Chaque jeudi soir, le Centre d’Informations et d’Activités Musicales organise des « Apérociams » dans ses murs. Le concept ? Donner la possibilité aux élèves de passer en concert devant un vrai public, boire un coup… et l’occasion d’inviter des musiciens reconnus. Cyril Achard était de la partie pour une démo-jazz. Portrait. (Lire la suite…)
Le jazz n’est plus dans les cordes de Novart
5 déc
Alors que l’équipe organisatrice de la 7e édition du Bordeaux Jazz Festival tire le bilan de sa saison, une polémique vient perturber le milieu culturel bordelais. Le festival de jazz ne se sent plus à son aise sous la houlette de Novart : le divorce à l’amiable est réclamé.
Le Bordeaux Jazz Festival (BJF) et Novart n’ont pas digéré la cuisine interne : fini les dîners en tête-à-tête, place aux intérêts individuels. Au bout de six ans de collaboration, le BJF réclame son indépendance financière et artistique : une liberté d’action qui n’est plus garantie par Novart selon l’équipe organisatrice du festival.
Un mariage forcé. En 2001, pour la première édition, le BJF n’était rattaché à aucun autre festival. Novart n’existait pas encore. A sa création en 2002 la mairie de Bordeaux a posé un ultimatum à l’équipe du BJF : se rattacher au nouveau projet culturel, sans quoi elle ne pourrait pas profiter des subventions. Anne Sorlin, directrice administrative du festival de jazz depuis ses débuts, revient sur les inconvénients de ce mariage forcé avec Novart :
Au sein du couple, le dialogue ne passe plus. Et il n’y a pas que l’équipe organisatrice pour énumérer les inconvénients du partenariat. La 7e édition du BJF, qui s’est déroulé du 30 octobre au 10 novembre, n’a pas démarré dans les meilleurs conditions. Des négociations entre les deux organisations ont été nécessaires pour s’entendre sur l’agenda et l’affichage d’annonce du festival. Le BJF n’aura pas le choix de la date, le festival de jazz se déroulera en fonction du calendrier de Novart : 1-0. Les affiches du Bordeaux Jazz Festival seront aux couleurs du festival municipal ou ne seront pas : 2-0 pour Novart.
Autre loupé de la communication : le retard dans la diffusion des affiches n’a pas été du goût de certains spectateurs, en mal d’informations. Dommage. Les prestations des artistes étaient pourtant de qualité, hautes en couleurs et tournées vers l’international. C’était le cas du groupe norvégien Zanussi Five (photo ci-contre).
De l’estime. Quand l’un des deux domine trop l’autre dans un couple, le dominé est toujours en quête de légitimité. C’est le défaut de trop, la goutte qui fait déborder le vase : Novart et BJF ne passeront pas la crise des sept ans. Au BJF de trouver un autre compagnon de route aux finances plus généreuses et à l’estime plus grande. Anne Sorlin et son équipe attendent beaucoup d’un éventuel nouveau partenariat :
Mariage polygame. BJF n’est d’ailleurs pas le seul à souffrir du comportement de son partenaire. Le Festival d’art contemporain Les Grandes Traversées et son directeur Eric Bernard se posent également la question du bien-fondé de leur collaboration avec Novart. Les Grandes Traversées ont une ambition nationale et internationale. Le bilan mitigé du projet municipal Novart pourrait sonner la fin de l’union. Eric Bernard le confirme dans une interview accordée à Sud Ouest : “Sans réponse de la part de la ville, nous ferons une pause ou nous arrêterons“.
Au sein de l’opposition, Cathy Lafon, membre de la commission culture des Verts à Bordeaux et collaboratrice du conseiller municipal Pierre Hurmic, remet en cause ces mariages contre-nature que le projet Novart a provoqué. Le festival « fourre-tout » ne connait pas, selon elle, de réelle harmonie. C’est un des principaux reproches faits au grand projet culturel municipal. Manque d’identité, liberté artistique bafouée… ce devoir conjugal était un cadeau empoisonné.
Un divorce à l’amiable ? Dans cette affaire de divorce les deux parties n’ont pas encore été entendues. En plein festival, Novart n’a pas su trouver le temps pour commenter les intentions du BJF. Le moment est d’ailleurs mal choisi puisque Novart se trouve actuellement au coeur du projet “Bordeaux 2013, capitale européenne de la culture”. La voix du Bordeaux Jazz Festival aura peut-être du mal à se faire entendre.
Article de Virginie Wojtkowski et Maxime Meyer

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