Archives de Tag: art contemporain

Secousse artistique cours de la Marne

7 déc

Aérolithe Galerie recevait, ce samedi 3 décembre, le Prix de l’innovation associative de la ville de Bordeaux pour ses ”Idées lumineuses”. Il y a tout juste un an, les quatre membres de l’association imaginaient un espace où les savoir-faire et les pinceaux s’emmêlent. Retour sur l’un des lieux artistiques les plus prometteurs de Bordeaux.

L'une des illustrations de la galerie d'art réalisée par Khalil Crédit photo : Aérolithe Galerie

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L’art contemporain pour les nuls

6 déc

Le départ est donné allée de Tourny à 14h30 -Photo Olivier Mary

A l’occasion de la traditionnelle journée sans voiture dans le centre ville, le bus de l’art contemporain conduit jusqu’à soixante dix personnes vers des expositions proposées par des galeries, des musées et des collectifs d’artistes à travers la ville de Bordeaux… Pour la modique somme de cinq euros. Le but est de promouvoir l’art contemporain et de l’ouvrir à un public plus large. Une mission délicate…

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PORTRAIT | Jofo, l’artiste ludique, pudique et public

13 nov

Après une rétrospective cet été au musée de Dax et une exposition à Paris qui vient de se terminer, le peintre Jofo, bordelais d’adoption, nous reçoit dans son atelier de la ZAC résidentielle des Chartrons. L’occasion d’évoquer ses vingt ans de carrière et la culture à Bordeaux.

Jean-François Duplantier, alias Jofo

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Plus qu’un simple Hangar en bois…

11 nov

A l’occasion du festival « Art Chartrons » qui fête sa sixième édition du 4 au 14 au novembre, Francis Viguera ouvre aux visiteurs son atelier de la rue Vieillard, le « Hangar en bois ». Mais ce spécialiste des œuvres à base de matériaux de récupération acceuille aussi les œuvres de deux autres artistes, un photographe et un dessinateur, fascinés comme lui par la ville et les espaces urbains.


 

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La Morue noire, l’art contemporain à la sauce bèglaise

5 nov
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Le sculpteur Yves Cormier installe ses créations en vue de la biennale 3D.

Ces jours-ci l’activité est débordante à la Morue noire, les sonneries de téléphone récurrentes en sont la preuve. Tout le monde prépare activement la biennale 3D dont le vernissage est prévu le 6 novembre prochain. Dans la salle d’exposition principale, Yves Cormier peaufine l’installation de ses sculptures. Créées à partir de divers matériaux, certaines sont articulées et d’autres équipées de moteurs électriques, illustrant parfaitement le thème « mouvement et langage » de cette année. L’événement est organisé sur deux sites : dans les locaux de la Morue noire ainsi qu’au bâtiment 20 du site des Terres Neuves. Ubiquité donc, mais sans la « double temporalité » incomprise d’un grand événement bordelais récent…

« Nous sommes tous dans la même démarche, celle d’exister ensemble en faisant ce que l’on aime. »

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Rendez-vous au Lion Bleu

14 déc

Trois ans que le Lion Bleu de la Bastide trône à l’entrée du quartier. Arrivé avec le Tramway, ce cerbère veille sur le passage de la Garonne. Posté devant le pont de pierre, sur la place Stalingrad, l’animal intrigue. Pourquoi un lion ? Pourquoi bleu ? Pourquoi ici ? Des questions simples qui reviennent dans la bouche de tous les habitués de cette place.

La statue de la Bastide à Bordeaux communément appelée le Lion Bleu

Le Lion Bleu de la Bastide de son vrai nom le Lion de Veilhan

Esthétiquement le Lion Bleu choque les habitants du quartier. Pourtant il semble bien s’intégrer. Chacun l’apprivoise à sa manière. Les enfants jouent à cache-cache entre ses pattes. Les jeunes audacieux l’escalade. « Quand il fait trop chaud je me mets à l’ombre sous son ventre » raconte une des grand-mères toujours rivées sur le banc. Mais la bête reste avant tout un lieu de rendez-vous incontournable. La statue gigantesque est connue de tous et de toutes à la bastide. En trois ans elle est devenue le point de repère de ce quartier en pleine rénovation.

