Archives de Tag: association

Danse avec les roues

7 déc

Depuis cinq ans, Sandrine Darracq et son équipe organisent des cours de danse de société handi-valides. Un marchant, un roulant et un seul but : apprendre à danser. Samedi 3 décembre, l’association Hand to Hand s’est vu remettre le prix de l’Innovation Associative de la ville de Bordeaux par Alain Juppé en personne. Zoom sur une activité encore méconnue.

Cours de rock au CL2V de Bordeaux Mérignac (crédit photo : Elsa Landard)

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Profession : Clown stéthoscope

6 déc

Le chalet des "Artistes en herbe". Crédit photo : Aurélie Simon

Au marché de Noël de Bordeaux, allées de Tourny, les stands se succèdent et se ressemblent chaque année.  Le vin chaud, les chapkas, le porte-bouteille de vin (celui qui siègera dûment sur la table de noël, pour que le père de famille épate son beau frère)…  Et au milieu de ce tableau, les Clowns Stéthoscopes. Mais qui sont-ils exactement ?  Retour sur une drôle de profession.

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AMNESTY BORDEAUX SE REFAIT UNE JEUNESSE

21 nov

Bénévoles avertis et organisation rodée: l’antenne bordelaise de la première association de lutte pour les droits de l’homme mène une action bien ancrée sur le terrain… qui en ferait presque oublier les timides initiatives de la branche jeune. Retour sur une rentrée 2010 contrastée où les novices n’ont pas encore dit leur dernier mot.

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Il est 20h15 au 31 rue Cursol. Au premier étage de l’immeuble vétuste, l’heure est à l’agitation. Comme tous les premiers mardis de chaque mois, les membres de la section bordelaise d’Amnesty International se retrouvent, dans une ambiance bon enfant, pour une mise au point.

« Ah ! Mais c’est les jeunes ! »

À l’ordre du jour, les actions du mois prochain, inscrites dans la campagne nationale « Dignité », qui fixe le respect des droits de l’homme comme premier critère indispensable à la résorption de la pauvreté. L’exposition photo de la FNAC Sainte-Catherine, réalisée en collaboration avec le collectif indépendant de photojournalistes « Œil Public », vient de s’achever.

Le groupe peaufine l’organisation d’un concert et s’attèle aux projets en cours. Véronique Prigent, la reponsable adjoint, constitue la liste de permanence pour le « Marathon des mots ». L’édition 2010 de cette manifestation annuelle aura lieu le 6 décembre, au cinéma Jean Eustache de Pessac. Le choix du lieu et de la date ne sont pas anodins, comme me l’explique ma voisine : « Nos manifestations se déroulent souvent dans ce cinéma, le public nous connait bien. Après la diffusion du film « Au loin, les villages » sur le Soudan, il s’agira d’encadrer les volontaires pour la signature de pétitions en ligne, à l’approche du 10 décembre, date anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948». La porte s’ouvre alors sur une jeune tête bouclée. « Ah! Mais c’est les jeunes ! » s’étonne t-elle, ignorant visiblement le maintien d’une Antenne Jeune (AJ), regroupant les bénévoles de moins de 30 ans.

Dans le couloir, 3 étudiants sont installés autour d’une table : un aménagement de fortune qui en dit long sur la perte de statut du groupe jeune, même si ces rescapés de l’AJ bordelaise comptent bien reprendre du service rapidement.

Des jeunes à pied d’œuvre

Parasitée par le turn-over des membres, pour la plupart étudiants et bordelais provisoires, l’antenne réduite, ne dispose même plus de trésorerie. Horia, le plus ancien, s’en occupe mais le siège tarde à répondre. Quant à Mathilde, étudiante à Sciences Po, elle vient de ramener une nouvelle recrue, Lucile, une camarade de promo.

