Les rêveries (du forain en quête) d’un promeneur solitaire

8 11 2009
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La fête foraine, lieu où les couleurs vous éblouissent en permanence

Avec ses 1800 mètres de long et son nombre incalculable d’attractions, la foire Saint-Romain de Rouen se place au second rang des fêtes foraines françaises. Mais lorsque le climat normand reprend ses droits, les pompons, chichis et autres sensations fortes laissent place à une atmosphère de vieux western humidifié. Rencontre avec des forains quelque peu refroidis.

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Main basse sur le foot en salle

6 02 2009

Ils sont deux, jeunes et beaux, pleins d’idées et d’envie de réussir. Laurent et Frédéric sont les heureux gérants du nouveau complexe sportif Futbol Futbol Bordeaux, installé rive droite, Quai de la Souys. Mais derrière le lisse de la photo, se dessine au fil des mois la mise en place d’un monopole.

Deux mille mètres carrés, rien que pour le foot. A l’abri. Entre potes. Avec un bar pour boire des bières après l’effort. Le paradis des fouteux, des hommes, des vrais. Au centre Futbol Futbol Bordeaux, depuis la mi-janvier, les vigoureux mollets se pressent pour frapper dans le ballon, à cinq contre cinq (c’est le Fut5®) ou à deux contre deux (Jorkyball®).

Le foot en salle a beau approcher les quatre-vingt bougies, il est de moins en moins ringard. Les premières compétitions internationales datent du tournant des années 1990, et les amateurs s’y mettent, médiatisation aidant. Des centres comme Futbol Futbol ouvrent au rythme de 5 à 10 par an en France.

Les règles sont simples : marquer des buts, sans tirer sur le T-shirt du copain puisque tout contact est, en théorie, interdit. L’autre différence avec le foot de Zizou réside surtout dans le type de terrain : à peu près la moitié de la taille habituelle pour le Fut5®, tandis que le Jorkyball® se joue sur 50m², entre quatre parois de plastique, plus un toit.

Arnaud, 25 ans, conseiller financier en apprentissage et grand amateur de foot traditionnel, apprécie les spécificités du Jorkyball®.

Le foot en salle coûte relativement cher : entre six et huit euros par personne pour une heure de jeu, plus la location des chaussures. Des tarifs qui assurent l’homogénéité de la clientèle : de jeunes actifs, ouverts aux extensions de consommation. Groupe Facebook, réservation par Internet, soirées à thème et bruschettas, l’enseigne joue la carte modernité. Et c’est bien là-dessus que se font les marges. Le centre rive droite se veut « centre récréatif », avec son espace bar de 160m².

Laurent Lacote, co-gérant, décrit son Sport Café.

Retransmission des matches sur écrans géants, tournois de Playstation, soirée brésilienne avec danseuses et capoeira, service de pâtes avec choix de sauce, cet aspect-là fait partie du concept Futbol Futbol®. Ne pas oublier le ®. Au-delà du foot en salle, le Fut5 ® et le Jorkyball ® ont des règles propres, et des critères d’homologation particuliers. Deux ® ensemble, plus l’espace détente, font l’enseigne Futbol Futbol ®. Tous droits réservés : pour former un club ou participer aux compétitions, pas d’autre moyen que d’appartenir au réseau.

Emmanuel Poigneau est reponsable du développement France chez WSB, société propriétaire des marques Fut5 ®, Jorkyball ® et Futbol Futbol ®.

Laurent et Frédéric étaient joueurs avant de passer entrepreneurs. Leur but aujourd’hui : féminiser la clientèle. Pas facile, quand les trentenaires viennent pour se défouler, mais indispensable pour que le produit soit complet.

Cathy Colin





Soirées quizz: questions pour un pochtron?

12 12 2008

Le Titi Twister, le petit pub de la rue Leyteire

Le Titi Twister, le petit pub de la rue Leyteire

On connaissait des pubs l’ambiance pintes, matchs de rugby et musique celtique. Mais une autre activité réunit les bordelais autour de leur bonne vieille chopine: les soirées quizz. Un principe simple: des équipes, des questions et un seul gain: de la bière…

Le mardi à 21h30, il n’y a plus une table de libre au Titi Twister. L’heure du quizz a sonné. Maxime Melun, le patron, saisit son micro et énonce les règles pour les petits nouveaux. Comme dans une salle d’examen, il rappelle que l’usage du téléphone portable est interdit sous peine de disqualification. Ça peut faire sourire, mais la tentation est grande. Les questions ne sont pas toujours faciles et le gain du vainqueur est alléchant: une tournée offerte.