Amaury et Aurélien sont gérants du bar L’é qui donne en plein sur le Lion Bleu. Ils expriment leur point de vue sur la structure qu’ils côtoient tous les jours.


Il est 17h. Les passagers du tramway s’entassent sur les quais de l’arrêt Stalingrad. Personne n’a l’air de porter son regard sur le lion bleu qui montre sa gueule au milieu de la place. Comme s’il faisait partie du décor. Deux grand-mères sont assises sur un banc, faces à l’imposante statue. « On ne fait plus attention à lui », expliquent-t-elles. Indifférence ? Pas toujours. « Ça reste un sujet de conversation, les gens du quartier s’en plaignent souvent » commente Leyla, employée dans le restaurant l’Alcazar. Elle ajoute : « Je le trouve vilain, je n’aime pas sa couleur. L’idée d’un lion c’est bien, c’est fort, mais pourquoi l’avoir mis ici ? ».

Benoît Renaudin

Le Lion Bleu s’appelle en fait le Lion de Veilhan, du nom de son créateur. La création de la statue a pris 2 ans pour être installée en 2005 sur la place Stalingrad. L’artiste explique pourquoi il voulait un lion à la bastide.


Le bus de l’art contemporain : ludique rendez-vous bordelais

29 nov

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Chaque premier dimanche du mois, jusqu’à 90 personnes investissent cette navette pour jeter un oeil à l’actualité artistique contemporaine bordelaise. Une balade de sept lieux, sept lieux d’exposition, à voir en un après-midi. Prérequis : cinq euros, un soupçon de curiosité et un peu de courage.

C’est dimanche sans voitures aujourd’hui à Bordeaux, comme tous les premiers dimanches du mois. Place au bus, donc, au bus de l’art contemporain.

Deux ans déjà que cette navette entraîne Bordelais et CUBains dans les espaces d’exposition de la ville, de Mériadeck aux Chartrons. Les visites sont rapides : une petite demi-heure chacune, bien serré contre l’épaule du voisin. Pour donner quelques clés d’interprétation, Brigitte Beau-Poncie, chargée de mission à la mairie, est assistée d’un(e) élève des Beaux-arts, différent(e) chaque mois, comme le circuit à présenter. Le but : “donner envie“. Emmener au-delà des dépliants, si nombreux à s’entasser sur le guéridon. Le succès ne fait que grandir, on a refusé du monde ce mois-ci.

Parmi les voyageurs, cherchez Mme Hermès, et Mme Froufrou*. Mme Hermès, responsable culturelle à la retraite, lunettes rectangulaires et montures noires, a l’habitude des galeries et des musées. Mme Froufrou, elle, a délaissé Floirac et enfilé son fuseau à fleurs pour aller se frotter à l’art contemporain.

Découvrir des lieux inconnus

Mme Hermès n’a pas vraiment aimé le premier arrêt : “A mon âge, je suis passée à autre chose“. La librairie spécialisée La mauvaise réputation propose pour quelques semaines les oeuvres sur carton de DRAN, jeune artiste toulousain. Des dessins humoristiques au cyanure pour voir la liposuccion comme une mise en tube de mayonnaise. Ils sont installés au fond de la boutique.