La sensibilisation d’un public jeune reste leur première préoccupation, besoin de visibilité oblige. En ce sens, des stands d’information, signatures de pétitions à la clé, sont décidés à Sciences Po, Bordeaux 3 et 4, pour les deux semaines à venir. « Mais nous ne voulons pas toucher que des étudiants, car Amnesty ne se veut ni élitiste ni réductrice. C’est pourquoi nous projetons, comme cela a été fait l’an dernier, d’organiser des concerts pour atteindre les jeunes travailleurs »

Mathilde et Lucie emploient leur pause déjeuner à la tenue de stands d'information. LT

Dans un souci didactique, l’autre ambition de l’action jeune vise à informer et débattre sur des problématiques traitées par Amnesty ou qui leurs sont liées. Passage dans les écoles, collèges ou lycées dans le cadre d’un cours d’éducation civique, conférences avec des universitaires et membres associatifs, ou encore projection de films…les idées fusent. Reste encore à les réaliser, à créer et mobiliser des contacts. En bref, communiquer et s’en donner les moyens. À ce propos, où sont passés les derniers 20 euros engrangés par le concert ? « Je vous les ai empruntés, je pensais qu’il n’y avait plus personne moi ! Si on ne me dit rien, je ne peux pas savoir ! Je n’allais pas laisser dormir cet argent ! » se justifie sous un rire nerveux, Mme Prigent. « Mais je vous le rendrais ! » rassure t- elle.

Il en fallait beaucoup plus pour décourager ces trois mousquetaires des droits de l’homme, pas peu fiers de m’exposer leur attirail : rapports, pin’s, bracelets, t-shirts, cartes postales libellées à l’adresse du ministre de la santé burkinais pour l’amélioration des conditions d’accouchement dans son pays… « Cette action est d’ailleurs à redéfinir car le gouvernement a fait quelques pas en avant, on attend que ça soit effectif ou non pour relancer différemment » commente Mathilde. Pleine d’entrain, elle fixe les prochains rendez-vous, ambitionne des réunions hebdomadaires et envoie rigoureusement le compte-rendu par mail à ses acolytes.

Deux semaines plus tard, au 31 rue Cursol, l’AJ se réunit de nouveau…Et la table de réunion est devenue bien étroite. Les « opérations séduction » ont portés leurs fruits. Quatre nouveaux étudiants sont venus grossir les rangs des jeunes bénévoles, une dizaine de pétitions ont été envoyées au siège et, des événements tels qu’une conférence sur le droit d’asile à Sciences Po, se concrétisent. Plutôt de bon augure pour la suite.                                                                  Ludivine Tomasi
Contacts :
-Site local d’Amnesty : 31 rue Cursol. 33000, Bordeaux. 05.56.81.52.47 Arrêt de tram : musée d’Aquitaine.
www.amnesty.fr/jeunes

90.10 FM, La Clé à contre-courant des ondes.

7 nov

Le pari était osé, mais la Clé des Ondes prouve qu’une radio sans pub et qui dure, c’est possible. Une grosse motivation, une bonne organisation et des gens qui ont des choses à dire sont les éléments de la réussite.

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Pas de pub, pas de luxe ; mais une indépendance complète.

Depuis juillet 1981, une radio pas comme les autres émet à Bordeaux. Mitterrand avait à peine libéré les ondes que quatre passionnés saisissaient l’opportunité de créer un outil d’expression populaire, indépendant et engagé. (Lire la suite…)

Dur quotidien aux Restos du Coeur

6 nov

Le point de distribution du XIXè arrondissement à Paris met à disposition des repas chauds toute l’année. Neuf cent bénéficiaires y sont inscrits. Même s’ils ont perdu toutes leurs illusions, les bénévoles tentent de les aider.

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Douze bénévoles se relaient chaque jour pour distribuer les repas chauds

470 en deux heures. Voilà le nombre de repas que servent les Restos du Cœur dans le local de la porte de la Villette. 470 personnes, à « 95% d ’étrangers » selon Hervé Le Marchand, responsable du point de distribution. Il regrette que les médias ne présentent pas la véritable image des « clients ». « Ce n’est pas la petite mamie avec son sac ».

Le sourire bienveillant de Coluche sur les affiches contraste avec le discours des bénévoles.« Il faut faire la chasse, ne pas être laxiste » devant ceux qui essayent de profiter explique Hervé.

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La violence sur grand écran

19 déc

En partenariat avec l’association bordelaise SOS violences sexuelles, l’espace Jean Vigo a diffusé le film canadien la capture. Ce long-métrage illustre l’horreur des violences intra-familiale. Un sujet qui dérange ; les spectateurs étaient peu nombreux dans la salle.

Rose a vécu l'horreur pendant toute sa jeunesse. Mais un jour, les choses s'inversent. C'est elle qui va finalement terroriser son père.

Rose a vécu l'horreur pendant toute sa jeunesse. Son enfance a tourné au martyr. Mais un jour, les choses s'inversent. C'est elle qui va finalement terroriser son père.

