouverais au chômage, après toutes ces années où je me suis battue… Battue pour quoi, d’ailleurs ?”, s’interroge-t-elle. Elle avoue ne pas avoir encore réellement évoqué le sujet avec Maître Fournier. En attendant, elle se dit toujours prête à monter au créneau pour défendre sa place.

Gabriel Pereira





Le Skate-parc de bordeaux, le rendez-vous des rois de la glisse

16 12 2008
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Depuis son ouverture, le skate-parc de Bordeaux est victime d'un immense succès. Jeunes et moins jeunes fréquentent ce lieux de divertissement, par passion mais aussi par curiosité.

Désigné comme étant l’un des plus grands skate-parc du Sud ouest, le skate-parc de Bordeaux est depuis son ouverture en octobre 2006, victime d’un immense succès.

Impossible de se balader sur les quais des Chartrons sans remarquer cet immense espace aux murs violets et tagués. Là, sous le regard admiratif et parfois inquiet de nombreux spectateurs, les amoureux de la glisse voient le monde…à l’envers.
Avec ses 2 350 m2 de surface et ses 110 mètres de long, le roller skate-parc a été imaginé par la mairie de Bordeaux en concertation avec les associations de skaters et de rollers. Bowl, street, cascade et débutant,quatre pistes bien distinctes qui permettent à tout un chacun, d’évoluer à son rythme. Pour les débutants par exemple, la piste spéciale est réservée aux enfants de 3 à 10 ans toujours accompagnés d’un adulte. Cependant, les autres ne sont pas oubliés, de nombreux cours sont organisés dans la ville par des moniteurs qualifiés, afin de permettre aux plus grands de 7 à 77 ans par exemple, de tenir eux aussi sur des roues et savourer le bonheur de la glisse.

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Prise de risque au rendez-vous pour les casse-cou de la glisse…le skate parc est un défi au quotidien pour les passionnés


“Avant l’ouverture du Skate-parc, beaucoup de passionnés pratiquaient le « street »le roller de rue, et utilisaient le mobilier urbain, ce qui est complètement illégal aux yeux de la loi.”

Selon Mickael Tirat, salarié au sein de l’association de roller Air, cet espace de glisse était nécessaire dans la ville afin d’éviter l’isolement des patineurs. “Ce skate-parc n’est pas le premier de la ville, on dira simplement que c’est le premier de qualité même si certains détails restent à améliorer, mais les choses se font petit à petit. Avant l’ouverture du Skate-parc, beaucoup de passionnés pratiquaient le « street », le roller de rue, et utilisaient le mobilier urbain, ce qui est complètement illégal aux yeux de la loi. Mais pour eux c’était le seul moyen de pratiquer, faute d’espaces et de structures de qualités. Pour cette discipline, la place Pey-Berland était beaucoup utilisée. Maintenant, avec le nouveau Skate-Parc, elle l’est beaucoup moins.”
L’arrivée de cette structure a permis de découvrir de nombreux talents. L’année dernière lors du championnat de France de street,organisé au skate-parc de bordeaux, l’Aquitaine a remporté trois médailles : une en or et deux en bronze, des résultats qui promettent pour l’avenir.

Christelle Sivatte





Caan’abus, l’espace santé jeunes

14 12 2008

Lieu d’accueil, de soin, de prévention et de prise en charge, le centre d’étude et d’information sur les drogues (CEID) vient en aide aux toxicomanes. Avec deux autres associations, il a décidé de créer Caan’abus*, un lieu d’écoute réservé aux jeunes à Bordeaux. Rendez-vous dans les locaux.

Salle d'attente déserte, pas de jeunes à l'horizon.

Salle d'attente déserte, pas de jeunes à l'horizon.

