Irréductibles Toulon 1993, “la passion ne s’achète pas”

8 11 2009

Au cœur de l’aire d’influence de l’Olympique de Marseille, un noyau ultra d’irréductibles résiste au mimétisme et aux effets de modes dont bénéficient les phocéens dans le Var. « Supporte l’équipe de ta ville! » proclament ses membres aux jeunes qui exhibent des maillots marseillais sur la rade. « Certaines couleurs sont plus glorieuses mais elles ne seront jamais les nôtres… » affirment les Irréductibles de Toulon regroupés, avec fierté, sous la bannière « La minorité est partout ».


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A l'instar des plus grands groupes de supporters, les Irréductibles réalisent des tifos, mais ceux-ci sont destinés à des matchs de 4ème division!

Groupe de supporters ultra créé en 1993 lors de la débâcle sportive puis financière du Sporting Toulon Var (rebaptisé pour l’occasion), les Irréductibles de Toulon (IRD 93) n’ont jamais connu la première division, et seulement deux saisons en deuxième division. En revanche, ils ont accompagné Toulon en DH (6ème division) et aujourd’hui en CFA (4ème division). En dépit d’un parcours sportif chaotique, une vraie identité est née au sein du groupe, reconnaissable aujourd’hui à des signes distinctifs, qui façonnent en la distinguant l’identité Toulonnaise au sein du mouvement ultra.

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Un mur à la mémoire des expulsés

6 11 2009



Liberté. Égalité. Fraternité. Honte.

Voici quatre des mots qui recouvrent tout un mur, place de la Mairie, à Billère. Il y en a beaucoup d’autres, de toutes les formes et de toutes les couleurs : engagement, solidarité, arbitraire, identité, citoyen, et bien sûr… expulsés. Nous sommes dans une petite ville de la banlieue de Pau ; une ville qui a donné la parole aux murs.

Le mur dans son intégralité
Un coeur, une France hostile, deux mains et vingt-trois mots : des symboles clairs pour un impact puissant.

L’idée d’une fresque est née il y a six mois dans l’esprit de Jean-Yves Lalanne, le maire socialiste de Billère. A cette même période, l’ancien militant de la LCR découvrit dans sa commune l’existence d’un local de rétention de la Police aux Frontières. Probable que la visite de ce lieu ait joué comme un déclic. L’œuvre a été inaugurée le 9 septembre dernier en compagnie de Martine Lignières-Cassou, députée-maire socialiste de Pau, et de l’association Réseau éducation sans frontières. Il lui fallait un nom, il s’est imposé de lui-même : le Mur des expulsés.

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“J’y vais à pied”

6 02 2009

un lieu où piétons et transports motorisés se cotoyent sans problème. Avec une limitation de vitesse de 20 km/heure

Les aficiondas de la marche à pied milite pour les zones 20 : un lieu où piétons et transports motorisés se cotoyent sans problème. Avec une limitation de vitesse de 20 km/heure

Marche : action, fait de marcher, mode de locomotion de l’homme. La définition du Larousse, ils sont nombreux à l’appliquer tous les jours. Pas seulement en tant que bipède, mais comme style de vie à part entière. Les personnes âgées sont plus concernées par ce phénomène de société que les plus jeunes. A la retraite, ils voient dans leur marche quotidienne un retour nostalgique aux valeurs anciennes. Un moment de calme, de sociabilité et de convivialité, quelque peu ébranlé par la société de consommation qui veut toujours aller plus vite. Lisez la suite de cette entrée »





Marceline, touchée par le diable

6 02 2009

Le diable s’est emparé d’elle et Marceline veut le faire sortir de son corps. Portrait d’une femme perdue, qui va chercher conseil auprès d’un médium.

Salon de la voyance

La consultation de Marceline vient de s'achever. La boule de cristal attend son nouveau client.

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Enfermées dehors

6 02 2009

Suicides, surpopulation, conditions de détention… la prison est de plus en plus médiatisée. Mais le quotidien des familles de détenus, lui, est rarement évoqué. Pourquoi ce sujet est-il tabou ? Comment vit-on l’incarcération d’un proche ? Quelles incidences l’enfermement peut-il avoir sur les proches des personnes incarcérées ?

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Entre les murs d’une caravane

19 12 2008

A Bordeaux, l’école privée de Saint-Genès a mis en place une antenne scolaire itinérante pour les enfants du voyage en partenariat avec l’association Asset 33. La classe a lieu dans un camion spécialement aménagé dans ce but. Deux enseignants se chargent de ces cours atypiques.