La tension est latente, le sujet sensible. Pas un murmure ne saurait troubler le calme qui règne dans l’unique salle du cinéma Jean Vigo ce mardi 2 décembre. Il est à peine plus de 20 heures. Chantal Pieters, présidente de l’association SOS violences sexuelles, présente le film en quelques mots. Une cinquantaine de personnes est venue assister à la projection.

Régulièrement, le cinéma diffuse des longs métrages en partenariat avec des associations. Pourquoi celle-ci ? « Parce que son objectif est digne d’intérêt », affirme Sébastien Gouverneur, le programmateur de la salle. L’association apporte soutien psychologique et conseil juridique aux victimes de sévices sexuels ainsi qu’à leurs proches.

La capture, un film canadien de Carole Laure, retrace l’histoire de Rose, une jeune fille de 20 ans hantée par la violence de son père. De passage dans sa banlieue natale, elle réalise que sa mère et son frère sont toujours victimes de coups. Inquiète pour eux, elle décide de prendre les choses en main et kidnappe son père pour lui faire reconnaître ses erreurs. Un film choc, mais pas choquant. La violence y est bien moins mise en scène que le lien qui unit les victimes. Mais elle est tout de même là, sous-jacente, omniprésente. Impossible pour le spectateur de rester insensible aux souffrances endurées par cette famille. Les blessures physiques et psychologiques sont trop clairement visibles.

“Un film coup de poing”

La diffusion devait être suivie d’un échange sur le sujet. Mais lorsque les lumières se rallument, l’assemblée a l’air sonné. Certains spectateurs partent même sans demander leur reste. « C’est un film coup de poing qui ne permet pas vraiment le débat », remarque Martine Asselain, membre de l’antenne bordelaise d’Amnesty International. Alors, au côté de Chantal Pieters, elle se contente de dire un mot sur la situation des femmes dans le monde. Une simple piqûre de rappel en espérant néanmoins que la séance aura sensibilisé le public : « Un film bien fait sur le sujet vaut mieux que n’importe quel rapport officiel. »

Marie-France Emond, bénévole au sein de SOS violences sexuelles, semble regretter le manque de réalisme de l’œuvre. Il lui paraît difficilement concevable qu’une jeune fille ait pu affronter son père seule, sans le moindre soutien, tel que l’actrice le fait. Et elle qui fut victime de sévices par le passé ne croit pas que ce film puisse avoir de répercussions sur la conscience des spectateurs, et ce même si la question de la violence est plutôt bien traitée : « c’est un film de violence comme on en voit quotidiennement à la télévision. »

Un avis que partage Seline van den Ameele, une étudiante belge qui prépare une thèse sur ce sujet. A défaut de toucher le grand public, l’intéressée croit néanmoins que ce film peut libérer la parole des victimes. « Cela leur permet de voir qu’elles ne sont pas seules, qu’il est possible de faire quelque chose. Leur situation n’est pas sans issue. »

Rompre la loi du silence

Et si la diffusion du film a pu servir à cela, c’est au moins un bon point. Les membres de SOS violences sexuelles ne se font pas d’illusion. Les questions de viol et d’inceste sont encore très taboues au sein de la société. Bien sûr, dès qu’ils en ont l’occasion, les bénévoles tentent de couper court aux idées reçues sur les violences sexuelles. Comme ce jour où la présidente a remis à sa place une passante qui affirmait que seules les jeunes femmes maghrébines étaient victimes de viol.

Le but originel de l’association n’est pas la sensibilisation, mais bien la rencontre et le dialogue entre les victimes. « Lorsque ça m’est arrivé, il n’y avait aucun lieu sur Bordeaux pour en parler », explique Chantal Pieters qui a elle-même créé l’association en 1996. A l’époque, la structure est alors la première du genre à accueillir les victimes de ce type d’agression. L’association a mis en place un groupe de parole qui se réunit régulièrement. Elle se constitue également partie civile à la demande des victimes et les aide à préparer procès et confrontations. Et Marie-France Emond de constater : « Ce qui est primordial, c’est la reconnaissance mutuelle entre les victimes. La souffrance se partage si on veut s’en sortir. Tout seul, on n’y arrive pas. »

Laurenne JANNOT

SOS violences sexuelles
31, rue de Cursol
33000 Bordeaux
05.56.44.62.09.
viol-et-agression.sosblog.fr

Nez rouges et blouses blanches

12 déc

Lilou et Boulette à l'Hôpital Pellegrin

Lilou et Boulette à l'Hôpital Pellegrin

« Même malade je reste un enfant »  devise des Clowns Stéthoscopes, elle guide les interventions de l’association au sein de l’hôpital des enfants Pellegrin, de l’hôpital Haut-Lévêque et du centre François Magendi. Les clowns dans l’hôpital ? Loufoque, décalé, audacieux, compliqué…c’est désormais une évidence pour les enfants soignés à Bordeaux.