Rien de surprenant à ce que les étudiants soient les plus grands fans de ces quizz. Un brin de compétition se fait sentir entre les tables mais l’ambiance reste très décontractée. Ils viennent surtout pour s’amuser. « Et si on gagne la tournée, c’est mieux! » plaisante Camille, une habituée des quizz. Mais trois séries de dix questions plus tard, on peut quand même lire une certaine déception sur le visage des perdants.

Les joueurs semblent pourtant tous d’accord: participer à un quizz, ce n’est pas faire un “jeu à boire”. Ça, ils peuvent le faire chez eux avec un trivial pursuit et un pack de bières. Mais la même phrase revient dans toutes les bouches: c’est un bon moyen de « picoler gratos » dans une ambiance sympa.

Quizz et tournée du patron, même combat

Derrière le divertissement se cache peut-être un problème. Faire gagner de l’alcool, n’est-ce pas une incitation à boire? En pleine polémique sur la suppression des happy hour et des open bar, on peut se poser la question. Du côté des patrons de pubs, la réponse est unanime: ils ne forcent personne à boire. « Faire gagner de l’alcool, c’est comme offrir une tournée au client. » se défend le propriétaire du Cock and Bull. L’équipe vainqueur de son quizz remporte trois pichets de bière. « A peu près une pinte par personne. » précise-t-il, « Pas de quoi s’affoler ». Même avis pour Suzanne, chef de salle au Frog and Rosbif. « On propose même aux clients de prendre leurs pichets un autre jour. S’ils ne veulent pas boire, ils ne perdent rien. » Ils assurent tous respecter les lois classiques: ne pas vendre d’alcool aux mineurs, refuser de servir un client trop éméché. Mais pour les quizz, ils ne voient pas le problème. La question leur paraît visiblement saugrenue. « C’est un pub, les gens viennent ici pour boire! » conclut Suzanne.

Viens boire un p’tit coup à la maison

Le discours est bien rodé et ne masque volontairement pas la stratégie commerciale. Les quizz, c’est surtout un bon moyen de faire venir un maximum de personnes dans le pub.

Les joueurs du "Titi quizz" attendent les résultats

Les joueurs du "Titi quizz" attendent les résultats

Les joueurs viennent entre amis, souvent à six ou sept. Et ils n’attendent pas le verre gratuit pour consommer. Le jour du quizz n’est pas non plus choisi au hasard. Dimanche, lundi, mardi, des jours de faible affluence dans les pubs. Si certains assument de choisir ces jours pour remplir le bar, d’autres préfèrent expliquer qu’organiser un quizz en fin de semaine serait ingérable. Pour convaincre les hésitants, les pubs rendent leurs quizz accessibles à tous. Tous les thèmes y passent et le facteur chance compte souvent. Avoir un bac+8 ne vous aidera pas à trouver, parmi trois propositions, combien de personnes paient l’ISF à Bordeaux ou quel cri pousse l’alouette.

De l’humour, de l’ambiance, de la bière, les pubs ont trouvé la formule magique pour attirer le client et surtout le faire revenir. Les autorités n’ont pas l’air de s’en émouvoir… pour l’instant.

Elise Roullet Renoleau


Sites Internet des pubs:

Frog and Rosbif

Cock and Bull

 





Afterwork bordelais : convivial et désuet

12 12 2008

Une fois par semaine, après une dure journée de labeur, de jeunes actifs décompressent en afterwork de 19h00 à 2h00 du matin. A Bordeaux, les soirées Seven2one de la Dame de Shangaï réunissent des trentenaires relâchés dans une ambiance intime mais légèrement has been .

La péniche de la Dame de Shangaï attend les premiers "business-fêtards"

La péniche de la Dame de Shangaï attend les premiers "business-fêtards"

Jeudi soir 4 décembre, la pluie s’abat sur le quai Armand Lalande, bassin à flot n°1.

Terminus de la ligne de tram B, l’ancienne zone portuaire déserte et glauque, semble être un drôle de lieu pour faire la fête.

Au milieu de hangars et de friches industrielles, à proximité de l’usine Lesieur, une péniche rouge isolée est amarrée au quai.

C’est la Dame de Shangaï, bateau restaurant et night-club, point de rencontre des travailleurs en quête de distraction nocturne.