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Depuis 18 ans, Joseph Poirier et Guillaume Sergues parcourent la Gironde pour faire le tour des nombreux campements. Installé à la périphérie de la ville de Bordeaux, celui de Villenave-d’Ornon est composé majoritairement de familles manouches. Les caravanes sont installées sur un terrain vague bordant la rocade. Deux camions, aménagés en salle de classe, sont stationnés à l’entrée du campement. Des dessins d’enfants ornent les parois de ce véhicule qui ne peut accueillir qu’une dizaine d’élèves. En haut, sur des étagères, les cours sont classés par famille, en fonction du niveau de chacun.

Ici, pas de cours à préparer, pas de corrections de copies et pas vraiment de programme à respecter. L’essentiel est consacré aux apprentissages fondamentaux : « nous faisons essentiellement de l’alphabétisation » rappelle M. Poirier.

Sensibiliser les familles

La plupart des enfants, âgés de 3 à 18 ans, n’ont jamais fréquenté les bancs de l’école. Pour Verset, par exemple, un jeune garçon de 12 ans, c’est une découverte : « C’est la première fois que je vais à l’école. Mes parents ont toujours beaucoup voyagé ». En plus d’un rôle pédagogique, l’association Asset 33 se charge de sensibiliser les familles sur l’importance de la scolarisation des enfants. Mais les procédures d’expulsion et le rythme de vie des communautés du voyage rendent difficile, voire impossible, une scolarisation régulière et suivie.

Les raisons du faible taux d’alphabétisation des enfants s’expliquent par de nombreux facteurs : précarité et caractère éphémère du stationnement, éloignement géographique et culturel de l’école, habitude de fréquenter une seule école deux ou trois mois par an dans une autre région…

Joseph Poirier regrette le manque d’implication des autorités locales et expose les raisons qui rendent nécessaire l’action de cette école nomade :

http://www.ijba.u-bordeaux3.fr/m1sons/sonpoirier.mp3

Dans le camion, l’ambiance est peu studieuse, les élèves chahutent Joseph et l’appellent par son prénom. Devant une caravane, une femme, serpillère à la main, harangue l’instituteur et se plaint d’être seule pour faire le ménage. « Autant les parents soutiennent la démarche d’alphabétisation, autant il est très difficile de les convaincre de l’utilité de la poursuite des études. Un enfant à l’école c’est un enfant qui n’aide pas au travail ».

Joseph Poirier témoigne de la spécificité de sa mission, lié notamment au mode de vie des enfants. Isolés géographiquement, les gens du voyage le sont aussi d’un point de vue social et culturel. Les élèves eux-mêmes ne semblent pas désireux de rejoindre une scolarité plus conventionnelle.

Certains pointent du doigt un risque de dérives consistant à faire de ces dispositifs des écoles parallèles ou ethniques au rabais. Car bien que nécessaires, les camions-écoles n’en sont pas moins des structures scolaires ségrégatives.

http://www.ijba.u-bordeaux3.fr/m1sons/sonpoirier2.mp3

Dalila Bouaziz et Kaël Serreri





Avec ou sans-papiers ?

19 12 2008
L'expulsion pour le clandestin, la prison pour le patron. Déposer un dossier de régularisation en Préfecture pour un travailleur sans-papiers comporte de gros risques.

L'expulsion pour le clandestin, la prison pour le patron. Déposer un dossier de régularisation en Préfecture pour un travailleur sans-papiers peut être risqué.

“La régularisation, c’est une brêche à exploiter tous les deux”, annonce Stéphane*. Ce patron-voyou a accompagné le mois dernier, Karim, son employé sans-papiers, à la Préfecture de la Gironde pour déposer un contrat de travail sous réserve de régularisation. Cette pièce est la dernière lubie de l’administration. Depuis février 2008, à la sortie de la circulaire sur la régularisation des travailleurs sans-papiers, Stéphane pousse Karim à cette démarche. Même si ce dernier n’entre pas dans les critères. Pour les Tunisiens et les Algériens, des accords ont été passés : ils peuvent venir travailler en France, s’ils ont un contrat de travail au préalable. Stéphane s’engage pour son salarié et pour sa propre sécurité. Karim prend le risque d’être expulsé mais ne veut plus vivre caché. Tous deux veulent sortir de l’illégalité.

Stéphane et Karim travaillent ensemble depuis bientôt six ans. Ils font les marchés en Gironde. Ambulant depuis dix ans, Stéphane emploie Karim au noir. De façon très ponctuelle et à prix cassés, à leur rencontre. Arrivé en France en 2002 avec un visa touristique d’un mois, Karim est Algérien et clandestin. Il ne sait ni lire ni écrire le français.

