Archives de Tag: précarité

Dur quotidien aux Restos du Coeur

6 nov

Le point de distribution du XIXè arrondissement à Paris met à disposition des repas chauds toute l’année. Neuf cent bénéficiaires y sont inscrits. Même s’ils ont perdu toutes leurs illusions, les bénévoles tentent de les aider.

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Douze bénévoles se relaient chaque jour pour distribuer les repas chauds

470 en deux heures. Voilà le nombre de repas que servent les Restos du Cœur dans le local de la porte de la Villette. 470 personnes, à « 95% d ’étrangers » selon Hervé Le Marchand, responsable du point de distribution. Il regrette que les médias ne présentent pas la véritable image des « clients ». « Ce n’est pas la petite mamie avec son sac ».

Le sourire bienveillant de Coluche sur les affiches contraste avec le discours des bénévoles.« Il faut faire la chasse, ne pas être laxiste » devant ceux qui essayent de profiter explique Hervé.

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L’autre Samu

5 déc

Pas d’interview ni de photos du personnel, encore moins de «nuit avec le samu social». Gérard Bodin, médecin et directeur du Samu social de Bordeaux, se méfie des médias. Il a tout de même accepté de répondre à nos questions.

 

La médiatisation de la misère

Gérard Bodin ne cache pas sa réticence à l’égard des médias. «Ils ne s’intéressent au samu que pour les maraudes durant les périodes de grand froid». Si les tournées restent toutefois la pierre angulaire de l’activité du Samu social, il dénonce le voyeurisme de certains journalistes. “Certains reportages sont répugnants, on ne mesure pas combien les SDF peuvent être en difficulté avec leur propre image“.

 

 

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Gérard Bodin, dans son bureau du Samu social

 

Des « professionnels de la précarité »

Toutes les grandes villes de France ont un samu social. Situé Cours de la Marne, celui de Bordeaux existe depuis décembre 1996, et Gérard Bodin en est l’un des fondateurs.

Mais si l’appellation reste la même partout, le fonctionnement d’un Samu peut varier d’une ville à l’autre. «Il n’y a pas de modèle, de structure nationale» rappelle le Dr Bodin.

Justement à Bordeaux, point de bénévoles. Uniquement des salariés, des «professionnels» de la précarité. Pour Gérard Bodin, la question du bénévolat ne se pose même pas: «il est illusoire de penser que l’on peut sortir quelqu’un d’une grande précarité par la seule bonne volonté».

Au PRADO33 (nom de code du Samu social Gironde), trois équipes se relaient toute l’année pour assurer le suivi de publics en difficulté.

 

«Veille sociale»

 

Un Samu social qui panse les maux, dans la durée. L’action du PRADO 33 se base sur «le maintien du contact avec un public défavorisé». Un «maintien du lien social» qui n’est envisageable que sur du long terme. «Nous traitons des cas sur plusieurs semaines voire plusieurs années» confie le Dr Bodin. Femmes battues, sans-abri… des personnes en rupture, «très désocialisées» que ces professionnels tentent d’impliquer, dans une démarche constructive de réinsertion. C’est pourquoi le Dr Bodin préfère le terme «veille sociale» à celui de samu. Une veille permanente pour des actions multiples, de l’accueil de jour à l’orientation vers des foyers, des soins quotidiens à l’hébergement d’urgence.

A lire aussi, Santé et précarité, un article de Gérard Bodin sur le mal être contemporain.

Momo Pourmo

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