Archives de Tag: jeunes

AMNESTY BORDEAUX SE REFAIT UNE JEUNESSE

21 nov

Bénévoles avertis et organisation rodée: l’antenne bordelaise de la première association de lutte pour les droits de l’homme mène une action bien ancrée sur le terrain… qui en ferait presque oublier les timides initiatives de la branche jeune. Retour sur une rentrée 2010 contrastée où les novices n’ont pas encore dit leur dernier mot.

</em

Il est 20h15 au 31 rue Cursol. Au premier étage de l’immeuble vétuste, l’heure est à l’agitation. Comme tous les premiers mardis de chaque mois, les membres de la section bordelaise d’Amnesty International se retrouvent, dans une ambiance bon enfant, pour une mise au point.

« Ah ! Mais c’est les jeunes ! »

À l’ordre du jour, les actions du mois prochain, inscrites dans la campagne nationale « Dignité », qui fixe le respect des droits de l’homme comme premier critère indispensable à la résorption de la pauvreté. L’exposition photo de la FNAC Sainte-Catherine, réalisée en collaboration avec le collectif indépendant de photojournalistes « Œil Public », vient de s’achever.

Le groupe peaufine l’organisation d’un concert et s’attèle aux projets en cours. Véronique Prigent, la reponsable adjoint, constitue la liste de permanence pour le « Marathon des mots ». L’édition 2010 de cette manifestation annuelle aura lieu le 6 décembre, au cinéma Jean Eustache de Pessac. Le choix du lieu et de la date ne sont pas anodins, comme me l’explique ma voisine : « Nos manifestations se déroulent souvent dans ce cinéma, le public nous connait bien. Après la diffusion du film « Au loin, les villages » sur le Soudan, il s’agira d’encadrer les volontaires pour la signature de pétitions en ligne, à l’approche du 10 décembre, date anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948». La porte s’ouvre alors sur une jeune tête bouclée. « Ah! Mais c’est les jeunes ! » s’étonne t-elle, ignorant visiblement le maintien d’une Antenne Jeune (AJ), regroupant les bénévoles de moins de 30 ans.

Dans le couloir, 3 étudiants sont installés autour d’une table : un aménagement de fortune qui en dit long sur la perte de statut du groupe jeune, même si ces rescapés de l’AJ bordelaise comptent bien reprendre du service rapidement.

Des jeunes à pied d’œuvre

Parasitée par le turn-over des membres, pour la plupart étudiants et bordelais provisoires, l’antenne réduite, ne dispose même plus de trésorerie. Horia, le plus ancien, s’en occupe mais le siège tarde à répondre. Quant à Mathilde, étudiante à Sciences Po, elle vient de ramener une nouvelle recrue, Lucile, une camarade de promo.

La sensibilisation d’un public jeune reste leur première préoccupation, besoin de visibilité oblige. En ce sens, des stands d’information, signatures de pétitions à la clé, sont décidés à Sciences Po, Bordeaux 3 et 4, pour les deux semaines à venir. « Mais nous ne voulons pas toucher que des étudiants, car Amnesty ne se veut ni élitiste ni réductrice. C’est pourquoi nous projetons, comme cela a été fait l’an dernier, d’organiser des concerts pour atteindre les jeunes travailleurs »

Mathilde et Lucie emploient leur pause déjeuner à la tenue de stands d'information. LT

Dans un souci didactique, l’autre ambition de l’action jeune vise à informer et débattre sur des problématiques traitées par Amnesty ou qui leurs sont liées. Passage dans les écoles, collèges ou lycées dans le cadre d’un cours d’éducation civique, conférences avec des universitaires et membres associatifs, ou encore projection de films…les idées fusent. Reste encore à les réaliser, à créer et mobiliser des contacts. En bref, communiquer et s’en donner les moyens. À ce propos, où sont passés les derniers 20 euros engrangés par le concert ? « Je vous les ai empruntés, je pensais qu’il n’y avait plus personne moi ! Si on ne me dit rien, je ne peux pas savoir ! Je n’allais pas laisser dormir cet argent ! » se justifie sous un rire nerveux, Mme Prigent. « Mais je vous le rendrais ! » rassure t- elle.

Il en fallait beaucoup plus pour décourager ces trois mousquetaires des droits de l’homme, pas peu fiers de m’exposer leur attirail : rapports, pin’s, bracelets, t-shirts, cartes postales libellées à l’adresse du ministre de la santé burkinais pour l’amélioration des conditions d’accouchement dans son pays… « Cette action est d’ailleurs à redéfinir car le gouvernement a fait quelques pas en avant, on attend que ça soit effectif ou non pour relancer différemment » commente Mathilde. Pleine d’entrain, elle fixe les prochains rendez-vous, ambitionne des réunions hebdomadaires et envoie rigoureusement le compte-rendu par mail à ses acolytes.

Deux semaines plus tard, au 31 rue Cursol, l’AJ se réunit de nouveau…Et la table de réunion est devenue bien étroite. Les « opérations séduction » ont portés leurs fruits. Quatre nouveaux étudiants sont venus grossir les rangs des jeunes bénévoles, une dizaine de pétitions ont été envoyées au siège et, des événements tels qu’une conférence sur le droit d’asile à Sciences Po, se concrétisent. Plutôt de bon augure pour la suite.                                                                  Ludivine Tomasi
Contacts :
-Site local d’Amnesty : 31 rue Cursol. 33000, Bordeaux. 05.56.81.52.47 Arrêt de tram : musée d’Aquitaine.
www.amnesty.fr/jeunes

Soirées quizz: questions pour un pochtron?