Stéphane est père de famille, chef d’entreprise français, installé. Karim est célibataire, travailleur immigré sans-papiers, hébergé par un compatriote –lui, dans la légalité. Si Stéphane reconnaît avoir exploité Karim et profité de l’Etat, aujourd’hui il veut faire de son ami son salarié déclaré et, si leur affaire prend de l’ampleur, son associé. Karim, quant à lui, espère continuer à travailler avec Stéphane, « juste avec lui », payer ses impôts, avoir son propre appartement et revoir sa famille et l’Algérie, pour les vacances.

Confiance mutuelle

« Khamsa, Karim, donne-lui khamsa! », crie Stéphane à son second. Sous les bâches blanches du marché, entre deux stands, les coupures sortent des poches, d’énormes liasses colorées. Karim tend un billet de cinq euros à un confrère, plaisante en arabe et retourne à ses affaires. Le ciel est menaçant mais la clientèle est au rendez-vous.

Stéphane et Karim se disent frères, cousins. Ils ont le même âge, les mêmes sources d’inspirations : les femmes.

Ces deux là sont collègues, surtout. Karim est “un bosseur”, “le matin, il est là”, disponible, souriant, se mettant à la hauteur des gens. Stéphane ne tarit pas d’éloges sur son employé, et les travailleurs étrangers, en général :

Sur le marché, Stéphane et Karim décident de tout ensemble. Et Karim tient le stand seul quand Stéphane fait la causette au café du coin. Les deux compères ont le sens du contact. Et surtout, la même ambition: développer le commerce. Ils ne comptent pas les heures de travail. Déballer, remballer, trier la marchandise, l’écouler, il leur arrive de faire des journées de 12h. Et de se retrouver encore, le soir, le week-end. Anniversaires, fêtes de Noël, sorties au restaurant ou visites occasionnelles, Karim fait partie de la famille de Stéphane. Au point que ce dernier paie Karim au smic/horaire, voire plus, selon les bénéfices, pour qu’il vive bien» ; prenne en charge ses frais de santé et l’aide pour des dépenses imprévues. L’illégal est intégré.

Et malgré la pression, patron et employé gardent la pêche.

Anne Frintz

*Les prénoms ont volontairement été changés pour préserver l’anonymat des protagonistes.





Aux petits soins des bébés du coeur

19 12 2008

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Les Restos bébés du cœur viennent en aide aux enfants de la naissance à 18 mois. A Bordeaux, le centre créé en 2006 reste méconnu. Une poignée de bénévoles assurent son bon fonctionnement.

Un rideau de poussettes barre l’entrée du local mis à disposition par la mairie. Entre les layettes, le lait, les couches, et les quelques jouets abandonnés par terre, l’erreur n’est pas possible. Ici c’est le royaume des enfants. A 11h30, ce vendredi, c’est le coup de rush pour la dizaine de bénévoles présents. Après un début de matinée calme, les familles débarquent en nombre. « Le centre vient en aide aux enfants de la naissance à 18 mois. Aux Restos du Cœur, ils ne donnent que des couches pour les bébés. Nous, on distribue des petits pots, du lait et des couches. On prête aussi du matériel et des vêtements » explique Christine De Winne, la pétillante responsable et créatrice du centre.

Une affaire de femmes et de spécialistes

Avec elle, 40 bénévoles se relaient trois jours par semaine, le lundi, mercredi et vendredi. Aujourd’hui, Julie, 18 ans, la benjamine est aux petits soins avec Malik et Nelson. « Je prépare le concours d’éducatrice de jeunes enfants. » Christian et Michel sont les deux seuls hommes de l’équipe. « Parmi les bénévoles, nous avons une directrice d’une école maternelle, des puéricultrices, quelques éducatrices et des pharmaciennes. Celles qui n’ont pas suivies de formations sont mamans ou mamies. Elles savent s’occuper des jeunes enfants » précise Christine.

A la différence des Restos, les bébés du cœur restent ouverts de septembre à juillet. Situé dans le quartier Bacalan, au terminus de la ligne B, le centre de Bordeaux est le seul qui existe en Aquitaine. Des dons et des collectes organisés toute l’année permettent de le faire fonctionner. Les produits alimentaires proviennent de la dotation nationale. « Les bébés du coeur restent largement méconnus » confirme Christine. Au niveau national, les premiers centres ont pourtant été créés en 1993. A Bacalan, les bénévoles entame leur troisième campagne.

