Bénévoles avertis et organisation rodée: l’antenne bordelaise de la première association de lutte pour les droits de l’homme mène une action bien ancrée sur le terrain… qui en ferait presque oublier les timides initiatives de la branche jeune. Retour sur une rentrée 2010 contrastée où les novices n’ont pas encore dit leur dernier mot.
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Il est 20h15 au 31 rue Cursol. Au premier étage de l’immeuble vétuste, l’heure est à l’agitation. Comme tous les premiers mardis de chaque mois, les membres de la section bordelaise d’Amnesty International se retrouvent, dans une ambiance bon enfant, pour une mise au point.
« Ah ! Mais c’est les jeunes ! »
À l’ordre du jour, les actions du mois prochain, inscrites dans la campagne nationale « Dignité », qui fixe le respect des droits de l’homme comme premier critère indispensable à la résorption de la pauvreté. L’exposition photo de la FNAC Sainte-Catherine, réalisée en collaboration avec le collectif indépendant de photojournalistes « Œil Public », vient de s’achever.
Le groupe peaufine l’organisation d’un concert et s’attèle aux projets en cours. Véronique Prigent, la reponsable adjoint, constitue la liste de permanence pour le « Marathon des mots ». L’édition 2010 de cette manifestation annuelle aura lieu le 6 décembre, au cinéma Jean Eustache de Pessac. Le choix du lieu et de la date ne sont pas anodins, comme me l’explique ma voisine : « Nos manifestations se déroulent souvent dans ce cinéma, le public nous connait bien. Après la diffusion du film « Au loin, les villages » sur le Soudan, il s’agira d’encadrer les volontaires pour la signature de pétitions en ligne, à l’approche du 10 décembre, date anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948». La porte s’ouvre alors sur une jeune tête bouclée. « Ah! Mais c’est les jeunes ! » s’étonne t-elle, ignorant visiblement le maintien d’une Antenne Jeune (AJ), regroupant les bénévoles de moins de 30 ans.
Dans le couloir, 3 étudiants sont installés autour d’une table : un aménagement de fortune qui en dit long sur la perte de statut du groupe jeune, même si ces rescapés de l’AJ bordelaise comptent bien reprendre du service rapidement.
Des jeunes à pied d’œuvre
Parasitée par le turn-over des membres, pour la plupart étudiants et bordelais provisoires, l’antenne réduite, ne dispose même plus de trésorerie. Horia, le plus ancien, s’en occupe mais le siège tarde à répondre. Quant à Mathilde, étudiante à Sciences Po, elle vient de ramener une nouvelle recrue, Lucile, une camarade de promo.
La sensibilisation d’un public jeune reste leur première préoccupation, besoin de visibilité oblige. En ce sens, des stands d’information, signatures de pétitions à la clé, sont décidés à Sciences Po, Bordeaux 3 et 4, pour les deux semaines à venir. « Mais nous ne voulons pas toucher que des étudiants, car Amnesty ne se veut ni élitiste ni réductrice. C’est pourquoi nous projetons, comme cela a été fait l’an dernier, d’organiser des concerts pour atteindre les jeunes travailleurs »
Mathilde et Lucie emploient leur pause déjeuner à la tenue de stands d'information. LT
Dans un souci didactique, l’autre ambition de l’action jeune vise à informer et débattre sur des problématiques traitées par Amnesty ou qui leurs sont liées. Passage dans les écoles, collèges ou lycées dans le cadre d’un cours d’éducation civique, conférences avec des universitaires et membres associatifs, ou encore projection de films…les idées fusent. Reste encore à les réaliser, à créer et mobiliser des contacts. En bref, communiquer et s’en donner les moyens. À ce propos, où sont passés les derniers 20 euros engrangés par le concert ? « Je vous les ai empruntés, je pensais qu’il n’y avait plus personne moi ! Si on ne me dit rien, je ne peux pas savoir ! Je n’allais pas laisser dormir cet argent ! » se justifie sous un rire nerveux, Mme Prigent. « Mais je vous le rendrais ! » rassure t- elle.
Il en fallait beaucoup plus pour décourager ces trois mousquetaires des droits de l’homme, pas peu fiers de m’exposer leur attirail : rapports, pin’s, bracelets, t-shirts, cartes postales libellées à l’adresse du ministre de la santé burkinais pour l’amélioration des conditions d’accouchement dans son pays… « Cette action est d’ailleurs à redéfinir car le gouvernement a fait quelques pas en avant, on attend que ça soit effectif ou non pour relancer différemment » commente Mathilde. Pleine d’entrain, elle fixe les prochains rendez-vous, ambitionne des réunions hebdomadaires et envoie rigoureusement le compte-rendu par mail à ses acolytes.
Deux semaines plus tard, au 31 rue Cursol, l’AJ se réunit de nouveau…Et la table de réunion est devenue bien étroite. Les « opérations séduction » ont portés leurs fruits. Quatre nouveaux étudiants sont venus grossir les rangs des jeunes bénévoles, une dizaine de pétitions ont été envoyées au siège et, des événements tels qu’une conférence sur le droit d’asile à Sciences Po, se concrétisent. Plutôt de bon augure pour la suite. Ludivine Tomasi
Contacts :
-Site local d’Amnesty : 31 rue Cursol. 33000, Bordeaux. 05.56.81.52.47 Arrêt de tram : musée d’Aquitaine.
www.amnesty.fr/jeunes



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