12 déc

Le Titi Twister, le petit pub de la rue Leyteire

Le Titi Twister, le petit pub de la rue Leyteire

On connaissait des pubs l’ambiance pintes, matchs de rugby et musique celtique. Mais une autre activité réunit les bordelais autour de leur bonne vieille chopine: les soirées quizz. Un principe simple: des équipes, des questions et un seul gain: de la bière…

Le mardi à 21h30, il n’y a plus une table de libre au Titi Twister. L’heure du quizz a sonné. Maxime Melun, le patron, saisit son micro et énonce les règles pour les petits nouveaux. Comme dans une salle d’examen, il rappelle que l’usage du téléphone portable est interdit sous peine de disqualification. Ça peut faire sourire, mais la tentation est grande. Les questions ne sont pas toujours faciles et le gain du vainqueur est alléchant: une tournée offerte.

Rien de surprenant à ce que les étudiants soient les plus grands fans de ces quizz. Un brin de compétition se fait sentir entre les tables mais l’ambiance reste très décontractée. Ils viennent surtout pour s’amuser. « Et si on gagne la tournée, c’est mieux! » plaisante Camille, une habituée des quizz. Mais trois séries de dix questions plus tard, on peut quand même lire une certaine déception sur le visage des perdants.

Les joueurs semblent pourtant tous d’accord: participer à un quizz, ce n’est pas faire un “jeu à boire”. Ça, ils peuvent le faire chez eux avec un trivial pursuit et un pack de bières. Mais la même phrase revient dans toutes les bouches: c’est un bon moyen de « picoler gratos » dans une ambiance sympa.

Quizz et tournée du patron, même combat

Derrière le divertissement se cache peut-être un problème. Faire gagner de l’alcool, n’est-ce pas une incitation à boire? En pleine polémique sur la suppression des happy hour et des open bar, on peut se poser la question. Du côté des patrons de pubs, la réponse est unanime: ils ne forcent personne à boire. « Faire gagner de l’alcool, c’est comme offrir une tournée au client. » se défend le propriétaire du Cock and Bull. L’équipe vainqueur de son quizz remporte trois pichets de bière. « A peu près une pinte par personne. » précise-t-il, « Pas de quoi s’affoler ». Même avis pour Suzanne, chef de salle au Frog and Rosbif. « On propose même aux clients de prendre leurs pichets un autre jour. S’ils ne veulent pas boire, ils ne perdent rien. » Ils assurent tous respecter les lois classiques: ne pas vendre d’alcool aux mineurs, refuser de servir un client trop éméché. Mais pour les quizz, ils ne voient pas le problème. La question leur paraît visiblement saugrenue. « C’est un pub, les gens viennent ici pour boire! » conclut Suzanne.

Viens boire un p’tit coup à la maison

Le discours est bien rodé et ne masque volontairement pas la stratégie commerciale. Les quizz, c’est surtout un bon moyen de faire venir un maximum de personnes dans le pub.

Les joueurs du "Titi quizz" attendent les résultats

Les joueurs du "Titi quizz" attendent les résultats

Les joueurs viennent entre amis, souvent à six ou sept. Et ils n’attendent pas le verre gratuit pour consommer. Le jour du quizz n’est pas non plus choisi au hasard. Dimanche, lundi, mardi, des jours de faible affluence dans les pubs. Si certains assument de choisir ces jours pour remplir le bar, d’autres préfèrent expliquer qu’organiser un quizz en fin de semaine serait ingérable. Pour convaincre les hésitants, les pubs rendent leurs quizz accessibles à tous. Tous les thèmes y passent et le facteur chance compte souvent. Avoir un bac+8 ne vous aidera pas à trouver, parmi trois propositions, combien de personnes paient l’ISF à Bordeaux ou quel cri pousse l’alouette.

De l’humour, de l’ambiance, de la bière, les pubs ont trouvé la formule magique pour attirer le client et surtout le faire revenir. Les autorités n’ont pas l’air de s’en émouvoir… pour l’instant.

Elise Roullet Renoleau


Sites Internet des pubs:

Frog and Rosbif

Cock and Bull

 

Une valse des générations réussie

30 nov

bandeau-definitif3.jpg

“Au début j’ai eu du mal, c’est dur de leur parler”, lâche Jonathan, 19 ans. « Ce qui est difficile, c’est qu’on n’a pas de retour de leur part, car comme ils n’ont pas toute leur tête, parfois, ils ne réagissent pas », confirme Marion, 23 ans. Malgré l’envie et la conviction d’être utile, le choc des générations existe bien. Depuis un mois, huit jeunes se rendent toutes les semaines à la maison de retraite Villa Pia, près de la barrière Saint-Genès à Bordeaux. Volontaires de l’association Unicités à plein temps pendant 9 mois, ils animent, deux fois par semaine, les après-midis des personnes âgées, pour la plupart « désorientées » ou touchées par la maladie d’Alzheimer. Un environnement pas toujours évident, comme en témoigne Marion.


(Lire la suite…)

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.