Et il faut bien y aller, au fond. La librairie est étroite ; un petit train de visiteurs se forme tout autour du long présentoir central. Ca bouchonne un peu, et pas moyen d’éviter les livres proches : History of Men’s magazines, Sexy Girlfriends, Bubble Bath Girls. Madame suit Monsieur, tourne quelques pages. Et puisque tout le monde le fait, on s’encanaille en souriant. Mme Froufrou le dit : “c’est amusant“. Reviendra-t-elle se documenter à La Mauvaise réputation? “Pourquoi pas, si jamais je passe devant…

 

Chaleur humaine

dscf1445.jpgMmes Hermès et Froufrou, à bord du bus, ne se parleront pas. Trop de fleurs sur fuseau les séparent. Pourtant, à cotoyer les mêmes personnes pendant quatre heures, certains finissent par engager la conversation. On révise son Bordeaux : “Tiens, j’avais oublié cette rue, pourtant tu sais c’est là que…“. On s’interroge sur l’exposition précédente : “Intéressant, mais était-ce de l’art ?
- Monsieur, qu’est-ce que l’art?“.

Au centre d’architecture Arc en rêve : “Tu fais quoi ce soir ?”

 

En fin de journée, Mme Hermès emportera l’adresse des Mots bleus, un restaurant-salon de thé qui accueille des artistes et une clientèle bo-bo “très féminine“.

Ca se terminera bien, pour Mme Hermès, mais ce n’était pas gagné. La promiscuité la gêne, il fait chaud. Pas très loin d’elle, une dame courbée, le bonnet de laine bleu ciel sur les oreilles pour ne pas avoir froid, doit rester debout : les places assises sont prises.

Le bonnet bleu, c’est Mme Rose. Elle a bien 75 ans, selon les veines violettes de ses tempes, et un air délicat d’ancienne institutrice. Bordelaise, c’est son troisième bus de l’art contemporain. Voûtée, un peu branlante, elle suit avec une ténacité tranquille la bande qui se rend au centre d’architecture Arc en rêve pour étudier les possibilités de rénovation urbaine du centre historique de Bordeaux. Elle aurait dû avoir l’un de ces bonbons, dans un sachet-surprise donné par Mme Beau-Poncie à la sortie de l’exposition précédente. Mais voilà, trop de mains s’étaient déjà tendues, plus de bonbons. Mme Rose n’est pas assez rapide.

L’effet de la poule

Elle tient le choc pourtant, face à la créature d’Anne Zimmerman. L’artiste de Mulhouse s’est constitué un costume de peaux de poule plumées, séchées et tanées, présenté à l’Espace 29, cinquième arrêt, par l’association Totoche Prod. Dans ses dessins et ses vidéos, Anne Zimmerman hésite violemment et désespérement entre femme et volaille.

En l’occurence, l’être hybride se taille la langue au couteau après avoir avalé une poignée de vers. Mme Beau-Poncie expliquera, quelques minutes plus tard : “Pour retrouver quelque chose de sa féminité, la poule doit commencer par couper cette langue inhumaine”. En attendant, face à l’écran, conditionné par plusieurs heures de vie en commun, un groupe naît. On échange des regards dégoûtés, des moues et des rires de scepticisme. “Beuârk”, commente Margot, 15 ans. Pas de doute, c’est bien de l’art contemporain.

L’avis de Nathalie Canals (Totoche Prod), et d’Harry Wanders, directeur technique à l’Espace 29.


L’après-midi touche à sa fin. Mme Rose est partie un peu plus tôt que prévu, les jambes lourdes. Mme Hermès est contente : “Je suis mentalement plus disponible en réservant quatre heures à l’art de cette manière.” Quant à Mme Froufrou, elle rentre chargée de prospectus : “C’est important ces visites, sinon, ces galeries, on les oublie.

Nul ne sait si l’art contemporain se sent mieux compris après une visite du car bordelais. Mais les voyageurs, eux, reviendront. Mme Beau-Poncie, il va falloir un deuxième bus.

Cathy Colin

Les noms, sauf celui de Mme Beau-Poncie, ont été changés.

Le bus de l’art contemporain : tous les premiers dimanches du mois, départ à 14h30 devant le Kiosque culture, allées de Tourny. Retour au même endroit à 18h30. 5€. Tél : 05 56 79 39 56.

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