 

Un vendredi après-midi, la salle d’attente est vide, le bureau de Caan’abus parait désert. Affiches de campagnes contre l’alcool et les drogues chez les jeunes…On est au bon endroit. Et si un doute subsistait, le message sur le répondeur d’un père “affolé parce que son fils est en train de replonger” le confirme. Climat refroidi. Mais l’accueil chaleureux de François Richard, éducateur spécialisé, met à l’aise. C’est bien ici que les jeunes viennent parler de leurs problèmes d’addiction. L’essentiel des consultations et des visites sont le mercredi après-midi, emploi du temps scolaire oblige. Le reste de la semaine est plus calme, d’où l’aspect fantomatique de l’endroit. François, un des piliers de Caan’abus, explique : “Ici on n’est pas forcément dans une démarche de soins complets mais dans une prise en charge plus rapide“. Les gens qui viennent n’ont pas obligatoirement des dépendances avérées mais ils sont dans une consommation à risque. Certains veulent juste des informations. “Le but est de s’exprimer avant  que ça ne soit trop grave, mais si une personne souffre d’une pathologie grave, elle sera conduite vers des centres spécialisés“.

Une réticence à parler

C’est devant la demande croissante de prise en charge des plus jeunes que Caan’abus a été créée en 2003. La structure est aujourd’hui gérée par trois associations, le centre d’étude et d’information sur les drogues (CEID), l’association nationale pour la prévention en alcoologie et l’addictologie (ANPA) et le centre de soins aux toxicomanes de l’hôpital Charles Perrens à Bordeaux.

La plupart du temps les personnes en difficulté ne sont pas dans une démarche de soin. Elles sont plutôt orientées par les parents, les lycées, les institutions ou la justice. C’est le cas de Benoît, 23 ans. Son contrôle judiciaire l’oblige à venir chaque semaine pour une dépendance au cannabis, même s’il “n’a plus fumé depuis sa sortie de prison“. En sortant de la salle de réunion après sa deuxième consultation, il est soulagé : “Ca se passe bien, mieux que je ne le pensais“. Avec François, il essaie de comprendre les causes de son ancienne addiction. L’association peut aussi recevoir et accompagner psychologiquement les familles, sans avoir vu l’enfant. Beaucoup de premiers contacts sont téléphoniques.

Alcool, meilleur ennemi des  jeunes

Au cours de ces dernières années, les éducateurs ont pu remarquer une évolution des consommations chez les jeunes. La moyenne d’âge des premières expérimentations baisse. Si la cigarette et le cannabis restent assez stables, l’alcool connaît un succès croissant. Beaucoup d’adolescents ont des usages problématiques avec cette drogue : ivresses répétées et “binje drinking” (traduisez biture expresse). Des pratiques que l’on trouvait surtout chez les anglo-saxons et qui débarquent en France.
Laurence Garcia est éducatrice spécialisée depuis vingt ans et responsable formation/prévention auprès des jeunes. En consultation elle en voit “de plus en plus qui avouent sans problème que leur but est de se défoncer la tête“. Ils s’alcoolisent en début de soirée et de façon excessive, allant même jusqu’à organiser des concours de comas éthyliques. “La cocaïne aussi se démocratise, on a plus de demandes” ajoute François, “surtout dans les milieux festifs“.

Les dépendances sans substances existent aussi, bien que beaucoup moins fréquentes. Ce sont souvent des loisirs, des comportements source de plaisir qui peuvent virer à l’obsession. On peut citer l’addiction au sport, surtout pour les jeunes sportifs en devenir. Mais aussi aux jeux vidéo. Laurence a fait cette année une conférence sur les cyber-addictions. Elle a pu rencontrer des “gamins no life” qui passaient leur temps sur leurs “bécanes“. Pour le moment cela reste anecdotique mais c’est une problématique montante” ajoute-t-elle.

Aujourd’hui les éducateurs considèrent qu’un jeune a un problème à partir du moment où “la recherche du produit passe avant la vie sociale”. Mais également quand les quantités consommées augmentent considérablement et rapidement… A méditer.