Café, gâteau et oreille attentive

L’aide proposée n’est pas que matérielle. Les parents viennent aussi chercher des conseils et une oreille attentive. Chaque mois, les bénévoles mettent en place des ateliers « les derniers portaient sur la prévention des accidents domestiques et l’alimentation du tout-petit ».

Ce vendredi, c’est séance coiffure et maquillage avec Jessica, une jeune coiffeuse. Un vrai luxe pour Gamir, maman de 23 ans. Née en Algérie, elle habite à Bordeaux Grand Parc depuis 6 ans. « Je viens depuis 3 mois. J’ai deux enfants de 5 ans et 11 mois. Je suis en congé parental et mon mari est rmiste. Le coiffeur, je n’ai jamais l’occasion d’y aller. »

Comme Gamir, les bénévoles accueillent surtout des familles d’origine étrangère, d’Europe de l’Est et d’Afrique principalement. « Certaines mamans sont dans une situation compliquée. Elles ont eu un bébé en France et attendent leur carte de séjour. Certaines ne parlent pas le français. Ce n’est pas toujours évident de communiquer avec elles. Nous avons aussi quelques cas difficiles de femmes battues. Dans ce cas, nous les réorientons vers d’autres associations spécialisées. » Quant aux familles monoparentales, le centre n’en reçoit qu’une minorité.

Reste que pour les bénévoles, à l’instar des Restos, le constat est le même. Ils sont de plus en plus nombreux à venir frapper à leur porte. « Nous avons reçu 169 familles en 2006, 250 en 2007 et pour cette année nous sommes déjà à 117 familles inscrites depuis septembre » note tristement Christine.

Céline Diais

Les Restos bébés du coeur : 139 rue Joseph Brunet. 33000 Bordeaux

Ouvert les lundi, mercredi, vendredi de 10h à 15h. Tel : 05 56 29 17 71





Tournée d’un kiné dans la cité, deux mains pour des maux

19 12 2008

imgp5228Samedi 29 novembre, 9h15, rue Camille Pelletan, Cenon. La voiture est bleue GDF. Mais pas de compteurs à relever, ni de chaudières à vérifier. Masseur-kinésithérapeute, Jean-Philippe entame la tournée des domiciles de ses patients sur la commune et zone franche de Cenon, en banlieue de Bordeaux. Tournée allégée ce samedi : quinze patients contre vingt-trois, la veille, sur les communes de Floirac, Lormont et Cenon.

Jean-Philippe s’excuse pour le retard. Ce sont les patients qui doivent s’interroger… « Tu fais ce que tu veux. Comme ça, je ne suis pas là en même temps que l’infirmière ou l’auxiliaire de vie. Les patients qui bénéficient de prescription à domicile sont censés être disponibles. La plupart savent que tu fais ce que tu peux ». Jean-Philippe aménage donc sa journée comme il le souhaite. Et il connaît toutes ses adresses de tête.

11h32. Alzheimer, prothèse et problèmes respiratoires. « Ca fait longtemps que je connais cette patiente. C’est toujours une séance difficile, qui la fatigue beaucoup ». La faire marcher, travailler son équilibre, mobiliser la colonne vertébrale en dissociant les épaules du bassin. Et ce pendant vingt minutes. Aujourd’hui, la séance a duré dix minutes. «Elle était essoufflée, elle n’en pouvait plus ». Jean-Philippe fait la tournée des domiciles les vendredis et les samedis, une à deux fois par mois, et quelques semaines par an. Le reste du temps, il mène une thèse en sciences du mouvement sous le soleil de Marseille. Huit jours de tournée en libéral, c’est un SMIC net dans la poche. De quoi financer l’émulation intellectuelle dont il ne peut se passer. Quand la pratique nourrit la théorie et inversement…

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12h10. « On est proche du soin palliatif » avec le sixième patient d’une soixantaine d’années. « Les fonctions vitales sont toujours OK, mais suite à un traumatisme crânien, il ne récupèrera jamais. Beaucoup de personnes que je visite ont abandonné leur vie ». Les jours de tournée de Jean-Philippe permettent à son collègue de souffler un peu et de profiter de sa famille. Jean-Philippe pense à rapatrier l’ensemble de ses activités sur Marseille mais impossible de dégoter un remplaçant…