« Un lieu de vie »

La mission des Clowns Stéthoscopes est de faire de ce lieu aseptisé un lieu de vie, de rire, de joie. Parce que l’hôpital c’est « aussi un lieu de vie » pour Stella Aucharles, coordinatrice de l’association chargée du suivi de projet et de la recherche de fonds. Un lieu à dédramatiser, où il faut détendre tant les parents que les enfants, qui sont plus à même de recevoir soins et traitements.
« On veut redonner le pouvoir aux enfants. A l’hôpital ils ne peuvent pas dire non à grand-chose », l’enfant au centre du jeu, c’est l’objectif fixé par les Clowns Stéthoscopes. On demande avant d’entrer dans une chambre, si la réponse est négative on teste pour savoir si c’est pour du rire ou non. « Non, c’est non », si c’est non le clown repart, toquera peut-être plus tard. Un non a toujours une raison, au clown de la respecter.

Une étroite collaboration avec les blouses blanches

La collaboration instaurée avec l’équipe médicale est un élément très fort pour les clowns, il leur permet d’intervenir en sachant à quel public ils s’adressent. Des indications leur sont données au niveau des repères physiques de l’enfant, sur son état psychologique, émotionnel, et sur son environnement.
La mise en place relationnelle se fait également avec le personnel soignant qui lui aussi peut avoir une appréhension envers le clown, personnage étrange, drôle et perturbant qui ne connaît pas la hiérarchie et peut gêner. Pour Mme Aucharles, c’est au clown de s’adapter, de connaître les limites, de bâtir des relations cordiales avec les blouses blanches « Chaque clown est responsable de sa relation avec le soignant ». L’intégration se passe bien, et les personnels hospitaliers apprécient la poésie, le rêve et la fantaisie que les clowns Stéthoscopes apportent dans les différents services.

Devenir clown avec un stéthoscope

La sélection est rude, même chez les clowns. Ne devient pas professionnel du gag en hosto qui veut. Première étape : la pratique du clown et la disponibilité. L’association ne forme pas de clowns, elle les recrute. La disponibilité est également une condition sine qua non à l’entrée dans la troupe.
Recrutés sur leur talent clownesque d’abord, la première audition ne prend en compte que l’aspect artistique de la pratique du clown, s’en suit un stage de simulation de pratique pendant une semaine, puis le clown validé, il aura douze interventions d’essai en duo avec un clown plus expérimenté.
Quand on demande pourquoi les clowns en viennent à vouloir intervenir en hôpital, on n’obtient pas de réponse claire, les clowns sont des personnages, ceux qui les font vivre s’effacent dans l’hôpital. La pudeur est de mise chez les clowns.
Pour parler de leur pratique, échanger, analyser les difficultés qui peuvent se présenter, assumer les « coups durs », les clowns se réunissent une fois par semaine durant trois heures avec une psy. Les « coups durs », un euphémisme pour parler des décès dans les différents services.

Du Rire aux Stéthoscopes

Avant l’association s’appelait « Pour de rire », depuis 2007 elle a revêtu un nouveau costume, celui des Clowns Stéthoscopes. Désormais ils sont professionnels, ce qui assure une structure stable pour un suivi régulier et continu à l’hôpital. Les interventions des clowns dans les hôpitaux ont pour but d’être professionnalisées, d’assurer leur perfectionnement au niveau artistique et humain.
Pour l’instant les clowns Stéthoscopes sont neuf et couvrent quatre services, ils aimeraient à horizon 2009 être douze clowns et couvrir huit services. La professionnalisation de l’équipe a un coût et Stella Aucharles se bat sans cesse pour pérenniser le projet. Tout est en place, reste à trouver les fonds pour continuer. Les bénévoles non-clowns sont les bienvenus et constituent déjà une équipe de soutien autour des Clowns Stéthoscopes, ils s’attellent à collecter des fonds durant diverses manifestations et mieux faire connaître l’action de l’association et ses projets.

Claire Burckel

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