Marine SCHERER

* Caan’abus,
130 Cours Alsace-Lorraine, 33000 Bordeaux
Mercredi au vendredi,  12h-17h

05 56 01 25 66

 

 





Des seringues pour les junkies

12 12 2008

Permanence de la Case devant la Flêche Saint Michel.

Mieux vaut prévenir que guérir. Pas toujours. L’association “la Case”, fondée par Médecins du Monde, l’a bien compris. Pour éviter les transmissions de maladies, elle distribue aux héroïnomanes des seringues stérilisées, en échange de matériel usagé. Le jeudi soir, la Case œuvre sur la place Saint Michel de Bordeaux. Une initiative utile mais qui manque de visibilité.


Ce jeudi soir, ce n’est pas un camion de primeur qui est garé au pied de la Flèche Saint Michel. La colombe du logo de Médecins du Monde brille sous les lueurs jaunâtres de la place. À l’intérieur du camion, Estelle, Hélène et Olivier discutent sur des banquettes en attendant les premiers “patients”. Ils ne sont pas médecins. Animateur social ou infirmier, ils sont appris “sur le tas”. Les “usagers”, comme ils disent, ce sont des hommes de tout âge, en rupture sociale à cause de leur problème de drogue. Souvent SDF ou sans-papiers, ces personnes ne peuvent se soigner chez un médecin ou dans un hôpital. La Case devient alors un relais d’urgence.

Créée en 1994 suite à la propagation du virus du SIDA, l’association est le fruit du programme “Échange de seringues” initié par Médecins du Monde. Le but : donner du matériel stérilisé aux drogués pour éviter l’utilisation de seringues déjà souillées ou mal désinfectées. “On pourrait croire qu’on les encourage à se droguer” concède Olivier, l’éducateur spécialisé de l’équipe. En réalité, la distribution de seringues stérilisées est un soin de première nécessité pour les “drug addicts”. Elle réduit largement les risques de contamination par voie sanguine. Bien sûr, les salariés de la Case insistent auprès des usagers sur les possibilités de désintoxication. De la même façon qu’ils les orientent vers des spécialistes si besoin est.

“C’est pas une distribution de préservatifs?”

À chaque permanence, le camion accueille 10 à 15 personnes. Mais ce jeudi soir, très peu passeront la porte du camion. “C’est l’hiver”, explique Olivier. Une histoire de saison ou un sérieux problème de communication? Selon les salariés de l’association, leur action est connue dans tout le quartier. Après tout, ils y sont implantés depuis 15 ans. Ils ont même informé les médecins et les pharmaciens de Saint Michel de leur démarche.

Pourtant, la camion semble invisible aux yeux des commerçants de la place.”C’est pas une distribution de préservatifs? ” demande Vanessa, serveuse au restaurant Don Camillo. Fitti, qui travaille au café Internet “Globe Phone”, en face du camion de la Case, ne l’avait même pas vu: “C’est dommage, des drogués, j’en connais plein. Ils ne savent pas qu’ils peuvent être soignés gratuitement”. Sur la place, des étudiants font la fête devant le bar du “Passage Saint Michel”. On allait presque oublier qu’on était jeudi soir.

Adèle SALMON

Medecins du monde

Adresses utiles pour les usagers de drogue en Aquitaine (format pdf)

Coordonnées de la Case:  2 rue des Etables 33000 Bordeaux

téléphone: 05 56 92 51 89

courriel: rdr.mdm.bx@wanadoo.fr






Nez rouges et blouses blanches

12 12 2008

Lilou et Boulette à l'Hôpital Pellegrin

Lilou et Boulette à l'Hôpital Pellegrin

« Même malade je reste un enfant »  devise des Clowns Stéthoscopes, elle guide les interventions de l’association au sein de l’hôpital des enfants Pellegrin, de l’hôpital Haut-Lévêque et du centre François Magendi. Les clowns dans l’hôpital ? Loufoque, décalé, audacieux, compliqué…c’est désormais une évidence pour les enfants soignés à Bordeaux.