14h30. Fin d’une intervention urgente. La patiente souffre de la maladie de Parkinson. En crise, elle avait glissé de son fauteuil. Depuis combien de temps ? Jean-Philippe veille à ce qu’elle prenne son médicament. Que le calme revienne. Pas une intervention « kiné » à proprement parler mais « c’est aussi ça le métier. Deux fois par an, je dois appeler les pompiers pour des patients mourants ». Le quotidien d’un kiné en tournée dans les cités, c’est se confronter, six jours sur sept, à des patients gériatriques, dépendants ou pré-dépendants… et souvent pauvres. Et ce, par tous les temps, le siège passager pour seul bureau. « Nous, on bosse tous les samedis et le 24 décembre. Y’en a beaucoup des kinés en cabinet qui travaillent le samedi et la veille de Noël ? ». Être habillé normalement. Ne pas avoir une trop belle voiture pour éviter d’attirer l’attention. Trouver la bonne clé dans le trousseau. Supporter le chien, la femme ou le mari. S’adapter à l’inconfort du domicile. Pas de table de travail. Juste un petit café offert de temps en temps…

imgp5158115h15. Sur le parking de l’immeuble, Jean-Philippe donne le bras à une toute petite dame âgée, aux cheveux blancs. Ils en font le tour à petits pas. Une fois. Deux fois. Pas trois. Retour à l’appartement pour quelques exercices. En sus de la visite du kinésithérapeute trois à six fois par semaine, le patient reçoit la visite de l’infirmière matin et soir, de l’auxiliaire de vie tous les jours, du médecin tous les quinze jours… Du boulot, y en aurait pour trois, pour cinq, pour dix… « Il y a des personnes qui ne reçoivent pas de soins car il n’y a pas de kiné à disposition. On est dans l’impossibilité pratique de prendre de nouveaux patients. Il y a une pénurie de kinés dans toutes les banlieues, alors pour les tournées à domiciles dans les banlieues… » Maintenir la continuité du service public, pour soulager les maux du corps, de la vieillesse et de l’isolement, jusqu’à la nuit tombée…

Benoît MARTIN

Zone franche urbaine

Définition 1. Selon Littré, « se dit d’une certaine étendue de pays soumis à des droits de douane plus ou moins forts que dans telle autre portion du même Etat ». En France, le dispositif de « zone franche urbaine » repose sur cinq exonérations fiscales et sociales, octroyées aux entreprises sous certaines conditions : exonération d’impôts sur les bénéfices, de la taxe professionnelle, de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de certaines charges sociales salariales et patronales.

Définition 2. Banlieue très pauvre d’une ville.

Pas franchement la zone…

Un petit graffiti hésitant proclame fièrement « Palmer en force » à côté de l’interphone. Cité Palmer, Cenon, en zone franche. Succession de barres d’immeubles de trois étages. Les sapins qui les bordent sont plus imposants que les blocs. Une dame s’échine à installer les décorations de Noël sur son balcon, en engueulant son chien qui la chatouille périodiquement. Des merles et des moineaux volètent deci delà. Mais les chants ne collent pas avec les volatiles. Au loin, la sérénade d’un canari et le crissement d’une perruche tranchent avec la faune, la végétation et le climat locaux. René Descartes, Voltaire, Colette, Salvadore Allende… Le nom des rues incite à la révolution philosophique et politique. Peu de passages de piétons ou d’automobiles, si ce n’est pour converger vers le centre commercial tout proche. Les auto-écoles préparent leurs élèves dans le calme de ce samedi matin pluvieux.

Opération réussie

Médecin généraliste, dermatologue-vénérologue, gynécologue, radiologue, oto-rhino-laryngologue, médecin du sport, cardiologue, ophtalmologue, endocrinologue, sexologue, psychiatre… et un vétérinaire. Avenue René Cassagne, à Cenon, c’est l’artère de la santé, le royaume franchisé de la remise en état. Pas un pas sans une plaque. Opération réussie ! Le dispositif de zone franche urbaine a permis de désenclaver le quartier et de créer un réseau de professionnels médicaux et para-médicaux.





Pas de camisole pour les magistrats

19 12 2008
Une robe de magistrat lors d'un essayage à l'ENM, l'habit des nouveaux auditeurs.
Une robe de magistrat, le 16 décembre 2008, jour de l’accueil des nouveaux auditeurs de justice à l’ENM. Un  habit de prestige pour une responsabilité qui peut être écrasante.

A partir de 2009 les candidats au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) devront satisfaire à des tests psychologiques pour être admis. Une épreuve supplémentaire pour accéder au prestigieux statut d’auditeur de justice. Mais surtout une réforme polémique puisqu’elle touche à un domaine particulièrement sensible : la santé psychique. Lisez la suite de cette entrée »