Surprise : la chaleur intérieure de l’ancien pétrolier fluvial, relooké façon jonque chinoise, contraste avec la froideur extérieure. Une lumière tamisée teintée de rouge enveloppe quelques quadras étendus sur des canapés lounge. « C’est un peu isolé mais le cadre est sympa » commente Céline, informaticienne habituée des soirées depuis leur création il y a deux ans.

Échappatoire intimiste

21h00, l’afterwork est lancé depuis deux heures, le restaurant affiche complet mais au bar il n’y a pas foule. A peine une dizaine de personnes sirotent de coûteux cocktails ou dégustent une assiette « sur le pouce ».

Les aléas météorologiques ont-ils dissuadé les seven2oners ? Les actifs sont-ils vraiment adeptes de ces soirées à horaires décalés?

Gwendie Lacaille, organisatrice des afterworks  pour l’agence Capsicom, se montre optimiste et néanmoins réaliste : « Chaque soirée atteint généralement une fréquentation de 350 personnes, mais la plupart d’entre elles arrivent à partir de 22h ».

Les quelques participants déjà présents se connaissent. Amis, collègues, se retrouvent dans une ambiance calme et conviviale pour se détendre et échanger à l’apéro. « Dès que je finis le boulot je rejoins une amie ici et j’oublie mes tracas. Ce qui me plait c’est de pouvoir boire un verre tranquillement et de discuter dans un lieu où l’on s’entend » confie Céline. Et quand on lui demande pourquoi elle sort en dehors de la ville et de son effervescence, la jeune femme nous explique qu’elle préfère « un lieu décontracté, loin des hordes d’étudiants et de l’électro, omniprésente dans le monde de la fête à Bordeaux ».

D’autres sont là dans l’espoir de faire des rencontres. Stéphanie, assistante commerciale fidèle depuis un an aux soirées seven2one, ne cache pas son objectif : « Je viens le jeudi pour fréquenter des actifs trentenaires et souhaite si possible nouer des contacts, élargir mon cercle d’amis ». Et une de ses collègues de renchérir ironiquement : « Avoue que tu viens ici pour trouver un chéri ! » David et Jean-Marie quant à eux, célibataires quadragénaires et amis depuis vingt-cinq ans, n’excluent pas de trouver l’âme sœur pour leur première soirée afterwork. Et si l’amour n’est pas au rendez-vous « on finira par se pacser » plaisantent-ils.

Animations rétro

A partir de 21h30 la croisière s’amuse. Les fêtards sont invités à participer à des activités ludiques dans les cales du bateau. Les 25-40 ans, munis de buzzers, s’affrontent via des quizz thématiques projetés sur écran géant. Dans une ambiance joviale digne du « Club Med » un animateur se charge de  stimuler la compétition : « Quelle va être la tête d’affiche de ce soir ? Les filles seront-elles meilleures que ces messieurs ? »

Face à un écran géant, buzzers en main, les actifs testent leurs connaissances

Face à un écran géant, buzzers en main, les actifs testent leurs connaissances

Mais le concept désormais vieillissant du quizz en soirée ne fait pas l’unanimité chez les trentenaires. Bernard et Cyril, cadres de l’ aéronautique, observent d’un œil circonspect les participants captivés par ces jeux vidéos pour grands enfants. Ils avouent leur ennui et leur déception: « Ces jeux ne nous attirent pas, nous sommes ici pour danser sur une musique tendance. Nous ne reviendrons certainement pas ».  Le karaoké, deuxième temps fort de l’« apéro-game », n’a guère plus de succès auprès des actifs impatients de faire la fête.

Vers 23h les projecteurs s’allument enfin et le sous-sol de la péniche fait place à la danse.  Il reste trois heures aux cadres énergiques pour se défouler, et c’est bien assez : « Si la discothèque fermait plus tard, je me laisserai entrainer toute la nuit par le son des années 1980 et n’aurai pas l’énergie de me lever au matin » admet Stéphanie. Après avoir enflammé le dance-floor jusqu’à 2h00 du matin, les noctambules abandonnent le navire pour quelques heures de sommeil, certains d’être opérationnels dès 8h00.

Marion Chantreau

Seven2one

Afterwork tous les jeudis de 19h00 à 2h00

Dame se Shangaï

Bassin à flot N°1, quai Armand Lalande

33000 Bordeaux