« Un lieu de vie »

La mission des Clowns Stéthoscopes est de faire de ce lieu aseptisé un lieu de vie, de rire, de joie. Parce que l’hôpital c’est « aussi un lieu de vie » pour Stella Aucharles, coordinatrice de l’association chargée du suivi de projet et de la recherche de fonds. Un lieu à dédramatiser, où il faut détendre tant les parents que les enfants, qui sont plus à même de recevoir soins et traitements.
« On veut redonner le pouvoir aux enfants. A l’hôpital ils ne peuvent pas dire non à grand-chose », l’enfant au centre du jeu, c’est l’objectif fixé par les Clowns Stéthoscopes. On demande avant d’entrer dans une chambre, si la réponse est négative on teste pour savoir si c’est pour du rire ou non. « Non, c’est non », si c’est non le clown repart, toquera peut-être plus tard. Un non a toujours une raison, au clown de la respecter.

Une étroite collaboration avec les blouses blanches

La collaboration instaurée avec l’équipe médicale est un élément très fort pour les clowns, il leur permet d’intervenir en sachant à quel public ils s’adressent. Des indications leur sont données au niveau des repères physiques de l’enfant, sur son état psychologique, émotionnel, et sur son environnement.
La mise en place relationnelle se fait également avec le personnel soignant qui lui aussi peut avoir une appréhension envers le clown, personnage étrange, drôle et perturbant qui ne connaît pas la hiérarchie et peut gêner. Pour Mme Aucharles, c’est au clown de s’adapter, de connaître les limites, de bâtir des relations cordiales avec les blouses blanches « Chaque clown est responsable de sa relation avec le soignant ». L’intégration se passe bien, et les personnels hospitaliers apprécient la poésie, le rêve et la fantaisie que les clowns Stéthoscopes apportent dans les différents services.

Devenir clown avec un stéthoscope

La sélection est rude, même chez les clowns. Ne devient pas professionnel du gag en hosto qui veut. Première étape : la pratique du clown et la disponibilité. L’association ne forme pas de clowns, elle les recrute. La disponibilité est également une condition sine qua non à l’entrée dans la troupe.
Recrutés sur leur talent clownesque d’abord, la première audition ne prend en compte que l’aspect artistique de la pratique du clown, s’en suit un stage de simulation de pratique pendant une semaine, puis le clown validé, il aura douze interventions d’essai en duo avec un clown plus expérimenté.
Quand on demande pourquoi les clowns en viennent à vouloir intervenir en hôpital, on n’obtient pas de réponse claire, les clowns sont des personnages, ceux qui les font vivre s’effacent dans l’hôpital. La pudeur est de mise chez les clowns.
Pour parler de leur pratique, échanger, analyser les difficultés qui peuvent se présenter, assumer les « coups durs », les clowns se réunissent une fois par semaine durant trois heures avec une psy. Les « coups durs », un euphémisme pour parler des décès dans les différents services.

Du Rire aux Stéthoscopes

Avant l’association s’appelait « Pour de rire », depuis 2007 elle a revêtu un nouveau costume, celui des Clowns Stéthoscopes. Désormais ils sont professionnels, ce qui assure une structure stable pour un suivi régulier et continu à l’hôpital. Les interventions des clowns dans les hôpitaux ont pour but d’être professionnalisées, d’assurer leur perfectionnement au niveau artistique et humain.
Pour l’instant les clowns Stéthoscopes sont neuf et couvrent quatre services, ils aimeraient à horizon 2009 être douze clowns et couvrir huit services. La professionnalisation de l’équipe a un coût et Stella Aucharles se bat sans cesse pour pérenniser le projet. Tout est en place, reste à trouver les fonds pour continuer. Les bénévoles non-clowns sont les bienvenus et constituent déjà une équipe de soutien autour des Clowns Stéthoscopes, ils s’attellent à collecter des fonds durant diverses manifestations et mieux faire connaître l’action de l’association et ses projets.

Claire Burckel